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Le blogue de Maka Kotto: poursuivre le combat du docteur Laurin

Culture, Élus
Faire la promotion et la défense du français, c'est faire honneur à la persévérance et au courage de tout un peuple. (photo: gouvernement du Québec)
Faire la promotion et la défense du français, c’est faire honneur à la persévérance et au courage de tout un peuple. (photo: gouvernement du Québec)

Le mardi 27 mai dernier, j’ai eu l’occasion de prononcer un discours à l’Assemblée nationale du Québec, en marge du discours d’ouverture du nouveau gouvernement québécois. Je le partage avec vous aujourd’hui.

Mes premiers mots seront pour remercier bien chaleureusement les électrices et les électeurs de la circonscription de Bourget qui, pour une quatrième fois consécutive depuis 2008, m’ont accordé leur confiance pour les représenter ici, au sein de notre parlement national.

Je veux leur dire que cet appui renouvelé m’inspire à poursuivre le travail de proximité établi avec toutes les familles, tous les jeunes et tous les aînés de la circonscription. Ils peuvent compter sur moi pour les accompagner et faire de Bourget un coin de pays où il fait bon vivre. Je serai à la hauteur de cette confiance qui s’est instaurée avec la grande famille de Bourget au cours des six dernières années.

Vous me permettrez également un mot sur ma famille politique afin de remercier tous les bénévoles qui ont travaillé sans relâche pour assurer, le 7 avril dernier, la victoire du Parti québécois dans Bourget, perpétuant en cela une longue tradition qui prend ses racines avec l’élection du Dr Camille Laurin en 1970 et, par la suite, avec celle de notre ancienne collègue Diane Lemieux. Ces quatre élections en l’espace de six ans m’ont démontré, hors de tout doute, le profond attachement des gens de Bourget aux valeurs et aux politiques véhiculées par notre formation politique.

Le souvenir du regretté Dr Laurin, le père de la Charte de la langue française, m’amène au bref passage que le nouveau premier ministre du Québec, dans son discours d’ouverture, a consacré à cette dimension fondamentale de notre peuple. Je cite le premier ministre : Nous serons vigilants quant à sa situation comme langue commune de l’espace public, comme signe visible de la vitalité de notre peuple et langue de travail. Fin de la citation.

Sans doute, mais cela nécessitera d’avantage que de la vigilance. Pour nous, il faudrait exercer une extrême vigilance, le débat entourant la fragilité de la langue française au Québec, et particulièrement à Montréal, ne montrant aucun signe d’essoufflement.

Et malgré les progrès réalisés depuis l’adoption de la Charte, voilà bientôt 40 ans, nous serions effectivement inconséquents d’évacuer cet enjeu qui s’impose comme clé de voûte de notre authenticité et de notre avenir en tant que peuple en Amérique!

La loi 101 a remonté le cours du fleuve tel que l’avait anticipé le Dr Laurin. La Charte de la langue française est aujourd’hui le plus important symbole de notre affirmation et comme il le disait lui-même, je cite : < nos enfants se rappelleront toujours ce moment de mutation et de cristallisation où notre peuple s’est à la fois retrouvé et transformé, où il a repris possession de sa langue et de son pays, où il a vibré collectivement à l’évocation d’un passé où il se racine et d’un avenir où il se projette>. Fin de la citation.

Aussi, depuis mon élection comme député de Bourget, il ne se passe pas une journée sans qu’une pensée empreinte d’admiration pour le combat du docteur Laurin ne m’effleure l’esprit.

En tant que membres de la grande famille québécoise, un impératif non négociable s’imposera toujours à nous : soit celui de projeter vers l’avenir la même détermination en matière d’affirmation et de promotion du français.

Cette détermination doit se manifester, entre autres, par un renouvellement de la Charte de la langue française, notamment par le renforcement du français comme langue de travail et l’intégration, dans la Charte québécoise des droits et libertés, du droit de vivre et de travailler en français, ainsi que celui pour les nouveaux arrivants de recevoir des services de francisation.

Lors du dépôt du projet de loi 14, en 2012, pour une refonte de la Charte de la langue française, nous proposions alors des nouvelles mesures pour renforcer l’emploi du français au travail, à l’école et dans les entreprises, en plus d’assurer une meilleure intégration des nouveaux arrivants.

En fait, nous devrions tous nous donner la responsabilité de faire la promotion et la défense du français. Ce serait non seulement faire honneur à la mémoire du Dr Laurin, mais aussi à la persévérance et au courage de tout un peuple.

En matière d’immigration, la francisation, nous le savons tous, est la clef de voûte d’une intégration réussie.

Nous sommes fiers que plusieurs dizaines de milliers de personnes décident chaque année de s’installer chez nous pour y vivre et y travailler. Il est de notre devoir de leur offrir les meilleures chances de réussite.

Le gouvernement de Pauline Marois avait mis en œuvre des mesures importantes pour faciliter la réussite de la francisation et de l’intégration en emploi des immigrants nouvellement arrivés. La Loi sur l’immigration au Québec déposée en février dernier voulait doter le Québec d’un système d’immigration moderne, axé sur leur francisation et leur insertion professionnelle.

Dans son discours d’ouverture, le premier ministre, à ce chapitre également, a été très bref. Nous l’invitons toutefois à tout mettre en œuvre, comme le précédent gouvernement, pour mieux accueillir les nouveaux Québécois et favoriser leur intégration sur tout le territoire québécois.

Car en matière d’intégration, deux visions diamétralement opposées s’offrent aux nouveaux arrivants qui débarquent au Québec : celle de l’ancien premier ministre Trudeau qui repose sur l’idéologie du multiculturalisme et sur le bilinguisme et celle qui, quant à elle, et que nous préconisons, est fondée sur l’interculturalisme, la prédominance du français et le partage de valeurs communes.

Nous ne le répèterons jamais assez, la prédominance du français est, au Québec, un facteur majeur d’intégration, la porte d’entrée de la culture québécoise, du travail et du dialogue interculturel.

Et, il y a les valeurs fondamentales que les nouveaux arrivants se doivent d’adopter, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, la séparation de la religion et de l’État, la recherche d’une meilleure justice sociale et la culture québécoise, partie intégrante de cette volonté d’affirmation de notre modernité et bien sûr, la primauté de la langue française comme langue commune et de convergence, en somme la mise en place d’une politique de citoyenneté fondée sur le vivre-ensemble…

La langue française fait partie de mon héritage culturel. J’ai choisi de m’exprimer en français et de défendre cette langue aujourd’hui fragile. Par ailleurs, dans une perspective strictement humaniste, je me dois de contribuer à la préservation de l’écologie linguistique.

Le Québec compte 2% de la population d’Amérique du Nord. Si des gens comme moi ne mettent pas l’épaule à la roue pour aider le Québec à assurer sa continuité historique, on assistera inévitablement à la déliquescence du fait français en Amérique. À Montréal, son usage régresse dangereusement. Et si nous baissons la garde, la conséquence sera simple : dans deux ou trois générations, les batailles amorcées par toutes celles et ceux qui nous ont précédés seront perdues…

Pour ma part, j’aime à croire que l’obstination d’un peuple est à l’origine du miracle historique qu’est le Québec français d’aujourd’hui. Parler français au Québec nous enracine clairement dans notre histoire.

Si l’anglais en Amérique est une langue de conquérant, le français est une langue d’insoumis…

Ça coule dans les veines des Québécoises et des Québécois,

ça fait un peuple rebelle,

on pourrait dire entêtés, obstinés, déterminés,

un peuple de moqueurs, de rieurs et de sourieurs,

ça fait un peuple de créateurs, d’imaginatifs,

de gens fiers

Ce sont ces traits de personnalité qui l’ont amené jusqu’à aujourd’hui

Ce sont ces traits de personnalité qui font que ceux comme moi, qui arrivent de l’étranger, en deviennent amoureux dès le premier instant.

Je nous invite donc à travailler ensemble pour défendre et promouvoir notre langue, le fondement même de notre identité.

Maka Kotto, député de Bourget

Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration

Porte –parole de l’opposition officielle responsable de la Charte de la langue française

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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