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La collecte des résidus alimentaires s’en vient

Environnement
Le 5 juin, Mercier Hochelaga-Maisonneuve implantera la collecte de résidus alimentaires sous forme d'un projet-pilote qui desservira le «quartier vert» situé dans Hochelaga. Sur la photo: Réal Ménard, Laurence Lavigne Lalonde et Éric Allan Caldwell. (photo: Stéphane Desjardins)
Le 5 juin, Mercier Hochelaga-Maisonneuve implantera la collecte de résidus alimentaires sous forme d’un projet-pilote qui desservira le «quartier vert» situé dans Hochelaga. Sur la photo: Réal Ménard, Laurence Lavigne Lalonde et Éric Allan Caldwell. (photo: Stéphane Desjardins)

Le 5 juin, Mercier Hochelaga-Maisonneuve sera le 10e arrondissement de Montréal à implanter la collecte de résidus alimentaires. Mais les gens de Mercier-Est devront patienter encore quelques années.

Il s’agit d’un projet-pilote de 100 000$ financé par l’arrondissement, qui sera implanté de façon volontaire  dans le «quartier vert» de l’arrondissement, situé dans la partie Hochelaga (entre Pie IX et Vimont, ou passe la voie ferrée à l’est de Viau, et entre Hochelaga et le fleuve).

L’arrondissement distribuera gratuitement, le 24 et 25 mai, 1225 bacs bruns spécialement conçus pour cette collecte, aux résidents du secteur visé. L’opération comprend aussi une campagne de sensibilisation et d’information et peut-être une deuxième phase de distribution de bacs, qui porterait leur nombre à 2450. L’arrondissement espère desservir 7000 logements. L’objectif est de collecter 73,5 tonnes de matières résiduelles. Actuellement, l’arrondissement récupère annuellement 19 000 tonnes de déchets divers, dont 12 000 tonnes dans les bacs verts. Les citoyens de l’arrondissement génèrent 60 000 tonnes de déchets par année au total.

Le territoire visé par la nouvelle collecte des résidus alimentaires en milieu résidentiel. (carte: Arrondissement MHM)

«On se donne toute les chances de succès avec une population qui est déjà mobilisée autour de questions environnementales. On espère qu’ils vont embarquer massivement dans cette collecte », a lancé le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. Ce dernier ne s’est pas caché qu’il essaie de convaincre l’administration Coderre de donner un coup de main financier aux arrondissements pour généraliser cette collecte à l’ensemble de la métropole. Pour le moment, l’arrondissement le plus avancé sur ce plan est Rosemont, dont la collecte de résidus alimentaires rejoint 35 000 portes.

«Je me sens grisé par cette annonce, a déclaré Éric Allan Caldwell, le conseiller d’Hochelaga. Il y a quelques décennies, on a lancé la collecte des matières recyclables, qui est passée dans les moeurs. Ce matin, nous faisons un premier pas dans la bonne direction, même s’il s’inscrit dans une démarche citoyenne volontaire. Mais il y a une compatibilité certaine avec plusieurs mesures d’aménagement du domaine public dans le quartier visé. C’est un gage de succès.»

«Cette collecte, je l’attendais depuis longtemps. Je serai une des premières à aller chercher mon bac brun, a ajouté Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve Longue-Pointe, qui remercie les éco-quartiers de l’arrondissement pour leur collaboration au projet. Si nous voulons contribuer à l’atteinte de l’objectif de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles, nous devons offrir une solution de plus aux citoyens dans la gestion quotidienne de leurs déchets.»

Deux bacs gratuits pour chacun

Chaque citoyen obtiendra gratuitement un bac brun de taille similaire aux petits bacs verts à couvercle actuellement distribués pour le recyclage, ainsi qu’un deuxième bac de sept litres qu’on peut placer sous l’évier. La collecte se fera aussi à l’aide de deux types de sacs de plastiques recyclables et biodégradables et d’un sac de papier brun kraft.

«C’est évident que dans quelques années, 100% de notre territoire sera desservi par ce type de collecte, reprend le maire Ménard. Mais nous y allons par étape et nous aurons besoin de l’aide financière de la ville centre pour l’étendre partout.»

«La généralisation de cette collecte est inévitable, de reprendre Mme Lavigne-Lalonde. Un jour, il y aura trois collectes à Montréal, celle des matières recyclables, des résidus alimentaires et des déchets ultimes, qui seront eux aussi recyclés. On n’a pas le choix, car les dépotoirs qui desservent l’agglomération métropolitaine seront pleins en 2027.»

Pour l’instant, le coût de cette première collecte, pour 7000 des 72 000 portes que compte l’arrondissement (Mercier-Est compte 23 000 portes) s’établit environ à 960$ par semaine, soit environ 50 000$ annuellement ou autour de 684$ la tonne. Ce coût comprend le ramassage et le transport des déchets vers un site de valorisation à Berthierville.

Une annonce attendue et controversée

D’ici deux ou trois semaines, M. Ménard annoncera le site de compostage et de biométhanisation qui desservira l’est de la métropole.  Il a confirmé que le site avait été choisi. Plusieurs s’attendent à ce qu’il soit situé près de l’autoroute 40 et de la rue Broadway. Rappelons que le site précédent était celui de la carrière Saint-Michel mais que le maire Denis Coderre avait fait de l’abandon de ce site un engagement électoral. Le choix du nouveau site, dans l’est de la ville, suscite des débats animés dans les milieux communautaires et écologistes.

L’abandon d’une des deux collectes de déchets non-recyclables dans l’arrondissement, en 2012, avait fait grand bruit. «C’était un geste courageux et, quand il faut protéger la planète, comme élus, nous avons le devoir d’agir», commente Réal Ménard. Ce dernier se réjouit du succès de la collecte de déchets alimentaires effectuée auprès des commerces des rues Sainte-Catherine et Ontario, toujours dans Hochelaga, depuis 2013. «Cette collecte a permis de valoriser 25 tonnes de résidus en moins cinq mois, a-t-il dit. Ces résultats nous ont incité à étendre la collecte en milieu résidentiel.»

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