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EXCLUSIF « Les CLD ont l’avantage de connaître le terrain » – Didier Fleury

Économie, Vie de quartier
Didier Fleury, dans un atelier du forum Agir pour mon quartier, organisé par Solidarité Mercier-Est, en octobre 2013. (photo: Stéphane Desjardins)
Didier Fleury, dans un atelier du forum Agir pour mon quartier, organisé par Solidarité Mercier-Est, en octobre 2013. (photo: Stéphane Desjardins)

« Les centres locaux de développement (CLD) sont les mieux placés pour développer les quartiers de Montréal, car ils sont ancrés localement », affirme Didier Fleury, ex-directeur général de la Corporation de développement de l’est de Montréal (CDEST).

Didier Fleury vient tout juste de quitter son poste, comme le rapportait Contrecoeur Express en mars dernier. Il nous a accordé une entrevue exclusive portant sur le développement local, notamment celui de l’est de la Métropole.

Pour ce dernier, qui a fait du développement social et communautaire une profession, le développement local harmonieux, équilibré, est une nécessité. « Ça ne fait pas la une des journaux quand on aide un entrepreneur, un commerçant ou un organisme d’économie sociale à lancer son projet, qui créera quelques emplois mais fera toute une différence dans son quartier, dit-il. Des opérations comme celles-là, on en fait dix, vingt fois par année. C’est comme ça qu’on restructure un milieu, qu’on le fait avancer. »

M. Fleury prend l’exemple du restaurant où se déroule l’entrevue : Baguette et Bagatelle, rue Ontario Est. « Au début, ils ont lancé un service de livraison de sandwiches à vélo. Ils ont ensuite décidé d’ouvrir le midi. La CDEST a refinancé cette entreprise parce qu’on jugeait leur projet prometteur. Ils ont ensuite ouvert le soir. Aujourd’hui, c’est un des restos branchés de Montréal, qui attire des clients de partout dans la métropole. Mais, ce qui est important pour nous, c’est qu’ils aient créé des emplois dans le quartier, qu’ils aient participé à la renaissance de la rue Ontario. Nous, on y a cru. Je ne crois pas qu’une autre institution financière les auraient appuyés comme nous l’avons fait. »

Pour Didier Fleury, le développement doit se faire en fonction de tous, commerçants, industriels, propriétaires, locataires, riches, pauvres, fonctionnaires, entrepreneurs… Le développement doit être inclusif, équilibré. Un quartier qui n’est qu’industriel ou résidentiel n’est pas sain, à ses yeux. Pour y arriver, ça prend une vision et un consensus. C’est un travail effectué par les organismes communautaires et ceux qui se préoccupent de développement, comme la CDEST.

« Mais la cohésion sociale, ce n’est pas inné. Ça se cultive. Et c’est important. Il faut que les milieux économiques, politiques et communautaires s’entendent. Sinon, au bout de dix ans, vous vous retrouvez comme à Montréal-Nord, où divers groupes sociaux s’affrontent régulièrement et où le milieu est déstructuré. »

La cohésion sociale s’établit par de petits gestes au quotidien. Ça prend de l’énergie, du temps, de l’expertise et des fonds publics. « À la CDEST, notre objectif n’était pas de financer une quinzaine d’entreprises par année, mais de financer les bonnes entreprises, qui présentaient les bons projets. »

V. autre texte : Pas question de brader le développement local

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