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Le blogue d’Ève Péclet : Prévenir l’intimidation faite aux jeunes

Éditoriaux
L'intimidation peut mener à la dépression et au suicide. Photo: ZÀ la porte de l'éternité", Vincent Van Gogh (détail), 1890. (Image: Wiki Commons)
L’intimidation peut mener à la dépression et au suicide. Photo: ZÀ la porte de l’éternité », Vincent Van Gogh (détail), 1890. (Image: Wiki Commons)

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Avec l’apparition et la popularisation des médias sociaux, l’intimidation ne se cantonne plus, comme par le passé, aux cours d’école et aux divers milieux de vie des adolescents et adolescentes.

Les vies de milliers d’enfants et d’adolescents ont été grandement affectées par les remarques blessantes et dégradantes dont ils sont la cible. De nombreux cas de suicide découlent de l’intimidation et du chantage des cyberprédateurs, véritables spirales infernales auxquelles les jeunes ne perçoivent pas d’issues.

Je pense toutefois que le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer dans l’élaboration d’une solution à ce problème national. Celui-ci devrait pouvoir investir dans la prévention en donnant les ressources nécessaires aux organismes sur le terrain qui travaillent avec les jeunes, et ce, de concert avec les provinces. 

Afin que l’on rende plus rapidement illégale la distribution d’images intimes sans le consentement du sujet, le NPD a proposé le 27 novembre dernier que le projet de loi sur la cyberintimidation (C-13) des conservateurs soit divisé. Cela aurait permis que les dispositions du projet de loi qui ne sont pas liées à ce sujet très délicat soient traitées séparément.

Il est irresponsable de la part des conservateurs de faire de la basse politique sur un sujet extrêmement délicat. Diviser le projet de loi aurait permis au comité d’étudier de plus près les dispositions liées à la cyberintimidation. Malheureusement, les conservateurs préfèrent s’adonner à des jeux politiques plutôt que de travailler à protéger les jeunes du Québec et du Canada.

Je rappelle que malgré plusieurs interventions de députés néo-démocrates en Chambre en 2011 et 2012, à la suite de suicides d’adolescentes, le gouvernement conservateur n’a rien mis de l’avant durant cette période pour protéger nos jeunes contre le fléau qu’est l’intimidation.

Mon collègue Dany Morin (député de Chicoutimi – Le Fjord), déplorant cette inaction avait déposé le 30 mai 2012 une motion visant à créer une Stratégie nationale de prévention de l’intimidation, épaulée par la campagne « Pour les Jeunes ». Le vote final pour l’adoption de la Stratégie a eu lieu le 14 novembre 2012. Les conservateurs et les bloquistes se sont prononcés contre la motion, elle a donc été battue.

Plus tôt cette année, le député néo-démocrate Robert Chisholm (Dartmouth–Cole Harbour) a déposé un projet de loi visant à rendre illégale la distribution d’images sexuellement explicites sans le consentement des intéressés. Au lieu de mettre la partisanerie de côté pour accélérer l’adoption d’une telle loi, les conservateurs ont préféré déposer un projet de loi fourre-tout ce dernier contenant plusieurs dispositions non liées à la cyberintimidation.

De nombreuses personnes des communautés numériques se sont dites préoccupées par certaines dispositions du projet de loi conservateur, notamment celles qui concernent les interceptions électroniques. Une telle proposition n’a rien à voir avec la cyberintimidation.

En comité, le NPD exige des conservateurs qu’ils rendent des comptes et demande des réponses au sujet des impacts de ces dispositions. À titre de porte-parole adjointe à la Justice pour l’Opposition officielle, je suis au cœur de ces discussions et garde en tête la protection des jeunes utilisateurs des médias sociaux.

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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