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Salle comble pour le film « Jamais sans nos enfants »

Culture
Kim Routhier-Filion (micro), entouré de quelques orphelins sauvés par les soeurs Charet, au Cambodge, en 1975, lors du lancement du film « Jamais sans nos enfants » à la Maison de la culture Mercier, hier soir. (photo: Stéphane Desjardins)
Kim Routhier-Filion (micro), entouré de quelques orphelins sauvés par les soeurs Charet, au Cambodge, en 1975, lors du lancement du film « Jamais sans nos enfants » à la Maison de la culture Mercier, hier soir. (photo: Stéphane Desjardins)

Foule record à la première mondiale du film « Jamais sans nos enfants » à la Maison de la culture Mercier, sur invitation de StationVu.

Le documentaire du cinéaste Yves Bernard a rempli l’auditorium, pour un événement marqué par les émotions fortes. Le film raconte une histoire réelle qui pourrait inspirer n’importe quel scénariste hollywoodien. Une histoire par moment abracadabrante et tragique. Bernard et l’équipe de la boîte de production Telimagin ont donc suivi le parcours de Kim Routhier-Filion, un cambodgien d’origine à l’accent plus québécois qu’Elvis Gratton, qui retourne dans son pays d’origine avec deux femmes exceptionnelles, Anna et Éloïse Charet.

Ces deux sympathiques dames dans la soixantaine ont vécu, dans leur jeune vingtaine, une aventure peu commune. Elles ont géré Canada House, un orphelinat situé à Phnom Penh, la capitale du Cambdoge. On est au début des années 1970, et la guerre du Viet Nam fait rage. Le Cambodge est entraîné malgré lui dans le conflit et les Khmers Rouges, des révolutionnaires sanguinaires, s’approchent de la capitale. Ceux-ci, plus extrémistes que les nazis et les islamistes réunis, tiennent davantage de psychopathes que de militants politiques.

Les deux jeunes filles gèrent, parfois littéralement sous les bombes et les balles, l’orphelinat fondé par Naomi Bronstein, la « Mère Theresa du Canada ». Non sans avoir rapatrié une vingtaine de bébés orphelins jugés désespérés, et abandonnés à leur sort, dans un autre établissement de la capitale cambodgienne. Après un séjour dans l’hôtel le plus luxueux de la ville, fréquenté par les diplomates, les journalistes et les membres du gouvernement en déroute, ils s’installent à la Canada House avec leurs 54 bébés abandonnés, dont Kim.

Pas question de partir sans nos enfants

Les deux jeunes femmes (20 et 22 ans) refusent d’obtempérer aux ordres d’évacuation de l’ambassadeur Canadien, qui est formel : si elles restent, elles seront tuées. « Jamais sans nos enfants », répètent-elles inlassablement (lire notre autre texte).

Juste avant la prise de Phnom Penh, leur mère orchestre une opération de sauvetage aérien vers Saïgon, capitale du Sud Viet Nam. Les Khmers Rouges tirent sur leur avion au décollage, qui arrive malgré tout à bon port. Quelques mois plus tard, nouvelle fuite sous les bombes mais vers le Canada. À Dorval, les bébés sont remis à leurs parents adoptifs québécois. Un moment déchirant pour Anna et Éloïse.

Presque 40 ans plus tard, hier soir (18 décembre), une vingtaine d’orphelins, leurs enfants et leurs parents adoptifs, assistent à la première du film qui relate cette période de leur vie dont ils n’ont aucun souvenir. Car ils étaient dans des berceaux au moment des événements! Et aucun, sauf Kim, n’est retourné au Cambodge.

La première du film, parrainée par StationVu et animée avec une maîtrise peu commune par Kim Routhier-Filion lui-même, a permis à ces familles ainsi qu’aux spectateurs de renouer avec le destin incroyable de ces deux femmes qui ont, littéralement, sauvé la vie de leurs orphelins!

Plaques-hommage, discours émouvants, témoignages parfois poignants et session de questions-réponses ont permis de lever le voile sur un événement pratiquement inconnu mais héroïque de l’histoire commune du Québec et du Cambodge.

À RDI le 2 janvier

Le film « Jamais sans nos enfants » sera diffusé à RDI le jeudi 2 janvier à 20h, avec rediffusion à 2 heures du matin. Son réalisateur, Yves Bernard, fut lauréat aux Gémeaux pour le poignant documentaire « Les enfants sorciers » sur les infanticides d’enfants africains soupçonnés à tort d’avoir des pouvoirs surnaturels.

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