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Exclusif: Vincent Guzzo prépare une relance du Paradis

Économie
«On regarde depuis quelque temps la possibilité de transformer cet immeuble en édifice à bureaux», explique Vincent Guzzo, vice-président exécutif des Cinémas Guzzo. (photo: YouTube)
«On regarde depuis quelque temps la possibilité de transformer cet immeuble en édifice à bureaux», explique Vincent Guzzo, vice-président exécutif des Cinémas Guzzo. (photo: YouTube)

La famille Guzzo, propriétaire des cinémas Guzzo, prépare une relance du cinéma Paradis, rue Hochelaga.

«On regarde depuis quelque temps la possibilité de transformer cet immeuble en édifice à bureaux, explique Vincent Guzzo, vice-président exécutif des Cinémas Guzzo. Nous avons réalisé des plans pour réaménager la bâtisse et les avons soumis à l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve il y a quelque temps. Mais quand nous avons voulu modifier l’accès au garage, l’arrondissement a refusé.»

M. Guzzo explique que ses plans avaient été acceptés au Comité consultatif d’urbanisme (CCU) de l’arrondissement mais qu’il subsiste un différend au sujet de cette entrée de garage. Il affirme que ce projet de relance est impossible sans l’ajout d’un stationnement intérieur. Il avait trouvé un locataire potentiel pour cet immeuble, la Direction de la protection de la jeunesse du Québec (DPJ). Malheureusement, les coupures budgétaires décrétées par Québec ont mis le projet sur la glace. M. Guzzo cherche encore un locataire potentiel pour cet immeuble d’environ 13 000 pieds carrés.

Ce midi (13 mai), Info-Logis a organisé une manifestation symbolique devant l’entrée du Paradis (v. autre texte) pour suggérer une reconversion possible de l’ancien cinéma, qui est situé à un endroit stratégique de la rue Hochelaga, une rue qui a grand besoin d’une relance commerciale. Les responsables d’Info-Logis aimeraient rencontrer M. Guzzo pour lui faire part de leurs suggestions. Il se dit ouvert à une telle rencontre: «Du moment qu’ils reconnaissent qu’il faut que tout projet de reconversion soit rentable pour notre entreprise», a-t-il dit au Journal de Mercier-Est.

Vu l’heure tardive mardi soir (13 mai), les autorités municipales n’ont pas été en mesure de commenter ce dossier. Richard Celzi, le conseiller de Tétreaultville, a promis de revenir le plus rapidement possible avec des éclaircissements.

Pas question d’un cinéma de quartier

M. Guzzo a signifié, il y a un bon moment, un fin de non recevoir aux représentants de StationVu, qui désiraient reconvertir l’immeuble en cinéma de quartier. «J’entends rentabiliser ma propriété et je n’embarque pas dans ce projet de cinéma de quartier, poursuit Vincent Guzzo. Je ne considère pas ce projet comme de la concurrence déloyale. C’est juste qu’inévitablement, il faudra que le gouvernement le subventionne. Et je suis tanné qu’on utilise l’argent du public pour des projets non-rentables. Les cinémas de quartier fonctionnent toujours à perte. Je refuse que mes impôts servent à éponger leurs déficits. Les gouvernements ont investi des millions dans des projets comme Ex-Centris, qui n’a jamais dégagé de profit. Je ne veux absolument pas embarquer dans ce bal.»

Cinémas Guzzo fut lancée quand Angelo Guzzo, qui s’est installé au Québec en 1967, a acheté le cinéma Capri en 1974. Il l’a rebaptisé Paradis et offrait une sélection de films à 99 cents. En 1976, des rénovations en font un multiplex de trois salles. En pleine récession des années 1980, il achète le cinéma Astre de quatre salles, à Saint-Léonard, et en achète un autre à Mascouche. Mais il a de la difficulté à obtenir des films américains, le nerf de la guerre de cette industrie, ce qui le force à fermer son complexe de Mascouche. Cette contrainte fera connaître les Guzzo père et fils comme de farouches défendeurs des propriétaires indépendants de salles de cinéma québécois. La bataille que la famille a menée, une décennie plus tard, contre les géants américains du cinéma, s’est transportée jusqu’en Cour supérieure et s’est soldée par une entente hors-cour. Aujourd’hui, plus de 90% des films projetés sur les écrans Guzzo sont des blockbusters américains.

En 1990, Guzzo implante son premier multiplex moderne avec mini parc d’attractions à Terrebonne, où se trouve le siège de la compagnie. Le concept suscite un énorme débat mais est couronné de succès sur le plan commercial. Les Guzzo construiront d’autres complexes similaires à Sainte-Thérèse, à Saint-Léonard, rue Lacordaire (ce qui précipitera la fermeture de l’Astre), à Saint-Laurent, sur des Sources, à Greenfield-Park, à Longueuil, à Deux-Montagnes et au Marché Central. L’entreprise compte aujourd’hui plus de 35 000 sièges dans 151 salles regroupées au sein de 12 complexes, emploie environ 600 personnes et génère un chiffre d’affaires estimé à plus de 70 millions de dollars. C’est le plus important exploitant indépendant au Québec et un des plus importants au pays.

En 2012, Vincent Guzzo avait enflammé le débat sur la pertinence des films québécois, affirmant que, parce qu’ils étaient largement subventionnés, ils devraient s’adresser à un plus large public. Il y a une décennie, les films québécois généraient environ 10% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Aujourd’hui, c’est environ 4%.

V. autre texte: Cinéma Paradis: des citoyens veulent sa reconversion

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