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Le futur centre de compostage ne fait pas l’unanimité

Environnement
Le terrain choisi appartient à la Ville et est situé dans une zone industrielle, à l'intersection des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste. (photo: Ville de Montréal)
Le terrain choisi appartient à la Ville et est situé dans une zone industrielle, à l’intersection des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste. (photo: Ville de Montréal)

Le Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E) est profondément déçu de la décision de la Ville de Montréal d’implanter un centre de traitement des matières organiques par compostage dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. 

Ce nouveau site vient remplacer celui du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM), tel qu’annoncé par le maire de Montréal, Denis Coderre, en compagnie du responsable de l’environnement au comité exécutif, Réal Ménard, et de la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, lors d’une conférence de presse plus tôt cette semaine (9 juillet). 

En effet, l’administration Coderre s’était engagée à ne pas implanter un centre de compostage au CESM lors de la dernière campagne électorale. « Nous avons procédé avec rigueur à un recensement exhaustif des sites potentiels. Celui qui a été retenu répond le mieux aux nombreux critères à prendre en considération dans l’implantation de ce type d’infrastructure en milieu urbain, dans une perspective de développement durable », a déclaré le maire de Montréal.

Tout en souscrivant au projet d’implantation d’usines de biométhanisation et de compostage des matières organiques sur l’île de Montréal, le Collectif en environnement Mercier-Est déplore que le principe d’équité territoriale soit encore une fois bafoué au détriment des résidants de l’Est qui verront s’installer sur leur territoire trois des cinq infrastructures projetées. « L’est de Montréal accueille déjà la plus grosse part des installations de traitement des matières résiduelles. Ce centre de compostage est de trop. Considère-t-on l’Est comme une vaste poubelle? », s’est questionné Jean Lapointe, président du CEM-E.

Une crainte devenue réalité

Les élus de Projet Montréal ont dénoncé le choix du site dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles peu de temps après l’annonce de la Ville en s’appuyant principalement sur le principe de non-respect de l’équité territoriale, comme recommandé par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

« Les citoyens qui avaient accepté la construction de quatre centres de compostage sur la base du respect du principe d’équité territoriale se trouvent aujourd’hui floués, en particulier ceux de l’est de Montréal et de Saint-Michel », a mentionné Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, tout en rappelant qu’Anie Samson, Réal Ménard et Chantal Rouleau, auparavant membres de Vision Montréal, avaient pourtant endossé le principe de l’équité territoriale lors du dépôt d’un mémoire du parti aux consultations de l’OCPM, en octobre 2011, puis d’une motion au conseil municipal, en décembre 2011.

« Lors des consultations publiques, plusieurs citoyens avaient exprimé la crainte de se retrouver avec deux centres dans l’Est. Cette crainte se trouve aujourd’hui justifiée. Est-ce que l’est de Montréal est voué à se développer uniquement autour d’industries de traitement des matières résiduelles? Où est Réal Ménard pour défendre les intérêts de la population? » a ajouté Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe. 

Passer outre l’équité territoriale

Sachant très bien que le lieu déplait à certains, la Chambre de commerce de l’est de Montréal (CCEM) ne veut cependant pas s’arrêter à l’enjeu de l’équité territoriale et préfère plutôt voir les avantages à accueillir un tel site dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. « En plus de créer bon nombre d’emplois, ce projet permettra de traiter plus de 60 000 tonnes de matières organiques par année. De plus, les installations se situeront dans un secteur industriel, en marge de toute zone résidentielle », peut-on lire dans le communiqué publié par la CCEM.

« L’arrivée du nouveau site de compostage aura une influence positive sur la responsabilité sociale des entreprises, en plus d’emboîter le pas quant aux différents projets d’écologie verte et de réhabilitation des sols », fait valoir Isabelle Foisy, directrice générale de la CCEM, persuadée que la conscience environnementale derrière ce projet aura un effet d’entraînement sur les entreprises du territoire.

Caractéristiques du futur site de compostage dans l’est

Voici quelques-uns des arguments mis de l’avant par la Ville de Montréal afin de justifier le choix du site:

  • Localisation à 1,5 km des résidences (norme recommandée : 500 m) et est situé dans un secteur industriel;
  • Proximité des grandes artères et autoroutes, limite les impacts sur la circulation locale;
  • Appartient à la Ville, n’exige pas des travaux importants de décontamination;
  • A reçu un avis préliminaire favorable du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques;
  • S’intègre dans le cadre de la modernisation des espaces industriels, tel que proposée dans la Stratégie de développement économique de l’Est 2011-2017.

Le choix du site du centre de compostage fera l’objet d’une consultation publique sous l’égide de l’OCPM à l’automne 2014, à laquelle les citoyens, organismes et entreprises seront conviés. Le CEM-E a déjà annoncé son intention de participer à la consultation.

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