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Dossier Robert Carrière : Un quartier qui a eu son lot de catastrophes

Histoire
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L’histoire de Tétreaultville et Longue-Pointe remonte aux premiers temps de la colonie. Durant plus de 300 ans, le quartier a vécu plusieurs tragédies. Robert Carrière en raconte quelques-unes.

Contrecoeur Express publie le 3e de plusieurs textes d’un dossier sur Robert Carrière, historien de Tétreaultville et Longue-Pointe. La prochaine partie de notre dossier paraît lundi ou mardi prochain.

« Cent quatre morts. C’est le bilan de l’épouvantable incendie de l’hôpital Louis-H. Lafontaine le 6 mai 1890. L’hôpital était installé rue Notre-Dame et comptait 26 pavillons. Ils ont tous brûlé. » C’est ainsi que Robert Carrière évoque la plus importante catastrophe à avoir marqué l’histoire du quartier et même de l’est de Montréal.

Louis-H. Lafontaine s’appelait Saint-Jean-de-Dieu à l’époque. C’était pratiquement une petite ville, avec plus de 200 employés et plus de 1200 patients. Mais l’incendie fut si violent qu’il a tout détruit. « Même si beaucoup de patients ont péri dans le sinistre, les bénévoles et le personnel en ont sauvé des centaines, au péril de leur vie. Mais ça brûlait si fort qu’il fallait faire vite. Plusieurs personnes ont été littéralement jetées d’un balcon à l’autre, ou même par des trous percés rapidement au travers des planchers des balcons. Plusieurs patients étaient fascinés par le feu et voulaient s’y jeter. Des dizaines ont été brûlés vifs devant les yeux des pompiers. C’est une caractéristique de la maladie mentale. Il fallait protéger beaucoup de patients contre eux-mêmes. »

Le feu a longtemps été le pire fléau à marquer la Nouvelle-France puis le Dominion du Canada. Jusqu’au début des années 1900, les pompiers étaient volontaires, mal ou pas entraînés et équipés de sceaux et d’échelles. Dans les années 1800, ils travaillaient pour les assureurs et ne sauvaient que les immeubles de leurs clients! Il a fallu attendre le siècle dernier avant que ne se généralisent les services municipaux de lutte contre les incendies. Mais comme le quartier était situé à la campagne jusque dans les années 1960, il a connu plusieurs incendies majeurs au cours des siècles. Ainsi, l’église de la paroisse de Saint-François d’Assise, une des premières au pays, a brûlé deux fois.

« Le village de Longue-Pointe lui-même a brûlé trois fois, relate M. Carrière. À une occasion, l’incendie s’en est pris au village alors que Saint-Jean-de-Dieu manquait d’eau pour éteindre le brasier. On craignait le pire. Mais un navire mouillait vis-à-vis la rue Dickson. Il a arrosé le village avec deux puissants jets d’eau… ce qui l’a sauvé! Une dizaine de maisons ont été perdues cette année-là. C’était en 1907 ou en 1911. »

La semaine prochaine, la suite de notre texte sur les catastrophes naturelles.

Lisez les deux premiers textes de ce dossier :

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