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Dossier Robert Carrière : Le paysage a évolué avec la modernité

Histoire
robert carrière
tramway Tétreaultville

En 1902, les travaux de la ligne de tramway vers Longue-Pointe. (coll. Robert Carrière, Born and Raised in Tétreaultville)

Tétreaultville et Longue-Pointe sont passés de la campagne à la ville en quelques années, révèle Robert carrière.

Contrecoeur Express publie le 6e de plusieurs textes d’un dossier sur Robert Carrière, historien de Tétreaultville et Longue-Pointe. La prochaine partie de notre dossier paraît lundi ou mardi prochain.

« Le plus grand maire qu’ait connue la Longue-Pointe fut Pierre Bernard, dont la maison, construite en 1759, est encore debout, à l’angle de la rue qui porte son nom et de la rue Bellerive, explique Robert Carrière. Il a beaucoup fait pour développer son village à partir de sa terre. Il a aussi eu un troupeau qui a compté jusqu’à une vingtaine de vaches. »

M. Carrière relate les grandes étapes du développement du territoire : « En 1898, le village de Beaurivage est fondé. Il est situé à l’entrée actuelle du pont-tunnel Louis-H. Lafontaine. Son premier maire est Louis Caty. En 1907, c’est la fondation du village de Tétreaulville. Le premier maire est… Guillaume Whillems. Le village n’a alors que quatre rues : Azilda, du nom de la femme de M. Tétreault, Azilda Brossard), Saint-Pierre (devenue Mousseau), Saint-Antoine (devenue Des Ormeaux) et Joffre, ouverte en 1914. »

Le premier village à se détacher de la Longue-Pointe est Saint-Léonard, en 1885. Beaurivage a suivi en 1898, puis Tétreaultville en 1907 et, enfin, la paroisse Notre-Dame-des-Victoires (Parc Terminal) voit le jour (angle Lacordaire et Pierre-de-Coubertin, anciennement Boyce). En 1909, le village du parc du Terminal est créé. « Les trains arrêtaient au parc Terminal. En 1909, le chemin de fer fut prolongé vers Joliette en longeant le fleuve à la Longue-Pointe. Plus tard, les voies ont rejoint Québec. Le réseau des tramways, lui, partait du terminus près des rues Lasalle et Notre-Dame. Pierre Tétreault a financé le prolongement du tramway de la rue Hochelaga jusqu’au parc Grove, l’actuel parc Thomas-Chapais. »

« Pierre Tétreault est allé aux shops Angus et a incité les milliers de travailleurs Irlandais à s’installer dans sa ville, reprend M. Carrière. Il leur a promis de bâtir une église (St. Margareth, en 1908), rue Langemark (Sainte-Claire), angle des Ormeaux, et d’y amener le tramway. Il a tenu ses engagements. Il a ainsi vendu plusieurs de ses terrains au nord de Sherbrooke. À l’époque, sur ce territoire, on y parlait donc surtout l’anglais. »

Le tramway partait donc de Viauville, angle Notre-Dame et Lasalle, pour s’arrêter angle de Grosbois et dans les environs du boul. Saint-Antoine (aujourd’hui des Ormeaux). Les voies continuaient jusqu’à Pointe-aux-Trembles, mais Pierre Tétreault avait financé un prolongement vers le nord, jusqu’au fameux parc Grove (Thomas-Chapais). « La compagnie de tramway avait accroché une baguette de bois sur le mur de la bâtisse, à l’angle de la rue des Ormeaux, qui indiquait si l’opérateur du tramway devait s’engager sur la voie vers le nord, car il n’y avait pas moyen de virer de bord si une voiture revenait en sens inverse. Il fallait donc reculer, ce qui n’était pas pratique. Quand la pancarte était levée, le chauffeur devait attendre. Vers le bas, il avait la voie libre. »

Pierre Tétreault a fait fortune en découvrant une mine au Montana. De retour à Montréal, il achète deux terres d’Olivier Archambault (lots 399 et 400) pour 26 000$ comptant, en 1896. Une véritable fortune. « J’ai le contrat d’achat, révèle Robert Carrière. M. Archambault était sourd et muet, mais il savait lire! »

Le contrat de vente de chacune des maisons ou des terrains comportait une clause interdisant la fabrication de savon sur une base commerciale, une activité qui dégageait une odeur nauséabonde car elle s’effectuait à partir de carcasses et gras de porc. À sa mort, il lègue une véritable fortune que ses enfants ont dilapidée.

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