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Dossier garderies : vers une crise dans le Faubourg

Économie, Élus, Vie de quartier
Le service de garde en milieu familial situé dans une des coops du Faubourg privilégie les enfants habitant la coop. (photo : Stéphane Desjardins)
Le service de garde en milieu familial situé dans une des coops du Faubourg privilégie les enfants habitant la coop. (photo : Stéphane Desjardins)

Le Faubourg Contrecoeur se développe rapidement. Le nouveaux quartier attire beaucoup de jeunes familles. Mais les places en services de garde plafonnent. Et la pénurie est sévère chez les poupons.

Plusieurs parents ont témoigné à Contrecoeur Express leur désarroi dans leur recherche d’une place en service de garde située dans le Faubourg Contrecoeur ou dans les quartiers des alentours.

Si les listes d’attente s’allongent dans les CPE de Mercier-Est et les garderies privées subventionnées, il reste encore de la place dans les services de garde en milieu familial subventionnés. On peut donc faire garder son enfant à 7$ par jour sans s’expatrier dans un autre quartier, selon Annie Covin, directrice adjointe des Maisons Enjouées, un CPE qui agit comme bureau coordonnateur des services de garde en milieu familial.

Les Maisons Enjouées supervise ainsi 49 responsables de services de garde offrant 758 places à 7$ par jour dans Mercier-Est et Pointe-aux-Trembles. « La demande est plus forte dans Mercier-Est que dans Pointe-aux-Trembles », reconnaît Mme Covin. D’autant plus que le quartier ne compte pas de pré-maternelle.

Et les places sont très limitées pour les poupons (moins de 18 mois), reconnaît-elle. « En milieu familial, la réglementation fait en sorte que les éducatrices ont droit à deux places poupon par service de garde, reprend Mme Covin. Ces places se comblent rapidement. La disponibilité est par contre évidente du côté des plus de 18 mois. »

Il existe trois services de garde en milieu familial dans le Faubourg Contrecoeur. Ils sont très populaires. Un d’entre eux est situé dans une des coops du Faubourg. Les règlements de cette coop spécifient que la responsable doit privilégier les résidents de la coop sur les listes d’attentes. « C’est une excellente idée qui mérite d’être soulignée », rapporte Mme Covin.

« Les services de garde en milieu familial sont d’excellentes ressources, reprend Mme Covin. Je ne doute pas une minute de la qualité du service, qui est souvent plus personnalisé qu’en garderie. » Elle mentionne que les listes d’attentes gérées par son organisme reflètent une certaine disponibilité dans le quartier. Notamment des places à 7$. Mais dans le faubourg, les listes s’allongent.

Pas pour tous

Les services de garde en milieu familial ne plaisent pas à tous les parents. Certains se sentent plus à l’aise avec les CPE ou les garderies privées, subventionnées ou non. De plus, plusieurs parents éprouvent un malaise avec des éducatrices voilées, d’autres ne s’en formalisent absolument pas. Des services de gardes tenus par des Québécoises d’origine algérienne, marocaine ou tunisienne se multiplient dans Mercier-Est et le Bas-Anjou, à proximité du Faubourg. « J’ai trouvé un service de garde parfait, propre, avec plein d’activités. Là où j’ai de la misère, c’est quand je me suis fait dire que si la nourriture de ma fille n’était pas hallal, elle ne la manipulerait pas », explique une jeune mère qui désire garder l’anonymat. Le débat actuel sur la charte de la laïcité (ou des valeurs québécoises) laisse des traces…

« Les éducatrices en milieu familial sont des travailleuses autonomes, reprend Annie Covin. Elles offrent un service. C’est aux parents de décider si celui-ci colle à leurs valeurs. Chaque responsable de service de garde est unique. Notre travail, c’est de nous assurer qu’elles respectent les normes et je vous assure que c’est le cas dans le quartier. »

Actuellement, ce type de service est offert 10 heures par jour. Certains aimeraient plus de flexibilité. Mais une expérience de halte-garderie avec horaires atypiques, dans Mercier-Est, s’est avérée un échec. Le service a fermé, faute de demande.

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