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Il faut investir dans les logements locatifs

Économie, Vie de quartier
Les gouvernements investissent de moins en moins dans le logement social. Ci-dessus: une coop du Faubourg Contrecoeur. (photo: Stéphane Desjardins)
Les gouvernements investissent de moins en moins dans le logement social. Ci-dessus: une coop du Faubourg Contrecoeur. (photo: Stéphane Desjardins)

Infologis veut que les pouvoirs publics investissent dans le parc de logements locatifs. Pour le sauvegarder et même le développer.

Ce sera difficile de demander à la Ville ou à l’arrondissement Mercier Hochelaga-Maisonneuve de la faire. « Cela relève du domaine privé. Et le gouvernement fédéral se retire de plus en plus du financement des logements sociaux », explique le maire de l’arrondissement Réal Ménard.

« Actuellement, la Ville de Montréal mise beaucoup sur l’accès à la propriété des jeunes familles, ce qui est correct. Mais le revenu annuel moyen de la majorité des locataires, dans l’est, se situe entre 30 000$ et 35 000$. C’est nettement insuffisant pour pouvoir acheter son logement chez une majorité d’entre eux », affirme Anicet Ndayishimiye, directeur général d’Infologis.

Ce dernier reconnaît que la construction de logements familiaux, notamment au Faubourg Contrecoeur, mais aussi ailleurs dans Mercier-Est, a amené de la vitalité dans le quartier. « Avant, les écoles étaient menacées de fermer. Aujourd’hui, elles débordent, dit-il. Il faut désormais aller plus loin et investir dans la rénovation des logements actuels pour éviter qu’ils ne soient convertis en condominiums. »

Freiner la conversion de condos

Plusieurs propriétaires arrivent à contourner le moratoire frappant la conversion de logements locatifs en condos. Et la construction de grands logements locatifs n’est pas rentables pour les propriétaires, reconnaît M. Ndayishimiye. « On ne peut pas non plus attendre la construction de coopératives, car les gouvernements supérieurs on beaucoup limité leurs investissements dans le domaine, dit-il. Et, dans le quartier, il faut attendre la venue de vastes projets comme le Faubourg Contrecoeur ou la Cour de voirie (près d’Honoré-Beaugrand) pour que soient construits des logements sociaux. »

Le maire Ménard rappelle que l’arrondissement a adopté un plan d’action pour l’inclusion de logements sociaux abordables et qu’une demande de réserve foncière a été faite à la Ville de Montréal. « Les élus sont actuellement à regarder les différentes options pour favoriser le développement de logements pour les familles », ajoute-t-il.

Cette question a fait l’objet de débats en campagne électorale. L’arrondissement demande aux promoteurs de réserver 15% des projets de 100 unités et plus au logement social. Certains voudraient que l’arrondissement applique cette règle de façon cumulative à chacun des promoteurs qui construisent sur le territoire de l’arrondissement. Une voie pour le moment écartée par les élus.

Mais le rythme de construction de logements locatifs abordables pour les familles est trop lent dans le quartier, avance Anicet Ndayishimiye. « On appuie la revalorisation du quartier, mais pas aux dépens des locataires, dit-il. Ça prend une certaine diversité pour qu’un quartier soit en santé. Et il se paie aussi des taxes foncières sur les immeubles locatifs… »

M. Ndayishimiye insiste sur l’importance d’aider les propriétaires à rénover leurs logements locatifs. « Nous allons bientôt présenter la phase 4 du programme Inspectorat, qui consiste à inspecter l’extérieur des bâtiments et l’intérieur des logements. Il y aura bientôt une conférence de presse sur le bilan des trois premières phases et le lancement de la quatrième, qui se déroule principalement autour des rues Liébert, Du Buisson et Notre-Dame », répond Réal Ménard.

V. notre autre texte sur le taux d’inoccupation des logements locatifs.

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