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Le projet CÉRES: un Sésame 2.0

Santé
« Installer un marché public dans le parc de la promenade Bellerive? Pourquoi pas! » se dit Stéphane Tremblay, directeur général du Sésame et instigateur du projet CÉRES.
« Installer un marché public dans le parc de la promenade Bellerive? Pourquoi pas! » se dit Stéphane Tremblay, directeur général du Sésame et instigateur du projet CÉRES.

Que diriez-vous d’avoir un café-bistro dans le quartier qui servirait à la fois de comptoir alimentaire? C’est ce que souhaite développer Stéphane Tremblay, directeur du Sésame, un organisme communautaire de sécurité et d’éducation alimentaires dans Mercier-Est, avec le projet CÉRES.

L’idée de base du Sésame lors de sa création en 2001 était d’offrir des services de proximité aux gens du secteur. « Lors du Forum réalisé en 2000 par Solidarité Mercier-Est, nous avions convenu que le quartier avait besoin d’un service de dépannage alimentaire. Notre mandat de départ était de rapatrier les services déjà offerts puis les uniformiser d’un quartier à l’autre », explique Stéphane Tremblay. Le Sésame a donc installé ses bureaux au 8628, rue Hochelaga, puis différents points de services ont poussé ici et là dans les quartiers de Mercier-Est.

« Le problème, c’est que les gens identifient le Sésame d’après le seul service offert près de chez eux. Certains quartiers s’en tirent mieux que d’autres », fait valoir le directeur de l’organisme. « Pourtant, le Sésame, ce sont des cuisines collectives, une popote roulante, une cafétéria scolaire, des comptoirs alimentaires et des paniers de fruits et légumes frais. Au bénéfice de tous, on gagnerait à centraliser ces services. De là, le projet CÉRES », ajoute-t-il.

Schéma résumant l'ensemble du projet CÉRES du Sésame. (image: courtoisie)

Schéma résumant l’ensemble du projet CÉRES du Sésame. (image: courtoisie)

Un projet pour la collectivité

L’inspiration pour le projet CÉRES, sorte de « Sésame 2.0 », vient des Community Food Centres que l’on retrouve ailleurs au Canada. « Ces centres demeurent marginaux pour le moment, mais j’imagine bien ce genre de modèle être transposé ici, où il est possible d’organiser des fêtes alimentaires, de profiter de l’agriculture urbaine dans le quartier et d’assurer la préparation de repas sain et économique pour les gens de la communauté », raconte Stéphane Tremblay.

De son propre aveu, Stéphane Tremblay dit que son projet en est un ambitieux. Les Community Food Centres sont financés à coup de millions par le secteur public et privé selon l’entrepreneur social. Cependant, il ne part pas de zéro non plus.

« Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur fait déjà de l’agriculture urbaine, on peut donc créer des liens entre les deux organismes. Même qu’à long terme, il est essentiel de greffer les choses qui existent déjà pour les pérenniser, car les revenus publics ne sont pas toujours là quand nous en avons besoin », justifie M. Tremblay.

Trouver le financement

Grâce au Programme de soutien aux initiatives locales de la Direction de la santé publique, le projet CÉRES bénéficie d’un financement de 45 000 $ annuellement pendant cinq ans afin de soutenir le salaire d’une agente de développement, Catalina Bonilla. La Ville de Montréal (via l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve), Solidarité Mercier-Est et le CSSS de la Pointe-de-L’Île soutiennent tous le projet.

« Nous avons presque terminé notre étude de faisabilité. Nous écrivons notre plan d’affaires. Je sais déjà que notre seuil minimal de rentabilité est atteignable », affirme Stéphane Tremblay.

Le projet CÉRES avait également été déposé afin d’obtenir du financement provenant de l’enveloppe spéciale de 416 000 $ attribué par la ville centre dans chaque RUI dans le cadre de la Stratégie Imaginer-Réaliser Montréal 2025. Malheureusement, après avoir été sélectionné une première fois comme projet porteur pour la communauté, Stéphane Tremblay apprend que son idée ne peut plus être retenue, après que des précisions aient été apportées concernant les paramètres d’admissibilité (voir autre texte).

« Des initiatives semblables sont financées par la RUI dans d’autres secteurs. Ça aurait été une belle occasion, selon moi, de porter ce projet collectif dans notre communauté. Bien sûr, nous sommes déçus, mais c’est fini, on passe à autre chose », assure Stéphane Tremblay qui compte bien mener à terme le projet CÉRES, envers et contre tous.

Une lettre d’appui pour le projet circule d’ailleurs dans le quartier. Il est possible de la signer dans les locaux du Sésame.

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