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La CDEST consulte pour développer le quartier

Économie, Environnement, Vie de quartier
patrimoine

Mercier Hochelaga-Maisonneuve possède un riche patrimoine architectural. (photo: Stéphane Desjardins)

La Corporation de développement de l’Est (CDEST) consulte le milieu pour la prochaine version de son PALÉE.

Mardi dernier (25 février), la CDEST réunissait autour d’une table une vingtaine de représentants d’organismes et de gens d’affaires afin de commenter une mouture préliminaire de son prochain Plan d’action pour l’économie et l’emploi (PALÉE), un plan d’orientation stratégique pour les cinq prochaines années.

La CDEST en a profité pour présenter un portrait socio-économique du territoire, question de souligner les enjeux et les axes de développement à privilégier dans l’avenir (v. autre texte).

Ce portrait permet de constater que l’arrondissement a des atouts insoupçonnés et que les clichés ont la vie dure. Certains projets sont des succès, comme la transformations d’immeubles patrimoniaux ou la relance de l’esplanade du stade olympique. Et l’arrondissement a beaucoup de terrains disponibles pour le développement.

Mais des défis importants demeurent : « L’arrondissement comporte des zones de grande pauvreté, notamment dans le quartier Hochelaga. Et le revenu des aînés est en général préoccupant », indique Didier Fleury, directeur général de la CDEST.

Plusieurs grands employeurs ont disparu durant la récession des années 1980, et la fermeture prochaine du plus important, Mabe, n’aide pas les choses. Seuls sept employeurs comptent plus de 500 employés. Mercier Hochelaga-Maisonneuve est une véritable terre de PME, car 95% des employeurs embauchent quatre personnes et moins.

« Les défis les plus importants, et ils sont énormes, résident dans la formation et l’employabilité de la main-d’oeuvre, reprend M. Fleury. L’arrondissement traîne un important bassin d’assistés sociaux. Une très grande proportion de la population n’a aucun diplôme secondaire. Nous avons aussi un défi d’intégration des immigrants. Ironiquement, plusieurs employeurs affichent de nombreux emplois disponibles. Il faut donc former les gens pour les occuper. »

Autre défi souligné par la CDEST : la conservation et la valorisation du riche patrimoine de l’arrondissement, qui compte de magnifiques immeubles industriels, religieux, institutionnels (écoles) et résidentiels. Certains sont toutefois en très mauvais état ou abandonnés. Des secteurs résidentiels comme Viauville et le Village Champlain (secteur Honoré-Beaugrand), qui sont en fait les premières banlieues au pays, méritent d’être conservées.

L’arrondissement doit aussi composer avec la gentrification de plusieurs de ses quartiers. « Nous devons nous assurer que nous nous développons harmonieusement, reprend M. Fleury. La construction de condos et de logements neufs, ainsi que la rénovation de logements existants, doivent permettre d’accueillir de nouveaux résidents et, surtout, des familles. Mais pas au détriment des locataires actuels, surtout les plus démunis, qui doivent pouvoir demeurer dans le quartier. » Cela dit, il est clair que l’arrondissement doit composer avec une spéculation foncière de plus en plus forte.

La notion de quartier complet

La CDEST pousse la notion de « quartier complet », c’est-à-dire des zones de l’arrondissement où les fonctions commerciales, institutionnelles, industrielles et résidentielles sont toutes présentes. « Nous ne considérons pas qu’un quartier essentiellement résidentiel est en santé », reprend M. Fleury.

Ce dernier a aussi mentionné que parmi les priorités de la CDEST, celles de dynamiser l’entrepreneuriat et de soutenir la revitalisation de certains quartiers et des artères commerciales sont en tête de liste. L’organisme entend aussi poursuivre sa mission d’aide à l’économie sociale.

Car Mercier Hochelaga-Maisonneuve, c’est un peu la Silicon Valley de l’économie sociale québécoise. La CEDEST compte déposer un plan d’action final en avril prochain.

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