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Lafarge Canada, héritière de deux dynasties

Économie, Histoire, Vie de quartier
Sir Max Aitken, Lord Beaverbrook (photo: Archives Canada)
Sir Max Aitken, Lord Beaverbrook (photo: Archives Canada)

La carrière Lafarge existe depuis plus de cent ans à Montréal. Son histoire est intimement liée à celle de la grande bourgeoisie canadienne anglaise, qui a dominé l’économie canadienne à l’époque où Montréal était la métropole et capitale économique du pays.

La Canada Cement Company fut longtemps un fleuron de l’économie Montréalaise. Elle fut incorporée en 1927, selon les archives numériques de l’université McGill. Mais la compagnie a réellement vu le jour en 1910, à la faveur d’une fusion avec d’autres cimenteries appartenant à William Maxwell Aitken (1879-19624), un puissant homme d’affaires du Nouveau-Brunswick. Aitken possédait alors quelques-unes des rares cimenteries de l’époque en activité au Canada.

Cette fusion fit de la Canada Cement le leader de son industrie au pays, une domination qui perdure encore aujourd’hui avec Lafarge. Mais dès 1909, la Canada Cement Limited s’installe sur les terrains actuels de Montréal-Est et y ouvre une cimenterie ainsi qu’une carrière. L’excellent fascicule Boussole pour Mercierconsacre d’ailleurs une page à la Canada Cement.La Canada Cement Company fut longtemps un fleuron de l’économie Montréalaise. Elle fut incorporée en 1927, selon les archives numériques de l’université McGill. Mais la compagnie a réellement vu le jour en 1910, à la faveur d’une fusion avec d’autres cimenteries appartenant à William Maxwell Aitken (1879-19624), un puissant homme d’affaires du Nouveau-Brunswick. Aitken possédait alors quelques-unes des rares cimenteries de l’époque en activité au Canada.

Le Baron de Beaverbrook

Maxwell Aitken, ex-éditeur d’un journal quotidien (qu’il a fondé à 13 ans à Newcastle au Nouveau-Brunswick!), a travaillé pour la vénérable firme de courtage Nesbitt-Burns, pour laquelle il a présidé à la création de Calgary Power Corp, aujourd’hui TransAlta Corporation, une des plus importantes compagnies d’électricité du pays.

Il fonde ensuite la Canada Cement, qui devient pratiquement un monopole pendant quelques années. Mais un parfum de scandale entoure la fusion créant la Canada Cement, à propos de transferts de fonds occultes qui firent d’Aitken un homme très riche.

Ce dernier quitte le Canada pour s’installer à Londres, où il se réinvente en un politicien influent. Il devient le plus important actionnaire du fabricant automobile Rolls Royce mais ne parvient pas à en

prendre le contrôle. Il est nommé chevalier en 1911. Il vend sa participation dans Rolls Royce en 1913 pour se lancer dans l’édition de journaux. Il devient rapidement la plus puissant éditeur de la presse londonienne, la fameuse Fleet Street. En 1917, on le consacre Baron de Beaverbrook. L’année suivante, il est nommé ministre de la Propagande, durant la Première Guerre mondiale. À son tour, Winston Churchill le nomme ministre de la Production de guerre, en 1942, pour la Deuxième Guerre mondiale. En 1947, il est impliqué dans un scandale d’une liste noire de personnalités publiques dont la publicité est bannie de ses journaux pour cause de disputes personnelles!

Un fleuron de l’économie de Montréal

L’ex-siège social de la compagnie, la Canada Cement Building, un gratte-ciel de dix étages construit en 1921, est situé au 606, rue Cathcart, sur le côté sud du Square Philips, face au magasin La Baie. Conçu par Barott & Blackader, il est le premier immeuble au Canada dont l’armature est en béton armé. Il fut aussi le premier gratte-ciel à Montréal à disposer d’un garage sous-terrain, à une époque où peu d’automobiles sillonnaient ses rues.

Un autre puissant anglophone

L’entreprise a longtemps eu Charles Colquhoun Ballantyne (1867-1950) comme président, un pilier du milieu des affaires montréalais mais aussi politicien bien en vue de son époque.

Ballantyne fut député de Saint-Laurent/Saint-Georges à Ottawa et ministre de la Marine et des Pêcheries ainsi que ministre des Travaux publics dans les cabinet des gouvernements conservateurs de Robert Borden (1911-1920) et Arthur Meighen (1920-29126). Il est défait aux élections générales de 1921, mais nommé au Sénat en 1932. Il y fut le leader officiel de l’opposition entre 1942 et 1945.

Rachat par les Français

En 1970, Lafarge et Canada Cement fusionnent leurs activités et deviennent le plus gros producteur de ciment au pays.

Lafarge, une société française, possède déjà une cimenterie au pays depuis 1956. Elle occupe encore aujourd’hui le premier rang de l’industrie canadienne du ciment, avec environ le tiers de la production nationale.

Autres textes:

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Charles_Ballantyne

Charles Ballantyne (photo: The Book of Union Government)

 

Dates clé :

1909 : Canada Cement lance la carrière et une cimenterie à Montréal-Est

1956 : Lafarge s’installe au Canada, dans l’ouest du pays

1970 : Lafarge et Canada Cement fusionnent

En 1983, Lafarge Canada est créée.

1985 : Ouverture d’un centre de reccherches techniques à Montréal

1989-90 : Construction d’une nouvelle usine de production de granulats (usine fixe)

1989… : Paysagement sur la rue Sherbrooke

2010… : Installation d’un tertre et paysagement le long du Faubourg Contrecoeur

 

Vos commentaires

Commentaires

  1. Stéphane Desjardins dit :

    Merci de nous lire! Merci pour vos encouragements!

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