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La puissance d’Éole

Éditoriaux
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Louis_d-OrMa blonde ne cesse de le répéter. Il y a un vice caché lorsque vous achetez une propriété dans le Faubourg Contrecoeur : le vent.

Où que vous soyez dans le Faubourg, il vente en titi!

Prenez l’histoire de ce monsieur qui est tout fier d’avoir installé son gazebo, acheté chez Canadian Tire en spécial à 459,95$, en pièces détachées. Au bout d’une longue, très longue journée au soleil, et plusieurs bières, l’assemblage est terminé. Il l’installe sur sa terrasse. Un mois plus tard, une série de coups de vent transforme ledit gazebo en parachute. Celui-ci passe par-dessus la clôture pour finir chez le voisin. En pièces détachées.

Je me suis aussi fait raconter l’histoire de ces deux bagnoles stationnées sur Duchesneau. Il se met à venter un mercredi matin, aux aurores. Tellement que quelques bourrasques déclenchent les systèmes d’alarmes de ces deux véhicules. De quoi écoeurer tout le voisinage à… 5h22 du matin. Et le vent s’y remet à 5h 37. Puis à 5h43. Et à 6h02. À chaque fois, un tintamarre du diable.

Sur Contrecoeur, une madame m’a confié qu’il a tellement venté un certain après-midi que quelques fleurs ont été arrachées de ses jardinières!

Une personne qui habite une coop sur de Grosbois m’a aussi glissé qu’il est réellement tanné de laver ses fenêtres. C’est qu’habituellement, les vents dominants dans l’Est de Montréal soufflent de l’ouest vers l’est. Mais quand ça vire de bord, c’est l’enfer sur les balcons de son immeuble. Parce que le vent soulève la poussière du terrain vague qui remplit le carré entre de Grosbois et Marie-Ange-Bouchard.

De plus, quand le vent est « contraire », on bénéficie des effluves disons « spéciales » issues des raffineries. On se sent privilégié d’habiter à l’ouest. Certains m’ont dit que c’était pire, du temps où Shell n’avait pas plié bagages. Mais le Faubourg n’existait pratiquement pas à l’époque.

Un autre habitant du Faubourg s’est plaint que deux de ses arbres « poussent croche ». J’étais, disons, dubitatif. Mais une vérification in situ m’a permis de constater ses dires : le vent, omniprésent à cet endroit, fait effectivement courber les arbres plantés devant chez lui. On parle d’une très forte courbe. Une chance qu’ils ont encore leurs tuteurs…

Un voisin m’a confié que l’an dernier, son B.B.Q. Flambant neuf a fait un voyage de quelques mètres dans les airs. Le vent fut tellement fort ce jour-là que l’objet fut poussé littéralement hors de la terrasse familiale. Il a déboulé jusque dans la cour.

Vous vous souvenez des orages violents du 19 juillet dernier? Il y aurait eu une mini-tornade dans Montréal-Nord… Et bien plusieurs voisins de la rue Robitaille ont retrouvé des morceaux de corniches dans leur cour… provenant de la maison-modèle isolée en plein champ, sur la future rue Amulette-Garneau. Un détail : la maison est située à une soixantaine de mètres.

Et on ne compte plus les parasols arrachés de leurs bases, les pots de fleurs jetés par terre, les poubelles récupérées au milieu de la rue… Ils n’ont pas ces problèmes, juste à l’ouest, dans le quartier Saint-Justin (dont nous faisons partie, d’ailleurs), où poussent des arbres magnifiques, plantés entre 1960 et 1990.

Il va donc falloir attendre une bonne décennie avant qu’Éole ne soit freiné dans ses ardeurs par les jeunes arbres actuels du Faubourg. Difficile à croire que nos sorbiers et autres arbres fruitiers nous mettrons à l’abri du vent avec autant d’efficacité que les chênes, érables et frênes plantés à l’époque glorieuse des nouvelles banlieues de Montréal…

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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