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Dossier : Robert Carrière, la mémoire du quartier

Histoire
Robert Carrière a amassé pas moins de 6000 documents sur l'histoire du quartier. (photo: Stéphane Desjardins
Robert Carrière a amassé pas moins de 6000 documents sur l’histoire du quartier. (photo: Stéphane Desjardins

Robert Carrière est devenu historien par passion. Il lègue un travail colossal aux prochaines générations.

Contrecoeur Express publie le premier de plusieurs textes d’un dossier sur Robert Carrière, historien de Tétreaultville et Longue-Pointe. La prochaine partie de notre dossier paraît lundi ou mardi prochain.

Six volumes, 1600 pages, six CD, deux sites web, 6000 documents. Quand on dit colossal…

Robert Carrière a lancé deux pages Facebook très populaires : Born and raised in Tétreaultville (616 membres) et Mon quartier, mes trouvailles du quartier Longue-Pointe, qui comptait 561 membres ce matin (11 septembre). Le premier est privé et le membership est sélectionné par M. Carrière ou ses amis modérateurs. Le deuxième est public.

Les deux sites sont notamment alimentés par le travail colossal de recherche historique de M. Carrière, qu’il a rassemblé en six volumes de 1600 pages. « Et j’ai tout fait ça avec deux doigts! », affirme-t-il avec son sens de l’humour typique et sa gentillesse proverbiale.

Le retraité du monde des affaires (il a eu trois commerces, dont une vitrine rue Hochelaga) a mis deux ans à rassembler et classer ses trouvailles par ordre chronologique. Informations historiques, copies de documents, photographies, actes de naissances, contrats de mariage, de vente, etc. Il a fréquenté les Archives nationales du Québec pendant cinq ans, cinq jours par semaine. Il a ainsi amassé pas moins de 6000 documents.

« Je voyais les mots Tétreaultville et Longue-Pointe et je photocopiais le document, dit-il. J’ai tellement fréquenté les Archives nationales qu’ils m’attendaient le matin pour me demander ce que je voulais ce jour-là! À un moment donné, ça me coûtait jusqu’à 200$ de stationnement par mois. J’ai tout scruté de 1734 à aujourd’hui. J’ai lu tous les journaux publiés au Québec depuis 1850. Ce  »travail » m’a passionné. »

Il a aussi écumé les fonds d’archives des paroisses du quartier, notamment de Saint-François-d’Assise et de Sainte-Claire. Il a même écrit un livre pour le centième anniversaire de cette dernière, en 2006.

Une fois la compilation terminée, il a remis son fonds de recherche et ses six volumes aux Archives nationales du Québec. « Ils m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu une histoire de quartier réalisée avec autant de détails. Ça m’a fait plaisir. » M. Carrière ne le fait pas pour l’argent ou la gloire. Il veut juste laisser quelque chose aux générations futures. Et il n’a eu droit qu’à un crédit d’impôt de 1500$ pour des années de travail…

Robert Carrière a nommé trois personnes pour lui succéder dans son travail d’archiviste social. « Ils vont continuer à alimenter les sites internet et les archives en photos et documents. J’en suis très fier! Mon travail ne mourra pas avec moi. »

« Vous savez, les historiens s’intéressent aux grands chapitres de l’histoire du monde. Ils les mettent en contexte. Mais ils ne vont pas dans les détails. Moi, c’est ce qui m’intéressait », ajoute-t-il.

Le résultat est renversant. Une fois qu’on commence à lire ces six volumes, on ne peut pas s’arrêter. Robert Carrière les vend désormais sur des CD : voilà quelques dollars bien investis…

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