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Les dessous de Gaïa à l’aire du steampunk

Culture
léopol bourjoi

Pour Léopol Bourjoi, la technologie était autrefois libératrice, car elle multipliait les capacités du corps humain. Aujourd’hui, elle ne sert qu’à nous ramener dans des cases définies du consumérisme. (photo: Stéphane Desjardins

C’est le nom de l’exposition de Léopol Bourjoi, que présente la Maison de la culture Mercier jusqu’au 16 avril.

Contrecoeur Express a rencontré l’artiste vendredi dernier, alors qu’il installait ses œuvre dans le foyer de la Maison de la culture Mercier. M. Bourjoi a, d’emblée, inscrit son expo dans la foulée du Jour de la Terre. On remarque le lien évident entre son travail et les questions environnementales.

L’exposition présente une murale, deux sculptures sous forme de vitrine et une autre, assez élaborée, de style « steampunk ». « Ce mouvement artistique, qu’on a remarqué au festival Burning Man, représente un retour vers l’arrière, aux débuts de la Révolution industrielle, explique M. Bourjoi. C’était une époque où tout était possible, où la fascination à l’égard des machines était à son comble. Elles étaient faites pour durer et leurs propriétaires pouvaient les réparer ou les transmettre à leurs enfants. Cette durabilité a disparu. »

L’artiste sort un iPhone de sa poche : « Cet objet est très beau, mais il ne résiste pas au temps, il ne peut faire partie du patrimoine familial ou industriel, on ne peut le réparer ou le modifier en cas de pépin. Il est jetable. Il ne transforme pas le réel. »

Léopol Bourjoi

Les deux sculptures, réalisées sous le mode « curio », montre la fragilité de la mince couche de terre arable sur laquelle nous vivons. (photo: Stéphane Desjardins)

Pour M. Bourjoi, la technologie était autrefois libératrice, car elle multipliait les capacités du corps humain. Aujourd’hui, elle ne sert qu’à nous ramener dans des cases définies du consumérisme.

L’oeuvre de Léopol Bourjoi est clairement une réflexion sur les réalités de notre société de consommation. Les deux sculptures, réalisées sous le mode « curio » (une approche très populaire il y a plus d’un siècle, quand les « explorateurs ramenaient toutes sortes d’objets des confins des empires, notamment britannique), montre la fragilité de la mince couche de terre arable sur laquelle nous vivons. Et que nous polluons allègrement avec les catastrophes écologiques (les déversements de pétrole) ou les dépotoirs. Juste pour satisfaire nos besoins éphémères.

Mais revenons à la sculpture « steampunk » intitulée HI-LO. Il s’agit d’un assemblage hétéroclite d’engrenages, câbles, moteurs, lampes Edison, DEL, tubes à vide, soudures diverses, modules en métal, béton et bois, commandés par des modules électromécaniques. HI-LO (pour haute et basse technologie) traduit la fascination pour la technologie, depuis la machine à vapeur jusqu’au téléphone intelligent.

Léopol Bourjoi a été soudeur, machiniste, fondeur et métallurgiste. Cet « ouvrier-artiste », détenteur d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Uqam et d’une maîtrise en enseignement des arts, enseigne les nouveaux médias, la robotique et les arts en adaptation scolaire au secondaire. Son atelier/usine/laboratoire est situé dans l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve, où il a grandi. Il a participé à plus de 80 expositions.

Le 6 avril, l’artiste vous invite à une rencontre à la Maison de la culture Mercier, qui lui permettra d’expliquer sa démarche, notamment comme maker du mouvement « steampunk ». Un vin d’honneur suivra.

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