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EXCLUSIF : Pas question de brader le développement local

Économie
Didier Fleury avec ses collaborateurs, lors de la présentation du PALÉE de la CDEST, il y a quelques semaines. (photo: Stéphane Desjardins)
Didier Fleury avec ses collaborateurs, lors de la présentation du PALÉE de la CDEST, il y a quelques semaines. (photo: Stéphane Desjardins)

L’abolition des organismes locaux de développement au profit d’un bureau centralisé fera plus de tort que de bien pour Montréal, affirme Didier Fleury.

M. Fleury, ex-directeur général de la Corporation de développement de l’est de Montréal (CDEST), s’inquiète de la nouvelle philosophie « mur-à-mur » de développement économique, qui a le vent dans les voiles au Québec, notamment dans l’entourage du nouveau maire de Montréal Denis Coderre.

« Ils veulent centraliser notre travail au sein d’un seul organisme. À mon avis, c’est faire fausse route. Je m’insurge contre ce discours de pseudo efficience, car ce qui existe marche bien. En centralisant à outrance, ils vont faire comme à Laval où il n’existe qu’un seul organisme comme la CDEST pour tout le territoire. Le résultat, c’est que Laval ne se développe qu’à deux endroits : un parc industriel et un centre-ville près du Cosmodôme. Le reste du territoire est abandonné à son sort. »

« Au lieu de créer un organisme centralisé, ils devraient soutenir davantage les 18 qui existent actuellement et qui font un excellent travail. Car ils connaissent intimement leur territoire. »

En fait, Didier Fleury considère qu’un organisme comme la CDEST n’est pas assez connu du public. Parce que ses petits gestes au quotidien, qui font toute une différence dans la vie de quartier, ne font pas la une des journaux. « Le modèle de développement économique et social que promeut la CDEST n’a jamais été aussi utile. La réputation de Montréal à l’international, c’est sa riche vie de quartier. Et ce n’est pas un hasard. Les organismes communautaires y ont contribué largement. La cohésion sociale, à Montréal, permet d’éviter la violence qu’on vit ailleurs en Amérique du Nord ou dans le monde. La culture de Montréal y joue aussi pour beaucoup. »

« Montréal a une âme et on en parle jamais. Moi, c’est ce qui m’a séduit quand j’ai immigré ici, il y a 20 ans. Montréal ne va pas si mal. Au contraire! Il faut valoriser nos réussites. Comme cette relance du parc olympique. On a critiqué le stade depuis les Jeux olympiques mais ce qui se passe sur son esplanade depuis trois ans, c’est une révolution. On a valorisé un actif sous-utilisé par des gestes simples. Ce n’est pas venu d’un organisme centralisé, mais du milieu. »

Didier Fleury rappelle que Montréal, c’est avant tout des organismes communautaires et une économie formée à 80% de PME de cinq employés et moins. « Les grands organismes et les géants de l’économie, c’est bien, mais il faut faire la part des choses. »

Pas assez dans Mercier-Est

Didier Fleury reconnaît que la CDEST est critiquée pour ne pas s’impliquer assez dans Mercier-Est.

« C’est certain que Mercier Hochelaga-Maisonneuve, c’est pas juste la rue Ontario et la Place Valois, dit-il. On se doit d’encourager les initiatives partout sur le territoire. Mais la réalité, c’est qu’il y a une concentration d’entreprises, d’emplois et de terrains disponibles pour le développement dans l’ouest de l’arrondissement. »

Cela dit, M. Fleury reconnaît que Mercier-Est souffre d’un déficit de développement. Il salue celui du Faubourg Contrecoeur, qui permet à des centaines de familles de s’installer dans le quartier. « Nous soutenons un organisme comme StationVu depuis le début. Si ce projet de cinéma voit le jour, ça va complètement changer la vie de quartier dans mercier-Est. Et j’espère que mon successeur va miser sur un projet comme la cour de Voirie Honoré-Beaugrand (v. autre texte), qui va bientôt amener 1000 nouveaux résidents dans le quartier. Ce projet va certainement relancer les rues Hochelaga et Des Ormeaux. »

V. également : Les CLD ont l’avantage de connaître le terrain

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