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L’histoire des terres à Tétreaultville

Histoire
L'école Bernard, en 1911, rue Notre-Dame, angle Desmarteau. (photo: Coll. Robert Carrière)
L’école Bernard, en 1911, rue Notre-Dame, angle Desmarteau. (photo: Coll. Robert Carrière)

En 1910, la subdivision la plus importante de la région est sans contredit Tétreaultville, qui occupe l’emplacement de deux immenses fermes de 200 et de 140 arpents carrés, anciennement la propriété de MM. J. Archambault et F. Bernard. Ces derniers tenaient ces terres de leurs ancêtres établis dans la paroisse de la Longue-Pointe depuis plusieurs générations. Voici des extraits de textes publiés dans les médias de l’époque.

Dès la subdivision de ces terres en lots à bâtir, la demande prit rapidement des proportions extraordinaires. À tel point qu’en 1910, après six ou sept années seulement, il ne reste dans cette subdivision qu’un nombre infime de lots disponibles. Pour donner une idée de la plus-value phénoménale acquise en si peu de temps, il suffit de rappeler que ces propriétés vendues originairement $200 l’arpent carré valent aujourd’hui au bas mot une moyenne de $2000 l’arpent carré.

Tétreaultville possède aujourd’hui des avantages exceptionnels et a déjà tous les services publics. Des travaux d’égouts jusqu’à concurrence de 30 000$ ont été faits et d’autres sont sur le point d’être commencés.

Le service d’éclairage fourni par la compagnie Saraguay donne entière satisfaction. Dans le voisinage immédiat de Tétreaultville, allant toujours vers l’est, se trouvent d’autres subdivisions non moins bien partagées sous le rapport de l’absorption facile de leurs terrains. Ce sont d’abord le boulevard Bernard, propriété de M. Bernard, ex-maire de la Longue-Pointe, et de la Terrasse Bernard, dont M. Bernard est aussi le propriétaire.

Ces deux localités témoignent également d’un progrès étonnant pour le peu de temps qu’elles ont été subdivisées et leurs terrains offerts sur le marché.

Comme les autres sections rapprochées de la ville, cet endroit possède de grands avantages. Le tracé des rues est une chose accomplie. La pose des trottoirs et la construction avancent très rapidement. Cette saison promet d’entrevoir l’établissement d’un nouveau record de ce côté. Les progrès de cette section sont des plus remarquables si l’on tient compte de la courte durée de son existence. Ainsi, à la Terrasse Bernard, signalons entre autres la construction d’une école pour garçons et filles. C’est un élégant édifice de deux étages. Le rez-de-chaussée sert à l’accommodation des élèves tandis qu’au premier étage, chaque dimanche la messe y est célébrée par un desservant régulier.

Près de 150 familles assistent à ces offices religieux. Comme dans les autres bourgades de la partie est de l’île de Montréal, le prix de terrains a connu une hausse des plus rapides et a, en l’espace de quatre ou cinq ans, décuplé leur valeur originale. À mesure que la propriété se développe, cette hausse s’accentue davantage en bénéficiant des améliorations de toutes sortes qui s’y font sans interruption et sur une grande échelle.

De plus, la présence des nombreuses corporations qui ont choisi la partie est pour y construire leurs usines stimule grandement l’expansion de cette partie de l’île.

Pour n’en mentionner que quelques-unes : la Structural Steel Co, la Steel Compagny of Canada et la Lakefield Cement Co. Ces industries donnent un travail permanent à plusieurs milliers d’ouvriers.

Un grand nombre de ces derniers sont établis ou ont un pied à terre dans les sections avoisinantes, tout près de leurs usines, préférant l’air pur de la campagne à l’atmosphère insalubre des centres ouvriers congestionnés. En outre, des grands établissements déjà en opération plusieurs projets sont à l’étude visant à doter cette partie privilégiée de nouvelle entreprise industrielle. Le dernier pas dans cette direction a été fait tout dernièrement encore par la National Bridge Co. Cette compagnie est actuellement en pourparlers relativement à l’achat d’un emplacement pour la construction de nouvelles usines. D’après les derniers renseignements, il paraîtrait que ce choix s’arrêterait sur une grande étendue de terrains plus à l’est, entre Tétreaultville et l’extrémité est du nouveau quartier de la Longue-Pointe.

Les autres localités

Les autres subdivisions situées à l’est des propriétés Bernard, et désignées sous le nom de Terrasse Bilodeau, ainsi nommées d’après le nom de son propriétaire, et de Park King George, propriété de M. J. E Roy, sont les derniers du quartier de la Longue-Pointe et partie de la ville de Montréal elle-même.

Mis sur le marché depuis une couple d’années, les terrains de ces localités ne le cèdent en rien aux autres plus anciennes. On y constate également des progrès sensibles, tant sous le rapport de la demande pour les lots que pour ce qui concerne l’avancement à tous les points de vue.

Rue King George Park (Rue George V), Montréal-Est

Le « New Orchard », propriété de M. M Orsali, est une subdivision en dehors des limites actuelles de la Cité et fait partie de la paroisse de la Pointe-aux-Trembles. Séparés de New Orchard par les usines de la Lakefield Cement Co., qui possède à cet endroit des terrains couvrant une superficie de 400 arpents, se trouve le Parc River View et la terrasse Desormeaux. La première de ces deux subdivisions appartenait autrefois à M. Trefflé Bleau, l’ex-maire de Maisonneuve. Ces terrains, qui sont de subdivision récente, s’enlèvent rapidement et prennent aussi leur part du progrès général.

Vient ensuite la section la plus considérable du district, la ville de Montréal-Est. Cette municipalité érigée il y a peine un an, mérite une mention toute spéciale d’abord à cause de sa grande superficie et ensuite à cause des travaux qui y ont été réalisés ou mis à l’état de projet. Cette ville naissante, la plus jeune au Canada, est appelée à se développer d’une façon prodigieuse par ses avantages exceptionnels. Baignée d’un côté par le fleuve Saint-Laurent et de l’autre par les terres de Rivières-de s-Prairies.

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