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Le Sésame veut un marché dans Mercier-Est

Économie, Vie de quartier
Hochelaga-Maisonneuve a son marché public. Mercier-Est aura-t-il le sien? (photo: Stéphane Desjardins)
Hochelaga-Maisonneuve a son marché public. Mercier-Est aura-t-il le sien? (photo: Stéphane Desjardins)

Si le CÉRES voit le jour, Mercier-Est ne sera plus un désert alimentaire.

Le Service d’Éducation et de Sécurité alimentaire de Mercier-Est (Sésame) cherche à implanter un marché public dans Mercier-Est. Le projet est intitulé CÉRES (un acronyme pour Consortium d’élaboration d’une ressource pour un environnement santé). Cérès, c’est aussi le nom d’une déesse grecque de l’agriculture, de la fertilité et des moissons.

L’été dernier, le Sésame a soumis à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal le projet CÉRES dans le cadre d’un Programme de soutien aux initiatives locales pour favoriser l’accès aux aliments santé. C’est que Mercier-Est, comme nous l’écrivions avant les fêtes (v. autre texte) est un désert alimentaire. Sans tomber dans les détails, un désert alimentaire est un territoire duquel vous devez absolument prendre votre voiture pour se procurer des aliments frais, comme des fruits, des légumes, une miche de pain ou une pièce de viande.

« Le problème ne concerne pas juste les gens pauvres, explique Catalina Bonilla, agente de développement au Sésame. Certains quartiers sont clairement plus favorisés que d’autres et il existe des poches de pauvreté dans Mercier-Est, dans Saint-Victor et au sud d’Hochelaga. »

Certaines populations peinent à se nourrir convenablement, comme les aînés, constate-t-elle. Mais chez les gens qui peinent à boucler leur budget, c’est parfois très difficile : « Dans les comptoirs alimentaires, certains me disent qu’ils ne mangent que ce qu’il y a dans les paniers parce que le reste coûte trop cher, reprend Mme Bonilla. Avant les Fêtes, j’ai vu des paniers qui comptaient quelques tomates, une salade, un chou, une courge. On ne peut pas dépendre que d’une seule sélection mensuelle de légumes. L’accès aux produits frais est un réel problème dans le quartier. »

Étude de faisabilité

Le Sésame et Y’a Quelqu’un l’Aut’ bord du mur (YQQ) se sont associés il y a quelques semaines pour sonder la population du quartier sur leurs habitudes alimentaires (v. autre texte). On cherche à mieux définir les besoins pour adapter l’offre d’un éventuel marché public. On invite donc la population, peu importe sa situation économique, à répondre aux questions du sondage, qui a été mis en ligne (cliquer ici) et qui est confidentiel. Les organisateurs se donnent plusieurs semaines pour compiler et analyser les résultats. Mais ils invitent les gens à répondre au sondage dès que possible.

« On espère pouvoir offrir des produits frais dans le quartier au plus bas prix possible, poursuit Mme Bonilla. En théorie, une famille dépense 30% de ses revenus pour le logement. Mais, dans bien des cas, c’est 50%. En conséquence, les gens mangent moins bien. De plus, l’offre actuelle en produits frais est très limitée, ce qui complique les choses. »

Le Sésame et YQQ disposent d’une subvention annuelle de 45 000$, sur cinq ans, pour mener le projet à terme. La Corporation de développement de l’Est de Montréal (CDEST) est aussi engagée dans le comité de suivi du projet.

Le CÉRES s’inscrit notamment dans la démarche RUI de Mercier-Est (revitalisation urbaine intégrée) depuis 2006, qui cible la zone entre Hochelaga et le fleuve, à l’est de l’autoroute 25 (v. autre texte).

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