Publicité

EXCLUSIF : Maka Kotto commente le scrutin de lundi

Élus
Maka Kotto

« Nous savions que l’issue allait être serrée, mais je ne m’attendais pas à ce résultat d’hier. Ce fut la surprise totale. » (photo: Stéphane Desjardins)

« Je digère, au bout de 24 heures d’interrogations et de stupéfaction ». Ce furent les premiers mots de l’entrevue exclusive livrée par Maka Kotto à Contrecoeur Express ce soir (8 avril), le lendemain d’un scrutin qui a beaucoup marqué de député du Parti Québécois dans Bourget.

« Nous savions que l’issue allait être serrée, mais je ne m’attendais pas à ce résultat d’hier. Ce fut la surprise totale, a-t-il ajouté. Mais c’est la démocratie. Les citoyens se sont exprimés et je respecte cela. »

M. Kotto considère qu’il a tout donné et respecte aussi l’effort des candidats des autres partis dans Bourget. « Ces gens ont voulu faire vivre la démocratie et je les salue. Moi, je viens d’un continent où la démocratie n’a pas toujours été évidente. C’est un bien précieux. »

Il s’interroge tout de même sur la façon dont le débat démocratique s’est exprimé ces dernières semaines : « Je crois que ça ne fonctionne pas trop bien en ce qui concerne la traduction des enjeux dans les médias. Je compare la dernière campagne avec celle de 2012 et je constate la difficulté des médias à aller au fond des enjeux. Durant mon porte-à-porte, les gens me disaient qu’ils ne les connaissaient pas, ces enjeux. Je les référait à des documents que j’avais avec moi ou en ligne, notamment au sujet de la langue et de l’immigration. Mais ma plus grande frustration, c’est la perception chez les gens d’une campagne très sale, avec beaucoup de boue. Pourtant, tous les partis avaient leurs idées, mais ils étaient incapables d’aller au fond de ces propositions. »

M. Kotto dénonce la polarisation de la campagne : « Le PLQ a fait un référendum sur le référendum. Cette campagne de peur a bien marché pour eux. Moi, je prends ça comme une école : ça me donne davantage de connaissances sur les rapports à développer avec les médias en campagne électorale. »

Le message ne passait pas

Il ajouter que ses frustrations ont augmenté quand il a présenté ses propositions sur la culture. « Quand on proposait des idées autour de notre plate-forme, les questions des journalistes ne tournaient jamais sur ces enjeux. Mais c’est de bonne guerre, ils nous appartenait de les ramener à l’avant-plan. Et on a pourtant essayé. Prenez la culture : les médias s’y sont complètement désintéressés. Ils ne se concentraient que sur le scandale du jour », a-t-il ajouté, quelque peu dégoûté.

La majorité de M. Kotto a fondu de plus de 5800 voix. Comment réagit-il? « Les majorités ont fondu partout, comme en 2007. Elles ne sont jamais coulées dans le béton. Cela dit, cette année, trois propositions se sont retrouvées au fil d’arrivée, celles du PQ, du PLQ et de la CAQ. Il y a eu beaucoup de volatilité jusqu’à la fin. »

M. Kotto refuse d’aller plus loin dans les analyses. Il veut décanter davantage et travaillera pour que le PQ fasse un post-mortem fouillé, analytique, rigoureux.

Depuis le soir du scrutin, Maka Kotto n’a pas ouvert un journal ni allumé la radio ou la télé. « Je me suis contenté de faire le ménage de mes dossiers. J’ai fait le vide et ça m’a fait du bien. »

Le devoir accompli

Part-il la tête haute? « J’ai absolument le sentiment du devoir accompli. Comme ministre, le budget de la Culture n’a pas été diminué alors qu’il y a eu des coupures dans les autres ministères. Au contraire, il a augmenté 2,1%. Pendant l’année et demis que nous étions en poste, nous avons investi 560 millions de dollars en culture rien qu’à Montréal. »

Passer de ministre de la culture à simple député de l’opposition sera-t-il difficile à vivre? « Je sais d’où je viens. J’ai été dans l’opposition à Ottawa et à Québec. Du moment que nous faisons un travail constructif, que nous faisons avancer les dossiers, l’opposition peut faire un bon boulot. Mais ce qui compte avant tout, c’est mon travail de député. C’est la fonction la plus noble de la politique : s’occuper des gens de Bourget, faire cheminer leurs dossiers, les représenter à l’Assemblée Nationale. Ça compte plus que tout le reste. »

En fait, M. Kotto ne s’ennuiera pas de la lourdeur de la responsabilité ministérielle. « J’ai perdu des amis et je ne voyais plus ma famille. Comme ministre, vous représentez tout le Québec. J’en ai fait trois fois le tour! J’aurai enfin un peu plus de temps à me consacrer à mes proches et à mes électeurs! »

Vos commentaires
loading...