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Enbridge : les écolos du quartier déçus

Élus, Environnement
Enbridge pipeline flux inversé

Le tracé du pipeline d’Enbridge. (image: site web d’Enbridge)

La décision d’autoriser l’inversion du pipeline d’Enbridge déçoit les verts du quartier.

« C’est certain que la décision de l’Office national de l’énergie nous déçoit beaucoup, commente Jean Lapointe, du Collectif en environnement Mercier-Est. Cette compagnie a gagné le pouvoir d’utiliser un oléoduc en fin de vie utile. Et l’Office n’a pas exigé d’instaurer un fonds de prévoyance en cas de déversement, qui était réclamé notamment par le maire de Montréal. Si un tel déversement survenait dans un cours d’eau, comme c’est arrivé dans la rivière Kalamazoo, aux États-Unis, ça pourrait facilement coûter plus de un milliard de dollars. »

Jeudi (6 mars), l’Office national de l’énergie a donné son feu vert à l’inversion du pipeline 9 reliant North Westover (à l’ouest de Toronto) et Montréal . La compagnie pourra hausser le flux de 240 000 à 300 000 barils par jour. L’Office a aussi autorisé l’augmentation de la pression hydraulique. Enbridge pourra y faire circuler du pétrole dérivé des sables bitumineux vers les raffineries de Montréal et de Lévis, même si la compagnie affirme que, pour l’instant, il n’est question que de brut léger.

Le brut lourd a tendance à couler lors d’un déversement dans un cours d’eau, ce qui complique sa récupération et fait exploser les coûts. Un déversement dans la rivière des Outaouais constitue un scénario cauchemardesque pour les environnementalistes et les maires, car il menacerait l’approvisionnement en eau potable de la région de Montréal, qui compte plus de trois millions de personnes.

Enbridge est consciente qu’elle a tout un travail de communication à faire pour mériter la confiance du public, ce qu’ont reconnu les dirigeants de la compagnie en réagissant à la décision favorable de l’Office. Ce dernier a d’ailleurs exigé que la compagnie retourne devant lui avant d’inverser le flux, après avoir effectué d’importants travaux de remise à niveau.

Le pipeline se termine tout près du Faubourg Contrecoeur, aux installations d’Enbridge à Montréal-Est, juste au nord de l’autoroute 40, près de la rue Broadway. Ces installations sont reliées à la raffinerie de Suncor, située au sud de la 40.

« Outre les déversements possibles liés au pipeline, ce qui nous inquiète, ce sont les activités de transformation, qui se feront à Montréal-Est d’ici deux ans, reprend M. Lapointe. Certains sous-produits, comme le coke de pétrole, doivent être entreposés à l’extérieur. Ce sont des particules fines. Or, il n’y a aucune expertise à Montréal sur la gestion de l’entreposage et de transport à grande échelle d’un tel produit. On craint la pollution et la contamination liées à ces activités, qui se dérouleront tout près de chez nous. »

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