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Comment rendre le parc Thomas-Chapais plus sécuritaire?

Élus, Environnement, Vie de quartier
Une dizaine de personnes ont sillonné le parc pour constater ses lacunes en matière de sécurité. (photo: Stéphane Desjardins)
Une dizaine de personnes ont sillonné le parc pour constater ses lacunes en matière de sécurité. (photo: Stéphane Desjardins)

Le parc Thomas-Chapais est, certes, magnifique. Mais la sécurité inquiète certains de ses visiteurs. Surtout le soir, dans le boisé.

Mercredi dernier (18 septembre), l’Éco-quartier Tétreaultville, Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur (YQQ) et Tandem Mercier Hochelaga-Maisonneuve organisaient une marche exploratoire, question de mieux identifier ce qui cloche en matière de sécurité dans cet oasis boisé situé à deux coins de rues du Faubourg Contrecoeur.

Une dizaine de citoyens, un représentant d’YQQ et un autre de Tandem, se sont donnés rendez-vous angle de Grosbois et Pierre-Bernard. Après avoir fait le point sur les six principes d’un aménagement sécuritaire (v. plus bas) selon un guide de la Ville de Montréal portant sur le sujet, le petit groupe s’est mis en branle.

L’expérience fut fascinante.

L’itinéraire a permis de traverser l’aire de jeu près de la rue de Grosbois, où l’on a constaté les déchets accumulés un peu partout, et de pénétrer rapidement dans la forêt. Le groupe s’est ensuite arrêté angle Tiffin et des Ormeaux, Pierre-Bernard et Rousseau, et enfin aux terrains de pétanque un peu plus loin sur Pierre-Bernard, où se disputaient de chaudes parties de boule.

Première constatation : le parc est sale. Très sale. Pendant les deux heures trente qu’a durée cette marche, certains participants, dont de véritables amants du parc Thomas-Chapais, ont ramassé des déchets. Ils ont rempli plusieurs sacs d’épicerie. Bouteilles, canettes, verre cassé, outils, boîtes de condoms, papiers, objets divers. Le parc fait pitié. Les déchets sont partout dans la forêt et sur les pelouses.

Parc Thomas-Chapais

Nilson Zepeda, de Tandem Mercier Hochelaga-Maisonneuve, et Marion Bonhomme, de YQQ, notaient les abondantes suggestions des marcheurs. (photo: Stéphane Desjardins)

Autre constatation : l’entretien laisse à désirer. Plusieurs citoyens communiquent régulièrement avec la Ville pour que soient enlevés des arbres ou branches mortes qui pendouillent au-dessus de la tête des gens. Il faut parfois faire plusieurs appels pour que la Ville vienne dégager des sentiers encombrés de détritus et de débris.

Ce qui fait dire au représentant de Tandem que cette situation encourage le laisser-aller. « C’est le principe de la fenêtre brisée. Si personne ne la remplace, les délinquants vont se dire qu’ils peuvent s’en donner à cœur joie. Résultat : les lieux se dégradent rapidement et les gens ne se sentent pas en sécurité », explique Nilson Zepeda, de Tandem.

Les marcheurs ont également constaté le manque de signalisation ou son mauvais état. Un des principes d’une bonne sécurité en milieu urbain ou boisé, c’est de savoir où on est et où on va. Dans le boisé, difficile de répondre à ces deux questions, à moins d’avoir un excellent sens de l’orientation. Les participants ont réclamé des pancartes indiquant la rue vers laquelle on marche et le nom du sentier sur lequel on circule, partout dans le parc, y compris aux entrées du boisé.

Ils ont aussi réclamé plus de pancartes affichant le plan du parc. Une seule pancarte du genre est plantée angle des Ormeaux et Sentennes. Et elle est en mauvais état.

Un citoyen a mentionné que les buissons situés près des aires de jeu empêchaient les parents d’avoir un œil sur leurs enfants lorsqu’ils pénètrent dans le boisé.

Parc Thomas-Chapais

Dans certains secteurs du parc, les vandales s’en donnent à coeur joie. Plusieurs sites de feux ont été découverts. (photo: Stéphane Desjardins)

Côté visibilité, on a constaté que les lampadaires s’allumaient vers 19h. Mais il fait désormais noir vers 18h dans le boisé. Un simple ajustement à la minuterie s’impose. Ce qui améliorerait le sentiment de sécurité sur les deux sentiers est-ouest qui traversent le parc, et qui relient les rues Sentennes et Rousseau, ainsi que celui des rues Tiffin. Ces sentiers sont très fréquentés.

Enfin, les marcheurs ont découvert des anciennes structures de jeu qui se trouvaient à l’endroit où certains possédaient une cabane dans le boisé, à une époque lointaine. L’endroit est ravagé par les vandales.

Tous ont souligné l’absence de surveillance, notamment policière. Résultat : les sites de feux de camp se multiplient. Le groupe a même surpris un groupe de jeunes en train d’allumer un feu à même la structure de jeux en bois, angle Pierre-Bernard et Rousseau. Et constaté le piètre état de cette aire de jeux.

Plusieurs étaient d’accord pour que le parc Thomas-Chapais, baptisé en l’honneur d’un illustre journaliste du siècle dernier, soit sous la responsabilité d’un fonctionnaire désigné à la Ville, question d’améliorer les communications, la gestion et la surveillance.

« Ce fut une expérience enrichissante à plusieurs points de vue, car les gens ont multiplié les commentaires, constate Marion Bonhomme, de YQQ. Habituellement, de telles visites durent une heure. La nôtre s’est étirée sur 2h30!

Espérons que les notes prises par YQQ et Tandem inspireront les responsables municipaux! Et aussi les citoyens qui formeront le futur « comité des amis du parc Thomas-Chapais », que tente de lancer YQQ (v. autre texte). Si vous êtes intéressés, téléphonez au 514-529-2023, poste 225, et demandez Véronique Girard-Lajeunesse.

Les six principes d’un aménagement sécuritaire dans les lieux publics
  1. La signalisation (afin de savoir où l’on est et où l’on va)
  1. La visibilité (afin de voir et d’être visible)
  1. L’achalandage (afin d’être dans des lieux animés)
  1. La surveillance formelle et l’accès à l’aide (afin d’être dans des lieux surveillés et de pouvoir obtenir de l’aide)
  1. L’aménagement d’un lieu et son entretien (afin de vivre dans un lieu propre et accueillant)
  1. La concertation municipale et la participation de la communauté (afin d’agir ensemble).
Parc Thomas-Chapais

Les marcheurs ont surpris un groupe de jeunes en train d’allumer un feu dans la structure en bois de l’aire de jeu, angle Rousseau et Pierre-Bernard. (photo: Stéphane Desjardins)

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