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Seconde vie de Justin : la friperie la plus hot en ville

Économie, Vie de quartier
Seconde vie de Justin

Diane Pellerin invite les résidents du Faubourg Contrecoeur à venir magasiner à Seconde vie de Justin. (photo: Stéphane Desjardins)

Chaque lundi, le sous-sol de l’église Saint-Justin bourdonne de vie. C’est Seconde vie de Justin qui attire les foules avec ses vêtements et autres produits à des prix imbattables. Et dans cet inventaire hétéroclite se cache de véritables trésors.

Ça va de la robe griffée flambant neuve du Château au petit veston Jacob qu’il fait bon porter au bureau, en passant par le manteau d’hiver Lolé jusqu’aux dessous les plus élaborés! On jurerait que certains vêtements sortent du magasin tellement ils sont en bon état et parfaitement propres.

Les dirigeants de Seconde vie de Justin, une nouvelle dénomination pour la Saint-Vincent-de-Paul de la Paroisse de Saint-Justin, hésitent à employer le mot « friperie ». Car le magasin ne vend pas que des vêtements usagés, déposés dans la cloche disposée devant l’église. Cloche qui est pratiquement remplie quotidiennement.

« Évidemment, notre organisme vit des dons de vêtements. Nous vendons aussi des souliers, des jouets, de la nourriture non-périssable et même des patins à roues alignées ou à glace », explique Diane Pellerin, président de l’organisme Le magasin offre également de la vaisselle, les livres, des cadres…

Le magasin, situé rue de Grosbois, en face du parc Thomas-Chapais, compte de nombreux clients du Faubourg Contrecoeur. Et aimerait en avoir plus. Certains viennent déposer régulièrement des vêtements dans la cloche. D’autres magasinent avec grand bonheur. Car plusieurs pièces constituent des aubaines incroyables en tenant compte de la qualité. Les friperies du Plateau Mont-Royal seraient jalouses de l’inventaire de Seconde vie de Justin!

Seconde vie de Justin

On y trouve de véritables trésors. (photo: Stéphane Desjardins)

Des manteaux d’hiver à 6$, des manteaux pour enfants à 4$, du linge de bébé pour 50 cents. Impossible de résister à de tels prix compte tenu de leur qualité. De plus, le magasin affiche une section « boutique », où les prix sont légèrement plus élevés. C’est là qu’on trouve des trésors. À proximité, un comptoir de bijoux : « On l’appelle notre section Birks », lance Mme Pellerin avec humour.

« Une trentaine de bénévoles travaillent pour nous, explique Luc Brodeur, trésorier. Leur apport est inestimable. Certains sont très aisés, d’autres non. Mais tous s’impliquent dans le plaisir. Ils oeuvrent à la caisse ou au service. Mais aussi sélectionnent chaque pièce de vêtements pour s’assurer de leur beauté et de leur propreté. Les pièces rejetées sont récupérées par un organisme qui recycle le textile. Rien n’est perdu. »

M. Brodeur révèle que les bénévoles accumulent jusqu’à 900 heures de travail par mois. L’organisme affiche un budget annuel d’environ 70 000$. Il vit des dons de vêtements mais aussi de la nourriture offerte par certains commerçants et grossistes. Et ses dirigeants courent systématiquement les spéciaux pour regarnir les réserves.

Le magasin ouvre chaque lundi, de 10h à 17h. En 2011, les responsables ont complètement réaménagé les lieux, installé un système d’aération et peint le vaste local. L’endroit est propre, bien éclairé, aéré, agréable.

Aider les démunis

La clientèle de l’organisme est démunie. Certains ont des emplois, d’autres bénéficient de l’aide sociale. Plusieurs ont des salaires moyens mais n’arrivent tout simplement pas!

La clientèle reflète parfaitement la mixité du territoire de l’organisme, qui couvre le Faubourg Contrecoeur et les rues environnantes, des limites d’Anjou à Sherbrooke et jusqu’à Saint-Donat, vers l’ouest : une majorité de francophones de souche et une part grandissante d’immigrants installé depuis longtemps ou de fraîche date.

Seconde vie de Justin

Luc Brodeur montre les dossiers des « clients » aidés par Seconde vie de Justin. Les bénévoles ne manquent pas de travail. (photo: Stéphane Desjardins)

L’organisme distribue des bons alimentaires de 25$ et 30$ (75$ à Noël) échangeables dans quatre épiceries du quartier : le Super C de Pointe-aux-Trembles, le marché Tradition de la rue Sherbrooke, le Maxi de Place Versailles et l’Inter-Marché de la rue Desormeaux.

L’organisme tient aussi sa propre Guignolée des Fêtes et distribue jusqu’à 148 paniers, dont 30 destinés aux pompiers.

Les dirigeants de l’organisme tiennent des rencontres individuelles avec certains clients. « On les aide à se prendre en mains, reprend Mme Pellerin. On les évalue selon une grille précise et on les réfère aux ressources appropriées, soit les services sociaux, soit des groupes communautaires. »

Plusieurs « clients » sont très désorganisés. Certains n’ont pas fait leur déclaration d’impôt depuis deux ans. On leur donne un coup de main. D’autres sont référés à des organismes comme l’ACEF ou Sésame, pour tenter de reprendre en mains leurs finances. « On évalue leurs revenus et leurs dépenses. On essaient de faire en sorte qu’ils contrôlent mieux leur budget et leur vie en général. »

« Certaines personnes que nous aidons sont réellement très mal en point. D’autres n’ont besoin que d’un petit coup de main temporaire. On ne refuse personne. Mais pour avoir de l’aide, il faut que la personne fasse un effort. Qu’elle démontre qu’elle veut régler ses problèmes. Nous n’aidons pas ceux qui reviennent souvent et qui refusent de se prendre en mains. Et nous ne sommes certainement pas un substitut au filet social gouvernemental », explique Luc Brodeur.

Ça commence tôt

Depuis l’an dernier, Seconde vie de Justin a initié un projet pédagogique avec l’école Saint-Justin destiné aux élèves du 3e cycle du primaire (5e et 6e année). Le programme les initie à la Société Saint-Vincent-de-Paul et à la Guignolée.

Les élèves visitent donc en octobre les locaux de l’organisme et participent à une collecte de dons porte-à-porte dans le quartier, accompagnés d’adultes. On leur révèle ensuite tous les chiffres concernant les denrées recueillies et les personnes ou familles aidées.

En janvier et février prochains, un second volet s’ajoute pour les élèves de 6e. Il s’agit d’un « stage » bénévole de deux heures par semaine pour un groupe de quatre élèves.

« L’an dernier, les jeunes ont été ravis de leur expérience, révèle Diane Pellerin. Ce qui nous a poussés à répéter le projet cette année dans le cadre du programme Éthique et culture religieuse. Ils apprennent toute la richesse et le plaisir d’aider leur prochain et ce, tôt dans leur vie. »

Seconde vie de Justin

Seconde vie de Justin affiche des prix imbattables. (photo: Stéphane Desjardins)

Venez magasiner!

Les dirigeants de Seconde vie de Justin aimeraient augmenter leur clientèle du Faubourg Contrecoeur. « Certains nous disent que le magasin, c’est juste pour les pauvres. Au contraire! Plus nous aurons de clients aisés, plus nous aurons les moyens d’aider ceux qui en ont le plus besoin », disent-ils.

L’invitation est lancée. C’est le temps de découvrir la « friperie » la plus hot en ville.

 

 

 

 

Seconde vie de Justin

La qualité et la propreté sont au rendez-vous! (photo: Stéphane Desjardins)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seconde vie de Justin

Il reste trois lundi avant le jour fatidique. L’inventaire comprend des costumes pour enfants ou des pièces originales qui feront baver d’envie vos amis au prochain party d’Halloween. (photo: Stéphane Desjardins)

 

Vos commentaires

Commentaires

  1. lelibraire@hotmail.com' Nom d'utilisateur*Francine dit :

    Bravo à Diane Pellerin: tout ce qu’elle touche est une réussite 🙂

    1. Stéphane Desjardins dit :

      Effectivement, cette dame a fait revivre Seconde vie de Justin! Merci de nous lire!

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