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En primeur – Élections scolaires: Émilie Auclair veut revaloriser le milieu éducatif

Vie de quartier
Émilie Auclair veut revaloriser le rôle de commissaire scolaire. Elle était présente à la soirée d'échanges avec les industries du 12 juin. (photo: Stéphane Desjardins)
Émilie Auclair veut revaloriser le rôle de commissaire scolaire. Elle était présente à la soirée d’échanges avec les industries du 12 juin. (photo: Stéphane Desjardins)

Émilie Auclair sera candidate pour le MÉMO aux prochaines élections scolaires. Elle espère succéder à Catherine Harel-Bourdon, l’actuelle présidente de la CSDM.

Au prochain scrutin, qui aura lieu le 2 novembre, le poste de président sera désormais élu au suffrage universel. Un peu comme le maire de Montréal. Ce qui libère un siège au conseil, celui de Mme Harel-Bourdon, qui représentait Mercier Est et Ouest sous la bannière du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO). Émilie Auclair, l’actuelle directrice-adjointe de Solidarité Mercier-Est (SME), se présente donc avec la volonté de revaloriser la démocratie scolaire et le milieu éducatif.

« Je crois en la décentralisation et la régionalisation des décisions politiques. Ça s’applique aussi aux questions scolaires, dit-elle. Il faut réfléchir localement aux enjeux d’éducation. Pour que les milieux éducatifs soient davantage valorisés, il faut leur accorder plus de pouvoirs. C’est pour cela que je conteste les projets d’abolition des commissions scolaires. Au contraire, elles doivent avoir plus d’importance!»

Elle estime que la société québécoise n’a pas encore assez réfléchi sur cette question. «Avant de prendre une décision, on fait quoi? On laisse pourrir les dossiers? Les écoles ne peuvent être considérées comme des PME. Elles vivent grâce à l’implication des parents et de la communauté en général.»

La jeune candidate rappelle le rôle de commissaire scolaire: mobiliser la société et les milieux éducatifs autour des enjeux importants, répartir les ressources en fonction de ces priorités et de principes d’égalité sociale, veiller à la réussite scolaire des jeunes. Pour Mme Auclair, les commissaires scolaires font le lien entre le monde éducatif et la communauté. «Les commissions scolaires constituent souvent un dernier recours pour les parents qui ont un problème avec l’école, un professeur ou qui vivent une situation difficile. S’ils ne peuvent solliciter l’aide de leur commissaire scolaire, ils vont téléphoner au ministère et attendre des mois pour avoir une réponse?»

L’importance des enjeux locaux

Émilie Auclair croit fermement à la décentralisation. «Les besoins des populations locales diffèrent d’une région à l’autre. Les réalités ne sont pas les mêmes entre l’Est de Montréal et la Gaspésie. Et, dans Mercier-Est, le réseau public couvre un très large éventail de besoins. Outres les écoles régulières, on a deux écoles internationales publiques (au primaire et au secondaire), on a des services qui desservent les élèves avec des défis particuliers et la francisation. Et les enjeux sont énormes dans notre quartier. Avec l’afflux massifs de nouveaux élèves, il faut agrandir plusieurs écoles existantes et rouvrir des écoles qui ont été louées aux organismes communautaires. Ces derniers doivent se reloger à grands frais dans des locaux commerciaux, ce qui affecte leur santé financière et, en bout de ligne, les services offerts aux familles.»

La CSDM prévoit accueillir 1000 nouveaux enfants sur dix ans. Mercier-Est, avec le Faubourg Contrecoeur, connaît déjà un afflux de jeunes familles. Il faudra 30 nouvelles classes dans le quartier. Notamment aux écoles Saint-François d’Assise et Philippe Labarre. Et il faudra rouvrir l’école Le Caron. «Il faudra aussi améliorer le passage du primaire au secondaire pour améliorer la réussite scolaire, ajoute-t-elle. Il faudra faciliter la communication entre les écoles de ces deux niveaux.»

«Mais une de mes préoccupations principales, ce sont les saines habitudes de vie», lance Émilie Auclair. J’en fais une priorité de mon action politique. Et c’est particulièrement vrai dans l’Est de Montréal, où le taux d’obésité, de sédentarité et de maladies chroniques est particulièrement élevé. J’entends mousser l’organisation d’activités pour les jeunes.» La candidate cite en exemple des expériences comme Trottibus ou la borne Voltage, l’École et les arts. «C’est ce genre d’initiative qu’un commissaire scolaire peut mettre de l’avant.»

Sa première élection

À 28 ans, c’est la première fois qu’Émilie Auclair se porte candidate à un poste électif. «C’est toute une expérience du point de vue humain. Et pourtant, j’en ai organisé des campagnes électorales!» Elle s’implique au sein du Bloc Québécois et du Parti Québécois depuis ses études de baccalauréat en communication politique à l’Université de Montréal, où elle a rencontré son conjoint, avec qui elle a eu deux jeunes enfants, dont le plus vieux fait son entrée à l’école de la Vérendrye en septembre. «Quand j’ai appris que mon fils a été pigé, j’ai sauté au plafond!»

Émilie Auclair est une véritable dynamo du milieu communautaire. Elle habite le Faubourg Contrecoeur depuis 2010 et est arrivée à Montréal à 17 ans, pour des études collégiales en musique à Vincent d’Indy. «Je venais de Sainte-Cécile-de-Milton, près de Granby. L’arrivée dans la grande ville fut toute une expérience. J’ai obtenu mon DEC en piano classique et je vivais dans un 7 1/2 sur le plateau avec quatre étudiantes. C’était un feu roulant dans cet appartement. On a eu beaucoup de plaisir!» Elle est également coureuse de marathons. Ces temps-ci, elle s’entraîne vers cinq heures chaque matin. Elle adore la course. Certains diront exagérément, car elle a déjà couru un demi-marathon un mois et demie après un accouchement… «J’ai allaité mon fils juste après avoir franchi le fil d’arrivée!»

Comme l’ensemble du milieu scolaire, elle est très consciente que les prochaines élections scolaires pourraient être les dernières. Elle croit que l’élection à la présidence entraînera des débats et une certaine fébrilité autour des élections scolaires. «Le taux de participation jouait dans les 20% dans les années 1990. Il est de 4,5% aujourd’hui. Pourtant, on parle ici d’enjeux très locaux et de notre avenir: nos jeunes. Et la CSDM gère tout de même un budget de près d’un milliard de dollars. Elle compte 8000 enseignants et 112 000 élèves. C’est clair que le taux de participation doit monter.»

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