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Les citoyens de Mercier-Est se mobilisent pour lutter contre l’agrile du frêne

Élus, Environnement
Selon Projet Montréal, la mise du pied d'un fond d'urgence pour lutter contre l'agrile du frêne par la Ville de Montréal ne représenterait que 0,2% du budget. (photo: Marie-Eve Cloutier)
Selon Projet Montréal, la mise du pied d’un fond d’urgence pour lutter contre l’agrile du frêne par la Ville de Montréal ne représenterait que 0,2% du budget. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Une trentaine de personnes préoccupées par l’agrile du frêne étaient présentes mercredi soir lors de la séance d’information organisée par l’association locale de Projet Montréal dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

L’arrondissement est l’un de ceux qui possèdent le plus de frêne sur son territoire, puisque près d’un arbre sur trois est un frêne, ce qui représente exactement 6386 arbres.

L'insecte est de couleur vert métallique et mesure entre 1,4 et 1,8 cm de longueur. Les agriles adultes doivent percer un trou en forme de «D» majuscule pour sortir de l’arbre, signe d'attaque d'un frêne par l'insecte. (photo: Ville de Montréal)

L’insecte est de couleur vert métallique et mesure entre 1,4 et 1,8 cm de longueur. Les agriles adultes doivent percer un trou en forme de «D» majuscule pour sortir de l’arbre, signe d’attaque d’un frêne par l’insecte. (photo: Ville de Montréal)

Ils sont tous menacés par l’agrile du frêne, un insecte originaire d’Asie qui n’a pas de prédateur naturel au Québec. L’agrile du frêne aurait été malencontreusement introduit en Amérique du Nord lors du transport de bois par bateau au début des années 2000.

De petite taille, l’insecte est difficile à détecter, même pour les spécialistes. La larve du coléoptère s’attaque aux tissus sous l’écorce de l’arbre en s’alimentant, creusant des galeries en forme de « S », ce qui empêche la sève de l’arbre de circuler jusqu’à sa cime.

Depuis 2002, on estime à 80 millions le nombre de frênes qui ont dû être abattus aux États-Unis. Environ 200 000 frênes se retrouvent dans les espaces publics à Montréal. « Si rien n’est fait, d’ici environ 10 ans, il n’y aura plus aucun frêne en Amérique du Nord », estime Sylvain Ouellet, porte-parole de Projet Montréal en matière d’environnement et animateur de la rencontre.

Effets sur la santé humaine 

Il n’existe aucun traitement permanent pour le moment afin de contrer l’agrile du frêne. Le seul remède connu est un biopesticide, le TreeAzin, mais son coût est relativement élevé (aux alentours de 200 $) et ne dure que deux ans. De plus, ce pesticide ne doit être utilisé qu’en prévention sur les arbres encore sains, puisqu’il s’avère inefficace sur un arbre trop malade.

La seule solution est donc de couper les arbres infectés. Puisque cette espèce est souvent plantée en monoculture, couper les arbres signifie souvent de dénuder complètement un secteur de son couvert arboricole.

Conséquemment, la perte de ces arbres entraine l’augmentation des îlots de chaleur et une baisse de la qualité de l’air. « On observe une surmortalité humaine dans les secteurs où l’on retrouve l’agrile du frêne. Selon une étude publiée dans le American Journal of Preventive Medecine, on note 23,5 décès de plus par 100 000 adultes », fait valoir Sylvain Ouellet.

Ne plus perdre de temps et agir

La Ville de Montréal a un Plan de lutte à l’agrile avec sa stratégie nommée SLAM (Slow Ash Mortality/Ralentissement de la mortalité des frênes). Réal Ménard, maire de l’arrondissement et membre du comité exécutif responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts, a annoncé la décision de l’administration Coderre d’investir plus de 2 645 000 $ supplémentaires au Plan de lutte sur le territoire montréalais en avril dernier.

Malgré cela, ce budget est insuffisant selon Sylvain Ouellet : « Après la première année de détection de l’agrile du frêne chez l’arbre, le taux de mortalité est de 100 % après 15 ans. L’effet est exponentiel. Si on perd le contrôle, on risque de dépasser les capacités opérationnelles et financières de la Ville de Montréal. Dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, 45 % des ressources en horticulture sont déjà consacrées par la lutte à l’agrile du frêne ».

« Projet Montréal a déjà demandé un budget d’urgence à la ville-centre pour lutter efficacement contre l’agrile du frêne, mais cela a été refusé par l’administration Coderre. Le financement de la lutte à l’agrile du frêne doit pourtant devenir une priorité pour Montréal », précise Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve–Longue-Pointe.

« Ce soir (mercredi), nous nous sommes mobilisés. Nous irons parler à nos voisins de ce fléau qui guette nos frênes et nous serons présents au prochain conseil d’arrondissement. Nous invitons également tous nos concitoyens à signer la pétition interactive de Projet Montréal qui permet de voir sur une carte tous les frênes répertoriés et de faire pression sur l’administration Coderre », ajoute Suzie Miron, militante de l’association locale de Projet Montréal dans MHM.

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