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Pavage, égouts, aqueduc: nous allons y goûter…

Environnement
Les rues, les conduites d'eau potable et d'égout de l'arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve sont dans un état pitoyable. Mais c'est légèrement mieux dans Mercier-Est. Extrait de la carte affichant l'état physique des chaussées pour Mercier-Est (Plan d'intervention des actifs), Service de géomatique, Ville de Montréal, 2010.
Les rues, les conduites d’eau potable et d’égout de l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve sont dans un état pitoyable. Mais c’est légèrement mieux dans Mercier-Est. Extrait de la carte affichant l’état physique des chaussées pour Mercier-Est (Plan d’intervention des actifs), Service de géomatique, Ville de Montréal, 2010.

Les rues, les conduites d’eau potable et d’égout de l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve sont dans un état pitoyable. Des travaux de plus de 200 millions nous guettent. Mais c’est légèrement mieux dans Mercier-Est.

La Ville de Montréal a adopté, début mai, un Plan d’intervention intégré. Cette analyse des infrastructures montréalaises, qui a coûté 50 millions de dollars (M$), indique qu’elles sont dans un piètre état (surtout les petites rues de quartier en ce qui a trait à la chaussée). Selon ce bilan, Mercier Hochelaga-Maisonneuve est un des pires arrondissements de Montréal. Et la situation de Mercier-Est n’est pas reluisante à plus d’un titre.

Le Plan d’intervention offre une vue d’ensemble de l’état des réseaux d’aqueduc, d’égout et de voirie du territoire montréalais. Il a pour objectif de servir à l’élaboration de stratégies d’intervention à grande échelle. En consultant cette étude, on constate que les infrastructures de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve sont dans une situation inquiétante.

Des rues mal chaussées

L’auscultation des rues de Montréal dans son ensemble indique que les chaussées « locales » (les rues résidentielles) sont en moyenne dans un pire état que les chaussées « artérielles » (les grands boulevards). C’est 29 % des chaussées locales qui sont classées dans les catégories « passable » à « très mauvaise ».

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve est le troisième arrondissement dont le pourcentage des chaussées critiques est le plus élevé. C’est plus de 8 % de nos rues résidentielles qui sont en mauvais état. Les rues résidentielles de Verdun sont les plus détériorées, suivies de celles de Lachine. Par contre, Saint-Léonard n’a aucune rue dont la chaussée est classée « critique ».

Selon le bilan de la Ville, 7,9 % des rues de Mercier Hochelaga-Maisonneuve sont en excellent état, 49,9 % sont classées « bon », 33,9 % sont classées « passable », 8,0 % sont classées « mauvais » et 0,3 % « critiques ». La rue Mercier, entre Pierre-de-Coubertin et Sainte-Claire, est le seul bout de rue dans cette catégorie. Plusieurs tronçons des rues Baldwin, Pierre-Tétreault et Lebrun tombent dans la catégorie « mauvais », comme plusieurs autres bouts de rues de Mercier-Est.

Sans surprise, les rues du Faubourg Contrecœur sont classées « excellent ». Mais quelques tronçons de rues du village Champlain, d’Honoré-Beaugrand (au nord de Sherbrooke), de Des Ormeaux (entre de Grosbois et Sherbrooke), de Pierre-Bernard (au sud de Sherbrooke) et quelques petits bouts de rues éparpillés sur le territoire méritent cette cote.

Par contre, les grandes artères telles que les rues Sherbrooke et Notre-Dame sont relativement en bon état, comme la majorité des grandes artères de Montréal. Néanmoins, le plan prévoit des travaux sur Sherbrooke (sur presque tout le territoire de Mercier-Est), Hochelaga (entre Beaugrand et Mercier, ainsi qu’entre Pierre-Tétreault et Marcelle-Ferron) et Notre-Dame (entre Beaugrand et Saint-Donat).

Les conduites d’eau

Les réseaux d’eau potable de la Ville sont à 74 % « excellents », seulement 4 % des réseaux sont jugés « mauvais » et 0,8 %, comme « très mauvais ». Ce sont les conduites d’eau du Plateau Mont-Royal qui sont dans la pire situation : plus de 9 % d’entre elles sont critiques.

À l’inverse, c’est un peu moins de 4 % des conduites de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve qui sont critiques. Selon la carte d’état du réseau d’aqueducs, les conduites ayant fait l’objet de bris entre 2002 et 2011 sont surtout situées sous les rues Curatteau et McVey, la rue French entre de Teck et Sherbrooke, et la rue Hochelaga, entre Aubry et Bilaudeau. Plusieurs tronçons de rue sont classés « mauvais », dont Saint-Donat et Honoré-Beaugrand.

Le portrait des réseaux d’égouts est moins reluisant que celui des réseaux d’eau potable. Seulement 62 % des égouts ont fait l’objet d’une inspection. Autrement dit, 1 657 km de conduites n’ont pas été inspectées à la grandeur de la métropole.

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve est parmi les meilleurs arrondissements à ce chapitre : un peu plus de 10 % de ses conduites d’égouts sont dans un état critique. Le pire est Outremont dont environ 45 % des conduites d’égouts sont critiques.

Selon la carte d’état des réseaux locaux d’égouts, les conduites sous les rues Sherbrooke (entre Lepailleur et Honoré-Beaugrand), Lebrun (juste au sud de Sherbrooke), Hochelaga (juste à l’est de Beaugrand, à l’ouest de Lapointe, entre Desmarteau et Paul-Pau et à l’est de Taillon) et la rue Pierre-Tétreault (entre Tellier et Notre-Dame) sont jugées « très mauvaises ». Les égouts sous plusieurs tronçons de rues, notamment Souligny, Sherbrooke, des Ormeaux et Paul-Pau, sont qualifiés de « mauvais » à « passable ». Mais, à l’autre bout de l’arrondissement, dans Hochelaga, la situation est bien pire.

Les cartes du plan d’intervention montréalais indiquent que la Ville a prévu des travaux majeurs pour les réseaux d’eau et d’égout, notamment sous les rues Sherbrooke, Hochelaga, Souligny, Notre-Dame et des Ormeaux.

Pour la chaussée, la carte des « interventions critiques de reconstruction des actifs » dans Mercier-Est se couvre de rouge…

Combien ça coûte?

Les réparations et le remplacement que nécessitent les infrastructures de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve sont évalués à 210 M$. C’est 9 % du coût total pour tous les arrondissements de la Ville.

Les coûts reliés à la voirie sont les plus chers : 28 M$ annuellement entre 2011 et 2015. L’arrondissement Ahuntsic-Cartierville se place au deuxième rang avec 27 M$ annuellement sur la même période.

Signalons que certains travaux ont déjà été réalisés avant que soit complétée l’étude de la Ville.

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