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Élections 2014 : Maka Kotto veut continuer de prendre soin de son monde

Élus
Maka Kotto appuie les organismes communautaires qui ont beaucoup de difficultés à se loger dans le quartier. Ainsi que le projet de cinéma de quartier StationVu. (photo: Stéphane Desjardins)
Maka Kotto appuie les organismes communautaires qui ont beaucoup de difficultés à se loger dans le quartier. Ainsi que le projet de cinéma de quartier StationVu. (photo: Stéphane Desjardins)

Le député péquiste sortant de Bourget et ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, est galvanisé par le facteur humain de la politique. Il veut encore régler les problèmes des citoyens qui demandent l’aide de leur député.

« Je suis arrivé en politique un peu par accident, dit-il. L’ex-Premier ministre du Québec, Bernard Landry, mon parrain politique, m’avait encouragé à me présenter pour le PQ dans Viau en 2003. Je savais que c’était une forteresse libérale imprenable. Mais je voulais mettre en lumière les enjeux socio-économiques d’une circonscription fortement pluriethnique. C’était ma première campagne. J’ai gagné mes galons, pris de l’expérience, échangé avec les gens en ayant une attitude positive, même avec ceux qui étaient contre moi. Et j’ai fait augmenter le score du PQ! »

Après l’élection, M. Kotto retourne à sa carrière de comédien. Mais, en 2004, il reçoit un appel de l’ex-chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe. « Il y avait peu de comtés faciles à l’époque. J’ai donc choisi Saint-Lambert après en avoir étudié attentivement le profil socio-économique. J’ai demandé conseil à Bernard Landry et j’ai plongé. Au début de la campagne, il n’y avait qu’un seul membre de l’exécutif du parti dans le comté, pas d’organisation et 100$ en caisse. J’ai appelé quelques connaissances pour former un comité électoral ad hoc et j’ai mis à profit mon expérience dans Viau. La députée libérale sortante, Yolande Thibeault, gagnait avec des majorités de plus de 5000 voix. On ne me donnait pas grand chance. Eh bien, j’ai gagné avec plus de 5000 voix de majorité. J’avais renversé la tendance. »

Quand le gouvernement libéral de Paul Martin est renversé, deux ans plus tard, M. Kotto se représente et l’emporte avec plus de 10 000 voix de majorité! « Les gens étaient surpris. Mais, le secret en politique, c’est de prendre soin de son monde, de s’occuper des vrais problèmes. La connexion est là avec les citoyens : un député doit prendre à cœur les problèmes des gens qui viennent le voir et soutenir les organismes communautaires locaux. »

En 2008, le gouvernement Harper minoritaire retombe en élection. M. Kotto s’en retourne aux arts. Mais Diane Lemieux, une étoile du PQ, quitte la politique dans Bourget. Pauline Marois courtise avec insistance le dramaturge et comédien, qui résiste. « Même ma femme [l’ex-députée bloquiste et mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire] s’y est mise. J’ai plongé et nous avons remporté la partielle. En 2012, j’ai été réélu à la générale avec plus de 8800 voix de majorité. J’avais fait deux élections en six mois. »

M. Kotto dit en riant qu’il a probablement établi un record : quatre élections en moins de six ans et une autre campagne en 2003. À cela s’ajoute le fait qu’il accompagne sa femme lors des élections longueuilloises : ça fait 13 campagnes au total! Ces deux dernières années, il n’a pris que dix jours de congé. Maka Kotto est donc une bête politique? « L’histoire le dira, mais c’est très instructif. Car ce qui me galvanise, c’est le facteur humain, le lien direct avec les gens. Je suis un artiste et la politique m’enrichit intellectuellement et philosophiquement. Je ne vais pas mourir comme député, mais, un jour, quand je reviendrai aux arts, mon implication politique va me servir. »

Dans Bourget

« En politique, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Il faut connaître ses dossiers. Ça vaut pour un ministre comme pour le député de Bourget. Prenez la crise actuelle des locaux des groupes communautaires dans le comté, même si Montréal a son rôle à jouer, c’est évident qu’il faut régler ce dossier. Car ces organismes sont incontournables dans un milieu où l’entraide s’impose. »

M. Kotto rappelle que le gouvernement Marois a voté en juin 2013 la Loi 25 qui rehausse le Fonds d’aide à l’action communautaire autonome, « ce qui permettra d’assurer la stabilité financière pour les deux prochaines années. » Il a aussi annoncé, en octobre, une bonification de plus de 160 M$ sur trois ans, soit une hausse de 50M$ par année d’ici 2017. « Nous allons maintenir cette mesure si nous sommes élus. J’ajoute le programme de rénovation/achat de locaux communautaires, doté d’une enveloppe de plus de 10M$ dont les détails seront connus en mai et qui est lié au dernier budget Marceau. Vous connaissez la sensibilité de gauche des députés du PQ dans l’est de Montréal : nous défendons nos organismes communautaires. Mais cette mesure est assurée si le budget que nous avons déposé sera adopté en mai, budget pour lequel l’opposition avait décidé de nous battre. Je rappelle que nous ne sommes là que depuis 18 mois et que nous étions minoritaires. »

Le budget comprend aussi une étude de 100 000$ pour la mise en place d’une assurance collective pour les travailleurs des milieux communautaires.

M. Kotto cite également les subventions de 450 000$ qu’il a obtenues pour l’agrandissement de l’école Louis Dupire et la rénovation et le verdissement de plusieurs autres dans le quartier, dont l’école Saint-Justin, qui dessert le Faubourg Contrecoeur. Il a aussi contribué à obtenir 135 nouvelles places de services de garde à contribution réduite dans le quartier. « Je crois qu’on a répondu aux demandes et qu’on va continuer à défendre ces dossiers. »

Sur le front des transports, il ajoute qu’un gouvernement du PQ augmentera de 30% l’offre de transport collectif à Montréal : « Je vais faire mes représentations pour que le comté ait sa juste part. » Il ajoute le doublement des voies réservées pour les autobus, le prolongement de la ligne bleue du métro à Anjou et la stratégie d’électrification des transports. Mais, surtout, le prolongement des boul. L’Assomption et de la rue Souligny pour désengorger le transport lourd sur la rue Notre-dame, qui aura un impact direct sur la qualité de vie dans le quartier.

« On ne parle pas de culture dans cette campagne. Pourtant, juste en 2013, on y a investi 560M$ rien qu’à Montréal. C’est frustrant que ça passe sous le radar parce que l’impact de la culture dans nos communautés est intense. Les gens ne vont pas vivre dans les villes où il n’y a pas de culture. C’est un moteur économique important. Au Québec, c’est 130 000 emplois, dont 90 000 à plein temps. Investir 1$ en culture en rapporte 7$. Les retombées économiques dépassent les 10 milliards de dollars annuellement pour le Québec. C’est pour cela que j’appuie un projet comme StationVu, qui sera structurant pour Tétreaultville. On va faire grandir ce projet, qui vient combler la carence d’offre culturelle dans l’est. C’est important que les gens aient accès à la culture là où ils vivent. StationVu, c’est exactement cela. »

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