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Stationnement en crise dans le Faubourg

Environnement, Vie de quartier
Les arrêts de la ligne d'autobus 26 sont mal situés et retranchent beaucoup trop de places de stationnement au goût de plusieurs citoyens. (photo: Stéphane Desjardins)
Les arrêts de la ligne d’autobus 26 sont mal situés et retranchent beaucoup trop de places de stationnement au goût de plusieurs citoyens. (photo: Stéphane Desjardins)

Plus le Faubourg Contrecoeur se développe, plus ses résidents se plaignent des problèmes de stationnement, qui s’intensifient. Certains parlent désormais d’une crise.

« C’est notre qualité de vie qui est en jeu », explique Martine Campeau, une résidente de la rue Anne-Courtemanche, à la hauteur de la rue Claude-Masson.

Mme Campeau a rencontré plusieurs résidents des alentours qui lui ont tous rapporté leurs difficultés de stationner leur véhicule dans les rues du Faubourg. À la fête de quartier, organisée par Solidarité Mercier-Est, l’été dernier, angle Claude-Masson et Jean-Pierre-Ronfard, plusieurs citoyens ont interpellé l’auteur de ces lignes. Ils doivent tourner en rond dans les rues du quartier avant de trouver un espace pour se garer. Parfois assez loin de leur domicile. Il existe aussi des conflits autour des stationnements privés que se partagent les condominiums et les coopératives, selon ce qui a été rapporté au Comité de milieu de vie du Faubourg.

Le problème est assez grave dans la partie centrale du Faubourg, autour des rues Gabrielle-Frascadore, Duchesneau, Contrecoeur, Jean-Pierre-Ronfard, Rousseau, Anne-Courtemanche et Claude-Masson. Et il s’aggrave avec l’arrivée des nouveaux résidents qui prennent actuellement possession de leurs unités des phases IV du Faubourg et des nouvelles maisons Californiennes ou de ville érigées par Laurendeau Habitations au nord du Faubourg, dont les chantiers vont se terminer dans les prochains mois. D’autres immeubles à condos ainsi que des coops et des maisons californiennes seront érigées dans les prochaines phases de développement du territoire.

Difficile pour les courses, les amis

« Pour recevoir les amis, la famille à souper ou même un ouvrier, c’est difficile, reprend Mme Campeau. C’est souvent interdit de s’arrêter pour sortir la commande devant la porte de notre domicile avant d’aller stationner ailleurs. Dès que vous avez une deuxième voiture, ça devient infernal. On dirait que la conception du Faubourg est délibérément conçue pour restreindre le stationnement. Comme si on était sur le Plateau Mont-Royal. C’est ridicule. »

« On nous a vendu la banlieue en ville, reprend-elle. Nous habitons loin de tout, du métro, du centre-ville. Ça prend 40 minutes pour aller au métro avec l’autobus 26. Je me sers de mon garage et je prends les transports en commun tous les jours pour aller travailler. Ce n’est pas la qualité de vie à laquelle je m’attendais pour une maison. »

« La conception du projet du Faubourg Contrecoeur favorise l’utilisation de l’autobus, mais la réalité, c’est que les résidents utilisent massivement leur automobile pour tous leurs déplacements », explique Joe Pelle, qui habite sur Claude-Masson. De fait, selon la dernière Enquête nationale des ménages de 2011 (recensement de Statistique Canada), les habitants de Mercier Est utilisent leur voiture dans une proportion de 60% pour se rendre au travail. Ça tombe à 4% pour la marche, 1% pour le vélo et 34% pour les transports en commun. Il est permis de croire que la proportion dévolue à l’auto est encore plus forte dans la Faubourg.

« Les gens qui s’achètent une maison sur quatre étages, ce sont des familles dont les deux parents sont susceptibles de travailler. Ça veut dire deux voitures la plupart du temps. Certains sont condamnés à l’utiliser s’ils travaillent à l’extérieur de la ville dans des secteurs mal desservis par le transport en commun, ce qui est mon cas », reprend M. Pelle, qui mentionne que c’est encore pire l’hiver, avec les bancs de neige.

« Si j’avais su, je me serais installée sur Paul-Pau, où on tolère mieux le stationnement sur rue », reprend Mme Campeau. D’autant plus que d’autres citoyens se plaignent que le zonage interdisse l’utilisation d’abris de type Tempo, alors que c’est permis à quelques rues de là. Le design urbain l’emporte sur leur qualité de vie, disent-ils.

Voir notre autre texte : Faut que ça change!

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