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De qui Pierre Tétreault a acheté les terres qui sont devenues Tétreaultville?

Histoire
1819: Extrait de la Donation de Jacques Archambault à ses fils Louis et Jacques de terres qui deviendront le village de Tétreaultville (coll. Robert Carrière: (Archives Nationales du Québec (BANQ - CN601,S68) Jean Marie Cadieux notaire).
1819: Extrait de la Donation de Jacques Archambault à ses fils Louis et Jacques de terres qui deviendront le village de Tétreaultville (coll. Robert Carrière: (Archives Nationales du Québec (BANQ – CN601,S68) Jean Marie Cadieux notaire).

À qui appartenaient les terres que Pierre Tétreault a acquises en 1896 pour développer Tétreaultville?  Elles ont appartenu à la Famille Archambault depuis 1760. J’ai déniché une donation de 1819 écrite par un notaire, que j’ai recopiée mot à mot.

Donation de Jacques Archambeault 1819 : Terres de la Longue-Pointe, lots No : 399 et 400. Ces lots correspondent aux rues Pierre Tétreault, Desormeaux, Mousseau et Joffre. Cette donation par Jacques Archambeault en 1819 fut faite à ses fils Jacques et Louis Archambeault. Les commentaires explicatifs insérés dans le texte sont en italique

6 avril 1819

Donation, par Jacques Archambault et son épouse Marie Thérèse Archambault, des terres à la Longue-Pointe, Lots-399 et 400.

Le 6 avril 1819 Jacques Archambault, cultivateur, propriétaire de plusieurs terres à la Longue-Pointe et à Saint-Léonard-de-Port Maurice, fit don de celles-ci à ses fils Jacques et Louis Archambault. Jacques Archambault père était né à la Longue-Pointe en 1760 et son père Laurent Archambault était déjà établi à la Longue-Pointe depuis 1688. Voici un résumé.

À son fils Jacques :

1- Un lopin de terre situé en la paroisse de la Longue-Pointe de la contenance de un arpent de front sur quarante-six arpents de profondeur (lot 399, rues Pierre-Tétreault et Desormeaux), prenant par devant au fleuve Saint-Laurent*, par derrière aux terres de la côte Saint-Léonard, tenant d’un côté au sud ouest au dit Louis Chevalier et de l’autre côté au nord-est à la terre de Louis Archambault son frère, sans aucun bâtiment dessus construit.

2- La moitié d’une terre située en la côte Saint-Léonard en la paroisse de la Longue-Pointe de la contenance d’un demi-arpent de front sur dix-huit arpents à vingt plus ou moins de profondeur. Prenant par devant à la terre de Joseph Delfoy (lot 437, voir plan), par derrière aux terres de la Rivière-des-Prairies, tenant d’un côté au sud-ouest à Casimir Gervais et de l’autre côté au nord-est à l’autre moitié de ladite terre donnée à Louis Archambeault son frère, avec droit pour moitié indivise dans la grange construite sur ladite terre et le droit aussi d’y communiquer au besoin.

3- De la moitié d’une autre terre située en la même côte Saint-Léonard de la contenance de la moitié de trois quarts d’arpents de front sur dix-huit arpents de profondeur, prenant par devant au dit Tessier dit Lavigne, et par derrière aux terres du Sault-aux-Récollets, tenant d’un côté au sud-ouest à Louis Léonard, et de l’autre côté au nord-est à l’autre moitié de ladite terre donnée à Louis Archambeault, sans bâtiment dessus construit étant en bois debout.

Note* : « L’est » signifie le côté du fleuve Saint-Laurent, le sud-ouest, vers Montréal; le nord-ouest, vers Saint-Léonard-de-Port-Maurice et le nord, vers Pointe-aux-Trembles selon les points cardinaux.

À Louis Archambeault, son autre fils :

1- Une terre sise et située en la paroisse de la Longue-Pointe de la contenance de trois arpents de front sur quarante-six arpents de profondeur, prenant par devant au fleuve Saint-Laurent (lot 400, rues Mousseau et Joffre), par derrière aux terres de la côte Saint-Léonard, tenant d’un côté au sud-ouest au lopin de terre ci-dessus donnée au dit Jacques Archambeault fils, et de l’autre côté au nord-est au chemin de ligne, qui communique de la Longue-Pointe à Saint-Léonard, lequel chemin Montée Saint-Léonard (échangeur près des Galeries D’Anjou) aujourd’hui pour partie se trouve compris dans le front de la susdite terre, sur lequel terre sont construites une maison en pierre, deux granges, d’une étable, une écurie et une laiterie en bois.

2- La moitié d’une terre situé en la côte Saint-Léonard, de la contenance de la moitié d’un demi-arpent de front sur dix-huit arpents de profondeur, prenant par devant à Joseph Delfoy, par derrière aux terres de la Rivière-des-Prairies, tenant d’un côté au sud-ouest à l’autre moitié de la terre ci-dessus donnée au dit Jacques Archambeault son frère, et de l’autre côté au nord-est à Antoine Pigeon fils (lot 438), avec droit pour moitié indivise dans la grange construite sur ladite terre et le droit d’y communiquer au besoin.

3- La moitié d’une autre terre située en la côte Saint-Léonard même paroisse, de la contenance la moitié de trois quarts d’arpents de front sur dix-huit arpents de profondeur, prenant par devant au nommé Tessier dit Lavigne, par derrière aux terres du Sault aux Récollets, tenant d’un côté au sud-ouest à l’autre moitié de la terre donnée à son frère Jacques Archambeault et de l’autre côté au nord-est à Joseph Beaudreau dit Graveline fils, sans aucun bâtiment dessus construit étant en bois debout.

4- En plus, quatre jeunes bœufs, d’une vache, une taure, six moutons, trois chevaux de différents âges, une douzaine de poules, deux cochons de l’année, une charrue garnie de ses ferments, rouelles et autres agrès, une grande charrette avec ses roues, une carriole, une herse, deux harnois complets, un poêle de fer avec son tuyau, une paire de chenets**, deux sceaux ferrés, une marmite, un canard de fonte, une poêle à frire, une table, une robe de bœuf, une taine et un lit garni excepté le tour de lit.

Note* : Chenets : Chacun des deux supports métalliques placés dans un foyer pour recevoir les bûches.

En retour ce que Louis et Jacques Archambeault fils devaient rendre à leur père et mère, leur vie durant.

De Jacques :

Le droit de passer et de repasser chaque fois qu’ils le désirent sur les terres ci-dessus données, de prendre sur une ou l’autre des terres, tous les bois qu’ils voudront choisir pour leur utilité pour construire bâtiments, faire des clôtures, chauffage aussi la jouissance d’en vendre ou dans trafiquer. Se réservent aussi le verger qui se trouve sur le lopin de terre donnée à Jacques son fils, la maison de pierres ou ils demeurent actuellement avec son jardin derrière celle-ci. Il se réserve aussi le grenier de l’étable côté sud, qui devra être entretenue, ainsi que l’écurie en bois de pièces sur pièces qui se trouve sur la terre donnée à Louis. Le droit de mettre dans l’étable 2 vaches et une taure, qui seront nourries, logées et soignées par ses fils Jacques et Louis, aussi le droit de faire pacager d’autres animaux qu’ils auront pendant deux ans, qu’ils devront leur fournir les fourrages pour nourrir les animaux. Le droit de se servir de la laiterie et du puits pour prendre de l’eau leur vie durant. Jacques son fils devra donner 15 minots de blé, froment sec, net loyal et marchand et converti en farine et livré dans leur grenier en janvier de chaque année. Six minots de pois livrable à la fête de Saint-Michel, 20 minots de bonne avoine livrable moitié à la Saint-Michel et l’autre moitié en janvier, douze douzaines d’œufs livrables au besoin, une douzaine de poulets à choisir livrable le 29 septembre, douze livres de bon savon, 30 livres de sucre d’érable livrable en mai, cinq veltes* de bon Rhum livrable deux veltes à la Saint-Michel et trois veltes en janvier, un quartier de beau et bon bœuf frais pesant au moins 60 livres, douze livres de beurre salé, cent cinquante francs en argent payable en mars, deux livres de bon thé, un minot de sel, quatre cents bottes de bons foins, du mille fait en bonne saison livrable dans le grenier à foin, dix cordes de bois hêtre et hérable** mêlés livrables à leur porte chaque année d’avance et le scié en bois de poêle et le cordé dans leur cour. Un cochon pesant au moins 200 livres avec les pannes*** qui aurait été élevé et engraissé par Jacques fils livrables huit jours avant Noël. La moitié des gages de leur fille servante**** payable de six mois en six mois, de remplacer à frais commun avec son frère Louis le cheval à chaque fois que requis soit par vieillesse, infirmité ou mort et de fournir une vache à lait chaque année depuis le premier de mai à l’étable. Aussi quittance à Jacques pour 5000 livres anciens cours.

De Louis :

La somme de 5000 livres dits anciens courts payable comme suit : à Laurent Archambeault son frère, deux mille livres dits ancien cours au cours de janvier prochain, seize cents livres dits cours aux donateurs en quatre ans et six cents livres restants à Marie Louise Archambeault sa sœur à son âge de majorité. Les donataires Jacques et Louis Archambeault devront labourer une terre non donnée ci-dessus et venant de Antoine Jannot dit Lachapelle, pour y ensemencer 12 minots de blé chaque printemps. Louis ledit donataire devra donner 40 minots de blé sec et net converti en farine et livrable dans le grenier, moitié le 29 septembre et moitié en janvier suivant, huit minots de bon pois livrable à la Saint-Michel, trente minots d’avoine, moitié à la Saint-Michel***** l’autre en janvier, un cochon gras avec les pannes pesant au moins 200 livres et qui aura été élevé et engraissé par le donataire livrable avant Noël, quinze poulets livrables au besoin, 15 livres de bonne chandelle livrable à la Saint-Michel, 15 livres de bon savon, 35 livres de beau sucre d’érable livrable en mai, six veltes de bon rhum, trois livrables à Noël et les trois autres livrables les jours gras suivants, un quartier de bon bœuf frais pesant au moins quatre-vingts livres, quartier de derrière, livrable à Noël, quinze livres de bon beurre salé, moitié livrable à la Saint-Michel et l’autre moitié en janvier, trois livres de bon thé vert, un minot de sel, quinze cordes de bois moitié érable moitié hêtre, livrable à leur porte chaque année d’avance, et scié et cordé dans la cour et si la quantité n’est pas suffisante, la moitié des gages de leur fille servante payable de six mois en six mois, de remplacer a frais communs le cheval lorsqu’il manquera par mort ou vieillesse, etc., etc. le tout sera donné durant le reste de leur vie.

Jacques père, Jacques fils, Louis, Thérèse Archambeault ont signé d’un X; seul Laurent et Catherine Archambeault ont signé de leur nom.

Notes :

*Velte : Ancienne mesure de capacité équivalait à environ 7,5 litres

**Hérable : érable

***Panne : Graisse produite par deux amas graisseux qui englobent les rognons de porc.

****Leur propre fille Marie-Louise

*****Fête de la Saint-Michel, 29 septembre.

Voilà en gros cette donation de 19 pages qui concerne les lots 399 et 400 de la Longue-Pointe vendus à Pierre Tétreault en 1896, qui deviendront le village de Tétreaultville et la paroisse Sainte-Claire.

Deux documents (l’un de 1828 et l’autre de 1834), mentionnent qu’à la Longue-Pointe, il y avait une distillerie du nom de Distillerie Du Ruisseau, le long du fleuve Saint-Laurent et que M. Handyside, propriétaire de celle-ci, demeurait le long du Chemin du Roi à la Longue-Pointe. J’en ai inclus un document dans Mon histoire mes trouvailles du quartier.

Dans la donation de Jacques Archambeault de l’an 1819, il est mentionné que ses deux fils devaient lui donner 10 veltes de Rhum tous les ans durant le reste de sa vie. Une velte représentant 7,5 litres, ses fils Jacques et Louis devaient donc donner à leur père 71 litres de bon Rhum par année.

Dans un des deux documents dont j’ai parlé précédemment, il est spécifié qu’une distillerie est importante pour le commerce d’un pays, car elle permet d’utiliser les récoltes de grains impropres à la consommation et à l’exportation. Les distilleries achètent ceux-ci pour en faire du Rhum, Whisky, Brandy, Gin et autres liqueurs de toutes espèces. Cette distillerie a été plus tard vendue à la famille Molson.

 

 

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