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Dossier ligne 26 : un détour qui fait jaser

Économie, Vie de quartier
Le terminus de la ligne 26, angle Robitaille de Calude-Masson. (photo: Stéphane Desjardins)
Le terminus de la ligne 26, angle Robitaille de Calude-Masson. (photo: Stéphane Desjardins)

Plusieurs résidents et usagers critiquent le détour que prend la 26 par Hochelaga avant de déposer les usagers du Faubourg au métro Honoré-Beaugrand.

« Du terminus nord, angle Robitaille et Claude-Masson, au métro Beaugrand, il faut calculer un trajet qui varie de 17 à 20 minutes (et non 40 selon certains), en fonction de la circulation. Si la ligne passait uniquement sur Sherbrooke, il aurait fallu retrancher entre 6 et 7 minutes », explique M. Tremblay.

Du terminus nord au métro Berri-Uqam, il faut donc calculer un temps de parcours de 40 minutes, selon l’engin de recherche sur le site web de la STM. Le matin, ce temps de parcours est souvent plus long en voiture, à cause du ralentissement sur la rue Sherbrooke dans le secteur de la place Versailles, et des bouchons autour du pont Jacques-Cartier (rues Sherbrooke, Maisonneuve et Notre-Dame), selon quelques essais effectués par l’auteur de ces lignes depuis un an.

Michel Tremblay confirme que la STM n’a aucun plan de liaison directe entre le Faubourg et le métro. Mais la STM offre un service rapide matinal grâce à un parcours court, la 186x, qui relie directement le Faubourg et le métro, notamment pour les usagers du départ de 7h19 (terminus nord, Robitaille/Claude-Masson) de la ligne 26.

Peu de plaintes

Officiellement, la STM n’a enregistré que cinq plaintes portant sur la ligne 26, sur les 30 000 qu’elle reçoit annuellement. « Sur ces cinq plaintes, trois portaient sur des demandes d’allongement du service après 22h », ajoute M. Tremblay.

Par contre, au dernier conseil d’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve (le 4 janvier), une citoyenne a interpellé directement le maire Réal Ménard sur l’emplacement de l’arrêt d’autobus au métro Beaugrand, jugé trop loin de l’édicule. Le maire n’a rien promis, sauf d’y regarder de plus près. La STM et l’arrondissement envisagent de réaménager complètement les environs de cette station, jugés dangereux pour les piétons. L’intersection Sherbrooke/Beaugrand est une des plus dangereuses de Montréal, disent les statistiques d’accidents de la circulation.

De plus, le maire doit composer avec les doléances des citoyens concernant le manque de places de stationnement sur rue dans le Faubourg, aggravé par les espaces jugés trop généreux alloués aux arrêts de la ligne 26 (v. notre texte). Il a rencontré les citoyens en janvier et revient sur ce sujet dans son blogue publié ce matin (v. le blogue), avec le conseiller de Tétreaultville, Richard Celzi.

Certains citoyens se plaignent des feux des autobus qui éclairent l’intérieur de leurs résidences et du bruit de la 26 à l’arrêt, au terminus Robitaille/Claude-Masson. M. Tremblay a confirmé que la STM doit « constamment sensibiliser » ses chauffeurs sur cette question au sujet des terminus de plusieurs de ses lignes. Les chauffeurs doivent couper leur moteur s’ils attendent au terminus.

Le sujet a aussi été abordé à la dernière assemblée générale de Solidarité Mercier-Est (v. notre texte). L’organisme invite les gens qui se préoccupent du sort de la ligne 26 à communiquer avec lui car il entretient un dialogue soutenu avec la STM depuis plusieurs années.

Il n’est pas non plus question de déplacer le terminus plus au nord dans le Faubourg, avec le développement du secteur des maisons unifamiliales. L’achalandage éventuel ne le justifierait pas.

La STM compte 220 lignes d’autobus. Six desservent le Faubourg et les environs immédiats : les lignes 26, 85, 141, 185, 186 et 187. Certains rêvent d’un prolongement de la ligne verte du métro sous la rue Sherbrooke vers l’est, comprenant deux stations, Des Ormeaux et Contrecoeur. Un tel projet n’a jamais été dans les cartons. Le gouvernement du Québec, qui finance à 100% le prolongement du métro, annonçait le 19 septembre 2013 celui de la ligne bleue, entre le boul. Saint-Michel et Anjou, juste au nord-ouest du Faubourg. Ce prolongement de 6,6 km devrait être complété pour 2020. Sylvain Gaudreault, le ministre des Transports du Québec révélait, lors de cette annonce, que la construction d’un kilomètre de métro coûte entre 250M$ et 300M$, excluant les stations.

Le coût du prolongement du métro vers Laval (un succès d’achalandage dépassant les plus folles espérances des spécialistes) avait fait scandale. La facture fut de 809M$ selon le Vérificateur général du Québec, pour 5,2 km, trois nouvelles stations, deux quais supplémentaires à la Station henri-Bourassa ainsi qu’un atelier d’entretien et un stationnement incitatif partiellement sous-terrain de 1500 places à la station Montmorency. Au moment de l’annonce du projet en 1988, on estimait son coût à 179M$, soit 350% de moins que la facture finale. Le service vers Laval fut inauguré en 2007.

À lire : notre texte sur le succès de la ligne 26

À lire : notre texte sur le trajet de la ligne 26

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