Publicité

Dossier garderies : deux ans d’attente

Économie, Élus, Vie de quartier
Un des emplacements envisagés pour un CPE dans le Faubourg : derrière le siège social de la Centrale des syndicats du Québec. (photo : Stéphane Desjardins)
Un des emplacements envisagés pour un CPE dans le Faubourg : derrière le siège social de la Centrale des syndicats du Québec. (photo : Stéphane Desjardins)

Les CPE de Mercier-Est affichent complet. Certaines ont des listes d’attentes de deux ans.

Et les centaines de nouvelles familles qui vont s’installer ces prochaines années dans le Faubourg Contrecoeur vont singulièrement compliquer la situation.

« Notre liste d’attente s’étire sur deux ans, révèle Annie Covin, directrice adjointe des Maisons Enjouées, un CPE de 32 places angle Saint-Donat et Sherbrooke. Et je dois privilégier la fratrie. » Chaque année, une dizaine d’enfants quittent pour l’école. Fait à noter, le CPE privilégie également les résidents du quartier. Une mesure que nombre de responsables sociaux aimeraient voir s’étendre aux autres CPE du quartier.

Ces enfants venus d’ailleurs

Cette décision n’est pas qu’un détail. Car une très forte proportion des enfants qui fréquentent les CPE, garderies et services de garde en milieu familial n’habitent pas le quartier. Certains avancent que près de la moitié des enfants habitent ailleurs à Montréal ou même en banlieue. Mais ces chiffres n’ont pas été confirmés ou sont jugés exagérés par le milieu. « Mais je connais des gens de Boucherville dont les enfants fréquentent les services de garde de Mercier-Est », révèle Bianca Boudreau, coordonnatrice de la démarche enfance-famille chez Solidarité Mercier-Est.

Les parents choisissent de transporter leurs enfants dans un service de garde situé près de leur travail, par choix personnel ou parce qu’ils sont incapables de trouver une place près de leur domicile. Ce qui exacerbe la crise chez nous.

Le quartier est géographiquement situé à un carrefour de plusieurs autoroutes et près du métro. Plusieurs employeurs sont installés dans le quartier ou les parcs industriels et les tours à bureaux d’Anjou et de Montréal-Est. Ce qui rend nos services de garde encore plus attrayants. « Notre CPE est un cas typique : nous sommes dans l’axe où les parents se rendent à leur travail », ajoute Mme Covin.

Projets tous rejetés

Plusieurs projets de CPE ont été étudiés ces dernières années et quelques-uns ont fait l’objet de demandes formelles au gouvernement. Elles ont toutes été refusées. Ces refus laissent un goût amer aux responsables des CPE. « Qui voudra désormais soumettre une nouvelle demande? Je serais surpris que quelqu’un plonge à nouveau », commente une source bien informée qui désire garder l’anonymat.

« Suite au développement du Faubourg Contrecoeur, nous avons fait une demande auprès du gouvernement pour ouvrir une nouvelle installation en CPE de 40 places, ce qui nous a été refusé », confirme Annie Covin. Québec n’a pas justifié sa décision. Le CPE Bilbo a aussi soumis une demande à Québec pour un CPE dans le Faubourg, qui n’a pas été retenue.

Un projet de CPE est actuellement en préparation dans un futur immeuble qui devrait être érigé dans la cour de celui abritant les Productions Jeun’Est, rue Hochelaga, près d’Honoré-Beaugrand. Cet immeuble est un des sites proposés pour abriter le futur cinéma de quartier StationVu, qui abritera aussi un bistro.

Ce n’est pas un secret que le développement du réseau de places à 7$ est en crise : il se déploie plus lentement que la demande, à cause de l’état des finances publiques, qui ne permet pas une croissance accélérée malgré la popularité du service. De plus, sous le gouvernement Charest, un scandale impliquant le financement politique et l’ex-ministre de la famille Tony Tomassi a mené à son congédiement, en 2010, par le Premier ministre. M. Tomassi avait instauré un système de favoritisme aux donateurs libéraux dans l’allocation des nouveaux permis de garderies privées subventionnées. M. Tomassi, qui a aussi été mêlé à une scandale de carte d’essence fournie par la défunte agence de sécurité BCIA, fait face à des accusations criminelles de fraude et d’abus de confiance depuis octobre 2011. L’ouverture de nombreux services de garde dans ces conditions de favoritisme, il y a quelques années, a perturbé le déploiement du réseau, qui s’est développé sans toujours tenir compte des véritables besoins des parents sur le plan géographique. Le gouvernement n’a aujourd’hui pas les moyens de corriger la situation, ont souligné des responsables.

Voir autres textes :

Vers une crise dans le Faubourg

Il faut changer le zonage

Sur-place dans le Faubourg

 

 

Vos commentaires
loading...