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Carrière Lafarge : dynamitage sans danger

Économie, Environnement, Vie de quartier
Un pan de mur de trente à quarante pieds de haut par une centaine de pieds en largeur est pulvérisé dans un nuage de poussière en quelques secondes. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)
Un pan de mur de trente à quarante pieds de haut par une centaine de pieds en largeur est pulvérisé dans un nuage de poussière en quelques secondes. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)

Vous êtes en train de laver le plancher de la cuisine et, paf! Un tremblement de terre! Ça dure un peu plus d’une seconde. Que s’est-il passé? C’est notre voisin qui vient de dynamiter un banc de roches.

S’il est aux environs de onze heures, ça fait du sens, car c’est habituellement à cette heure que les responsables de la carrière Lafarge effectuent leurs dynamitages.

L’an dernier, la carrière, propriété de Lafarge Canada, a procédé à une trentaine de dynamitages. Cette année, il y en a eu une quinzaine jusqu’à maintenant. Et la carrière a un potentiel d’exploitation qui peut s’étirer encore sur une centaine d’années…

Pas de danger

De telles secousses peuvent-elles nuire aux édifices environnants, surtout aux résidences du Faubourg Contrecoeur? Il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter.

« Les normes du gouvernement, qui mesurent la vibration, fixent à 40 mm par seconde la vitesse au sol des ondes sismiques enregistrées à moins de 30 mètres de tout immeuble situé dans les environs, lors d’un dynamitage dans une carrière comme la nôtre, explique Olivier-Carmin Lefebvre, directeur des opérations. Mais nos dynamitages se situent toujours dans un spectre de 5 mm/seconde. Les normes sont plus sévères en milieu urbain. Depuis que je travaille ici, je n’ai jamais entendu parler que nous ayons causé du dommage aux immeubles environnants. » Lafarge dispose d’ailleur

Parfois, un dynamitage semble plus confidentiel qu’un autre. C’est que le niveau de bruit varie en fonction de la direction du vent, de l’intensité de la couverture nuageuse et de l’endroit où on fait sauter la roche.

Le représentant de Contrecoeur Express était sur place lors d’un sautage effectué début août. Quand on est dans l’enceinte de la carrière, même à plusieurs centaines de mètres, ça fait tout un boum!

Une roche friable

Contrairement à d’autres carrières de la région montréalaise où, parfois, la roche est projetée au loin lors de dynamitages, il est presque impossible qu’un tel phénomène se produise chez nos voisins.

« Nous exploitons une roche stratifiée, une sorte de lit de pierre, reprend M. Lefebvre. Ce type de pierre ne se prête pas à être projetée au loin lors d’une explosion. » Nous avons constaté de visu que lors d’un dynamitage, un pan de mur de trente à quarante pieds de haut par une centaine de pieds en largeur avait été pulvérisé dans un nuage de poussière, qui a mis peu de temps à se dissiper.

Lors d’un sautage, toutes les opérations s’arrêtent dans le secteur visé. Une sirène retentit deux fois : 30 et 10 secondes avant l’explosion. Une équipe doit ensuite inspecter les lieux avant d’autoriser le redémarrage des opérations, pour s’assurer que les explosifs ont tous sauté. Avant chaque dynamitage, Lafarge doit aussi aviser son voisin Shell.

L’explosif, qui est en poudre, en gel ou en granules, varie selon les conditions particulières à chaque explosion. Un rapport est ensuite rédigé et envoyé au gouvernement. Ce type d’opération est confié à un sous-traitant spécialisé, Forage et Dynamitage Dyfotech.

Un dynamitage produit entre 30 et 60 000 tonnes de granulats. Assez pour assurer les besoins de la carrière pendant trois jours. La pierre qui résulte d’une explosion varie en taille : de la poussière à des roches grosses comme le poing, parfois un peu plus. Elle est très friable.

Les granulats sont chargés dans d’énormes camions, qui vont la déposer sur un réseau de convoyeurs. Ceux-ci acheminent la pierre vers les sites de concassage primaire, de tamisage et de concassage secondaire, qui la transformeront en granulats de toutes tailles, depuis la poussière de pierre jusqu’au traditionnel 0-3/4. La carrière Lafarge est la dernière en opérations sur l’Île de Montréal.

Le 31 mai dernier, une partie de l’itinéraire du Tour de l’Île la nuit, organisé par la Féria du vélo de Montréal, passait par la carrière, en entant sur le site par la rue Georges V, à Montréal-Est, en passant notamment sous le viaduc de la rue Sherbrooke et le long du banc est, sur la « rue principale » dans la fosse, pour en ressortir à Anjou, le long de l’autoroute Métropolitaine.

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Carrière Lafarge dynamitage

Les sites de concassage primaire, de tamisage et de concassage secondaire, transforment la pierre en granulats de toutes tailles, depuis la poussière de pierre jusqu’au traditionnel 0-3/4. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)

Carrière Lafarge Camion

Les granulats sont chargés dans d’énormes camions, qui vont les déposer sur un réseau de convoyeurs. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)

Vos commentaires

Commentaires

  1. aurabeau10@gmail.com' Aurélie Beaumont dit :

    Je vous remercie pour les informations que vous avez fournis. Quels sont les projets de dynamitage à Québec? Est-ce qu’ils l’utilise souvent?

    1. Stéphane Desjardins dit :

      Désolé, je ne connais pas la situation de Québec. Merci de nous écrire!

  2. meganannearl@gmail.com' Megan Earl dit :

    Merci d’avoir partagé ces infos. Cet article est très intéressant! Le dynamitage peut-être dangereux, n’est-ce pas? Avez-vous des conseils pour pour rester en sécurité quand on fait du dynamitage?

    1. Stéphane Desjardins dit :

      Le dynamitage peut être dangereux, mais c’est une industrie très surveillée. Pour la carrière Lafarge, c’est sans danger pour nos résidences et même dans les rues aux alentours de la carrière. Merci de nous lire!

  3. cedricacier@gmail.com' Cedric Acier dit :

    Ah, c’est bien qu’ils ont developpe une type de dynamitage qui est sans danger. Merci pour l’information!

    1. Stéphane Desjardins dit :

      Merci de nous lire!

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