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La chasse aux « mauvais » logements s’intensifie

Économie
Grâce au programme Inspectorat, 783 bâtiments abritant 818 logements ont été inspectés depuis l'automne 2010. L'arrondissement a délivré 327 avis de non conformité. (photo: Stéphane Desjardins)
Grâce au programme Inspectorat, 783 bâtiments abritant 818 logements ont été inspectés depuis l’automne 2010. L’arrondissement a délivré 327 avis de non conformité. (photo: Stéphane Desjardins)

Le programme Inspectorat de l’arrondissement Mercier Hochelaga-Maisonneuve permet d’intensifier la chasse aux logements en mauvais état et même aux taudis. Les trois premières phases ont été couronnées de succès.

Hier (27 février), les élus de l’arrondissement présentaient aux journalistes les résultats des trois premières phases du programme Inspectorat. Grâce à ce programme, qui permet de libérer deux inspecteurs en bâtiment rattachés à l’arrondissement, 783 bâtiments abritant 818 logements ont été inspectés depuis l’automne 2010. L’arrondissement a délivré 327 avis de non conformité. Dans 67% des cas, les propriétaires ont effectué les travaux correctifs et 29% des dossiers font l’objet de travaux en cours ou d’ententes pour obtenir un délai. On parle ici d’immeubles qui ont été érigés avant 1990.

« Nous constatons aujourd’hui que ce programme est un vif succès, car seulement 13 dossiers, soit 4% des cas, ont abouti en cour municipale. Avec un tel bilan, on peut affirmer que nous avons rendu plus sécuritaires les bâtiments résidentiels, stimulé leur entretien et amélioré la salubrité des logements », a affirmé le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, qui se réjouit de la coopération des propriétaires.

Le programme Inspectorat est un engagement de l’équipe de M. Ménard de la campagne électorale de 2009. L’arrondissement l’a mis sur pied en collaboration avec les comités logement et les autorités sanitaires. Il s’agit d’une première montréalaise, financée à même le budget régulier de l’arrondissement, mais qui fait beaucoup parler de lui chez les spécialistes et les organismes qui se préoccupent d’habitation à Montréal.

« Le programme Inspectorat est un modèle à suivre pour l’ensemble de Montréal », a indiqué Karine Boivin Roy, conseillère de Louis-Riel, qui est associée à l’habitation au sein du Comité exécutif de la Ville de Montréal. Au moins un autre arrondissement a lancé un programme similaire et les élus de notre arrondissement se sont engagés à en promouvoir l’implantation à la grandeur de la Ville de Montréal. Ce qui permettrait peut-être de dégager des ressources financières additionnelles.

Entretemps, l’arrondissement a lancé, en novembre dernier, la quatrième phase du programme, qui s’attarde à Mercier-Est, autour des rues Liébert et Dubuisson, dans le secteur le plus pauvre du quartier, a révélé la conseillère Laurence Lavigne-Lalonde, du district Maisonneuve Longue-Pointe. Cette zone est notamment incluse dans le programme de Revitalisation urbaine intégrée, ou RUI (v. autre texte).

Cette phase se terminera cette année. Malgré un cadre bâti plus jeune (une majorité d’immeubles date des années 1960), jusqu’à maintenant, les inspecteurs ont signifié 11 avis d’infraction aux propriétaires. Même si le programme s’est concentré sur les zones les plus pauvres de l’arrondissement, les élus ont promis d’éventuellement passer tous les logements de l’arrondissement au peigne fin.

Les représentants des groupes de locataires et des comités de logement se sont réjouis des résultats du programme Inspectorat, qui permet aux inspecteurs de visiter l’intérieur des logements après une inspection visuelle extérieure qui aura décelé des problèmes concernant l’enveloppe du bâtiment.

La plupart des problèmes concernent des balcons et de la maçonnerie en mauvais état ainsi que d’issues de secours non conformes. À l’intérieur, les inspecteurs évaluent les systèmes de chauffage, la plomberie, l’état du logement et la présence de détecteurs de fumée, qui sont obligatoires. La majorité des cas d’infraction tournent autour de la ventilation de la salle de bains, des avertisseurs de fumée, de portes, fenêtres, plafonds ou planchers endommagés et de rares cas de moisissures. Certaines photos, présentées à la conférence de presse, ont été très révélatrice de certains travaux effectués par les propriétaires.

Subventions pour les fondations

Il existe un problème assez répandu de fissuration des fondations dans Tétreaulville. C’est pourquoi le conseiller du district, Richard Celzi, a insisté sur l’existence du programme montréalais de subvention intitulé Stabilisation des fondations des bâtiments résidentiels.

Ce programme permet aux propriétaires d’obtenir une subvention allant jusqu’à 19 500$, ou 33% du coût des travaux (25% pour les coopératives d’habitation). L’immeuble doit abriter la résidence principale du propriétaire.

« Mercier-Est vit une importante mutation, notamment avec l’ouverture prochaine de la piscine Annie-Pelletier. Le secteur est désormais recherché par les jeunes familles qui veulent s’établir ou demeurer à Montréal. Ce programme représente un avantage additionnel en ce sens », a-t-il affirmé.

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