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Hold-up : deux policiers abattus par trois bandits

Histoire
Les complices du célèbre hold-up de la Longue-Pointe de septembre 1948. (La Patrie 1948 - BANQ - Coll. Robert Carrière)
Les complices du célèbre hold-up de la Longue-Pointe de septembre 1948. (La Patrie 1948 – BANQ – Coll. Robert Carrière)

L’affaire a fait beaucoup de bruit dans tout le pays. Un hold-up tourne au tragique, le 24 septembre 1948. Et ça se passe dans la Longue-Pointe, angle Notre-Dame et Saint-Just. Les constables Nelson Paquin et Paul-Émile Duranleau sont tués au cours d’un vol armés. Un des «apaches», les malfaiteurs qui ont fait le coup, est capturé. J’ai recopié de longs extraits du journal La Patrie de l’époque que j’ai retrouvés aux Archives nationales du Québec. Premier texte d’une série publiée ces prochaine semaines.

Hold-up angle des rues Notre-Dame et Saint-Just à Longue-Pointe.

«Donnez-moi mon képi et mon révolver». Telles furent les dernières paroles prononcées par le constable (no : 1259) Nelson Paquin, de la circulation municipale, mortellement blessé et atteint de cinq balles, dont l’une au cœur, avant qu’il ne s’affaisse inconscient sur le trottoir.

Le constable Paquin, de même que son compagnon de travail, l’agent Paul-Émile Duranleau, venait d’être blessé à mort par deux bandits armés qu’ils surprirent comme ils venaient de commettre un attentat à main armée à la Banque Canadienne Nationale du 7785 Est, rue Notre-Dame, à Longue-Pointe, peu après deux heures hier après-midi.

Neuf balles

Le constable Paquin fut atteint de cinq balles et son compagnon l’agent Duranleau, qui fut tué sur le coup, le fut de quatre balles, dont l’une au cœur. L’agent Paquin, après avoir demandé son képi et son révolver qui étaient tombés à ses cotés, fut transporté en toute hâte à l’hôpital Notre-Dame, mais la mort fut rapide et il avait expiré à son arrivée sur les lieux.

Un des apaches a été capturé quelques minutes après le drame, mais son compagnon parvint à prendre la fuite, de même qu’un troisième qui attendait ses deux compagnons au volant d’une puissante Cadillac et qui prit la fuite dès qu’il vit arriver les policiers sans attendre davantage.

Piéton blessé

Un citoyen qui passait en auto lors de la fusillade, l’une des pires encore vues à Montréal depuis plus de vingt ans, M. Charles Audet, 25 ans, domicilié au 4200, avenue Des Érables, fut atteint au cuir chevelu par une balle qui ricocha dans la rue avant de l’atteindre. Il se rendit a l’hôpital St-Luc ou on le pensa et il retourna chez lui.

Pas moins de trente coups de feu furent tirés par les deux policiers et les apaches au cours de la fusillade qui ne dura que quelques minutes, alors que les bandits tentaient de sortir de la banque ou ils venaient de surprendre le gérant et cinq employés et de s’emparer d’une somme de plus de 2000$.

Feu nourri

Ce fut par miracle qu’aucun des nombreux spectateurs et témoins oculaires de la fusillade ne fut atteint par des balles qui pleuvaient dans toutes les directions.

Les deux bandits que la police recherche avec ardeur depuis le drame sont d’anciens bagnards et ont tous deux de longs dossiers criminels. Ce sont Donald Perreault 23 ans et Douglas Perreault 29 ans. Bien qu’ils portent le même nom de famille, ils ne sont pas parents.

Sous cautionnement

Tous deux ont récemment été entre les mains de la police. Donald fut arrêté, il y a quelques mois, pour un vol de 18 000$ en argent à Mont-Roland et, chose que la police ressent amèrement aujourd’hui par suite de la mort de deux braves policiers, il était en liberté sous cautionnement lors de l’attentat. En février dernier, Douglas fut trouvé coupable de vol.

Le troisième des bandits, un de ceux qui était dans la banque, Noël Cloutier, 24 ans, sans domicile connu, fut cerné peu après le drame, dans une ruelle entre les rues Aird et Sicard, après que la police lui et donné la chasse alors qu’il filait à une vitesse de 80 milles à l’heure dans une automobile qu’il vola et dont il força les occupants à descendre dans la rue. Fait étrange, cette automobile appartient au Dr. Wilfrid Perreault, du 4103, rue Delorimier.

Chasse à l’homme

Cloutier fut pourchassé sur plusieurs rues par les agents (no : 1321) Jean-Paul Dupont et (no : 1379) Albert Tremblay de la radio-police à qui vinrent l’honneur de la capture. Abandonnant son auto, de même que celui qui l’accompagnait Cloutier fut cerné dans la ruelle pendant que l’autre bandit entrait dans une maison d’où il parvenait à prendre la fuite. Il est encore au large.

Cloutier qui avait été si féroce quelques minutes auparavant, se rendit comme un mouton quand il se vit cerné. Il fut immédiatement conduit dans les cellules de la Sûreté où, quelques minutes plus tard, il se promenait de long en large comme un loup pris au piège.

Des menaces

Là, sa morgue de bandit le reprit et alors qu’un policier approchait de sa cellule afin de lui parler, il se tourna subitement et dit, la haine dans sa voix : «Viens ici et je vais te faire ton affaire à toi aussi».

Le policier lui répondit tout simplement : «Tu en as assez de ce qui t’attend». Pâlissant, à la réalisation de ces paroles prophétiques, Cloutier se tourna et se retira pour quelques minutes dans le fond de sa cellule. Il revint plus tard à la porte grillée, mais n’ouvrit plus la bouche, se contentant de jeter des regards courroucés à ceux qui le regardaient à travers le grillage. À chaque fois qu’il revenait, il saisissait les barreaux de la porte, regardait tout le monde et retournait ensuite dans le fond de sa cellule.

Tirés alors qu’à terre

Ce qui est plus horrible dans toute cette tragédie, c’est que les deux bandits, surpris dans la banque, après avoir mortellement atteint les agents Paquin et Duranleau, et alors que ceux-ci gisaient sur le trottoir, s’approchèrent de leurs victimes qui perdaient leur sang et, se penchant sur elles, tirèrent deux ou trois autres balles à bout portant. Les deux héros venaient de tomber, victimes du devoir et maintenant la belle tradition de la police de Montréal qui ne recule jamais devant le danger.

Cinq balles

Cinq balles, toutes tirés par des revolvers automatiques de fort calibre, (la police a depuis retrouvé les armes) ont atteint l’agent Paquin, a déclaré l’inspecteur Ernest Francoeur, de la Sûreté municipale, qui agit comme directeur de la Sûreté, en l’absence du directeur adjoint Wilfrid Bourdon. M. Francoeur dit que quatre balles atteignirent l’agent Duranleau.

L’attentat dans la banque

Peu après 2h10, hier après-midi une Cadillac, contenant trois hommes, arrêta en face de la Banque Canadienne Nationale, au 7785, rue Notre-Dame-Est. Le chauffeur resta au volant et laissa fonctionner le moteur du véhicule. Ses deux compagnons descendirent de l’auto et, juste avant d’entrer dans la banque, ils se placèrent des mouchoirs sur le visage. L’un deux portait également des verres fumés. Ils entrèrent dans la banque.

Brave jeune homme

Un adolescent, Pierre Lefebvre, 17 ans, domicilié au 1140, rue Saint-Just, qui était dans le restaurant Ritchot, en face de la banque, vit le manège, et courageux, sortit vivement du restaurant. Il se rendit au risque de sa vie, près de l’auto dont il prit le numéro de plaque 75-373. Il partit ensuite à la course et voyant une voiture de la circulation municipale qui venait, arrêta les agents et leur raconta ce qu’il avait vu.

Les deux victimes

Il s’agissait des agents Duranleau et Paquin, qui patrouillaient dans cette partie de la ville. Tous deux devaient, quelques minutes plus tard, tomber sous les balles meurtrières des bandits, victimes de leur dévouement et de leur bravoure.

Dans la banque

Pendant que le jeune Lefebvre prévenait la police, les deux apaches étaient entrés dans la banque ou ils surprirent le gérant, M. L-T Cadieux et cinq employés. Ils entrèrent dans la caisse et empilèrent des billets de banque dans leurs goussets. Ils prirent aussi une somme d’environ 2000$. La grande partie de cet argent, soit 1200$, fut plus tard retrouvée dans les goussets de Cloutier lors de son arrestation.

Rapidité foudroyante

Les agents Duranleau et Paquin arrivèrent pendant ce temps à la banque et là les événements se déroulèrent avec rapidité foudroyante. Les policiers sautèrent de leur voiture à peine arrêtée et, sortant leur révolver, se dirigèrent vers la porte de la banque. Juste à ce moment les deux apaches venaient de terminer leur vol et allaient sortir de la banque. Un d’eux vit les policiers qui se dirigeaient vers la banque.

À travers la porte

Sans attendre et sans avertissement, les policiers n’ayant même eu le temps de le voir, le bandit, qui avait son revolver à la main, fit feu à travers la porte à plusieurs reprises.

D’après plusieurs témoins, dont le jeune Lefebvre, l’agent Paquin fut alors atteint à la cuisse d’une balle. Il tomba à genou, mais ne céda pas devant les bandits, bien décidé à combattre jusqu’au bout.

L’agent Duranleau, qui se tenait à l’arrière du constable Paquin, fut alors averti par un de ses cousins M. C-E Gariepy, qui était sur les lieux, de surveiller la porte de côté de la banque par ou les bandits pourraient s’enfuir. C’est d’ailleurs ce que tenta de faire l’un d’eux.

L’apache tira un coup de feu à travers cette porte puis l’ouvrit et fit feu dans la direction des deux policiers qui étaient encore à l’avant de la banque. Ce bandit était vêtu de brun et nu-tête. Il avait un foulard dans le cou et tenait un paquet d’argent dans les mains. Après être sorti, il découvre qui l’auto qui les attendait était partie, le troisième complice ayant pris la fuite à l’arrivée des agents.

La fusillade entre les bandits et les policiers se poursuivit alors dans la rue, les deux apaches étant sortis, l’un par en avant l’autre par le côté. L’agent Duranleau est atteint mortellement et s’affaisse. Un des apaches s’approche de lui et, froidement, se penchant sur sa victime, lui tire plusieurs coup dans le corps.

Le constable Paquin, bien qu’atteint à deux reprise, continue de résister et de combattre. Il est finalement atteint d’une troisième balle, qui le fait tomber et l’autre apache approche à son tour et tire deux autres balles dans le corps du policier.

Les deux apaches prirent alors la fuite à pied, mais peu après ils virent une auto qui était arrêtée à une intersection. Toujours armés ils approchèrent de l’auto dans laquelle étaient le Dr. W. Perreault, sa femme et son jeune fils. À la pointe de leurs armes ils firent descendre les occupants et partirent.

La chasse

Les constables Jean-Paul Dupont net Albert Tremblay, de la radio police, qui avaient été appelés sur les lieux, leur donnèrent la chasse pour finalement capturer Cloutier dans une ruelle.

Les victimes

Les deux victimes de ce drame étaient des pères de famille. L’agent Duranleau était devenu père il y a à peine quatre jours. L’agent Paquin était père de trois enfants. L’épouse du constable Duranleau, encore au lit, fut avertie de la mort de son mari par le curé de sa paroisse qui se rendit chez-elle en compagnie d’un capitaine de police. L’agent Duranleau appartenait à une famille de policiers; son frère est actuellement attaché au poste no 1 et son père, le sergent Marcel Duranleau, est à sa retraite depuis trois ans après avoir servi pendant trente-cinq ans dans la police.

Un seul blessé

Un automobiliste, qui passait devant la banque au moment du drame, M. Charles Audet, 25 ans, du 4106, avenue des Érables, fut légèrement blessé au cuir chevelu par une balle qui frappa le pavé, ricocha et atteignit ce dernier. M. Audet fut pansé à l’hôpital St-Luc et retourna ensuite chez-lui.

L’auto des bandits

L’inspecteur Ernest Francoeur, qui dirige les recherches, a averti le public que les deux bandits encore au large étaient des plus dangereux et dit que tous ceux qui pourraient leur donner asile s’exposent à être punis par la loi.

M. Francoeur dit que l’un des apaches a pris la fuite dans une automobile Cadillac, modèle 1941, et portant le numéro de plaque 52-860 de la province.

Les armes

Les trois revolvers retrouvés abandonnés dans un champ. Il s’agit d’un énorme revolver de l’armée de marque Colt et de calibre 38 et de deux modernes pistolets automatique, dont un Ludger de 9mm et un Browing de calibre 45.

Le dernier à les voir

Probablement le dernier officier de police à voir vivants les deux victimes de ce drame fut le lieutenant Edgar Guimond attaché au poste no 6, qui habite Notre-Dame des Victoires. Il passait rue Notre-Dame-Est, dans le voisinage de la retraite Saint-Benoit, peu avant le drame, quand il vit les agents Paquin et Duranleau qui surveillaient dans leur voiture ce secteur. Les deux agents saluèrent de la main le lieutenant de police et, à peine cinq minutes plus tard, ils tombaient sous les balles des assassins.

Recherchés pour meurtre

Hier soir, alors que la Sûreté se préparait à la chasse à l’homme la plus formidable encore vue dans Montréal : 200 détectives étant en devoir dans le but de retrouver les deux fugitifs encore au large, des photographies des deux hommes recherchés étaient affichées sur les murs de la Sûreté. L’inscription qu’on y lisait était «Recherchés pour le meurtre des constables Duranleau et Paquin». Pendant toute la nuit, et encore ce matin, des équipes spéciales de policiers, armés de mitraillettes, ont parcouru la ville dans toutes ses parties et ordre avait été donné à tous les détectives disponibles de «Résoudre cette cause avant toute autre».

La Provinciale

À 2h35 hier après-midi, la police municipale demandait à la Sûreté provinciale de l’aider à surveiller tous les ponts conduisant hors de l’île et les routes autour de la métropole. Depuis ce temps, les agents provinciaux coopèrent avec les détectives municipaux.

La chasse et l’arrestation de l’un des trois bandits

À 2h14, les constables Tremblay et Dupont, de l’auto-radio 37, recevaient par radio un appel leur ordonnant de se rendre à la succursale de la Banque Canadienne Nationale, sise au 7785 Est, rue Notre-Dame, pour assister l’auto-radio no 6 dans un vol à main armée.

Rendu à l’angle des rues Notre-Dame et Lepailleur, un piéton héla les policiers et les informèrent que les bandits venaient de prendre la fuite vers l’ouest, dans une voiture de couleur grise, de marque De-Soto, model 1948.

Les policiers retournèrent immédiatement sur leur chemin, et à une vitesse de 85 milles à l’heure, selon l’un des constables : ils poursuivirent la voiture grise jusque dans une ruelle des rues Sicard et Adam, où la voiture arrêta. Deux individus revolver au poing, en descendirent aussitôt et se dirigèrent vers les demeures de la rue Aird où ils entrèrent dans les maisons portant les numéros civiques 1625 et 1665 respectivement

Face à Face

Selon le rapport de la police, l’un des constables, l’agent Tremblay, fit immédiatement le tour et revint dans la rue Aird à l’avant, pour tenter d’intercepter la fuite des apaches, lorsqu’en face des numéros plus haut mentionnés, il arriva face à face avec les gunmen qui avaient traversé deux maisons privées pour tenter d’échapper à la police.

Le policier s’approcha alors de l’un des individus, qui se livra immédiatement en disant : «Ne tires pas, fouille-moi». Pendant ce temps, son présumé complice disparaissait. Le détective Romuald Dubuc, de l’escouade des vols à main armés de la Sûreté municipale arriva alors sur les lieux pour fouiller le détenu dans le gousset duquel on trouva la somme de 1200$ en billets de banque. Le détenu n’avait toutefois pas d’arme en sa possession.

Les apaches lui volent son auto

Voici la version du Dr. Wilfrid Perreault, dont la voiture fut arrêtée par deux des trois apaches qui pillèrent la Banque Canadienne Nationale et qui le forcèrent à descendre de sa voiture à la pointe du revolver.

« J’étais avec mon épouse et mon jeune fils Marcel, âgé de deux ans, et j’étais à stopper ma voiture à l’arrêt règlementaire, à l’angle des rues De Boucherville et Notre-Dame, quand un individu ouvrit la portière droite de mon auto et, revolver au poing, força mon épouse à le laisser prendre place sur le siège. À ce moment, je me trouvais sur la voie des tramways. Je reculai alors ma voiture, et lorsque je fus revenus à l’angle plus haut mentionné, un deuxième bandit également armé ouvrit la porte de mon auto, cette fois de mon côté, et les deux nous ordonnèrent en français et en anglais de sortir immédiatement.»

Insaisissable

«À ce moment, je tentai de prendre la main de l’un des deux bandits, mais ma tentative fut veine. Les apaches démarraient et prenaient la fuite vers l’ouest, rue Notre-Dame. C’est à cet instant même qu’une automobile de la radio-police passa en sens inverse et qu’un témoin de toute l’affaire cria aux policiers que les bandits se sauvaient dans ma voiture.

Les policiers leur donnèrent la chasse vers l’ouest de la ville à une vitesse d’au moins 80 milles à l’heure. En une seconde les deux voitures étaient disparues.

Le médecin ajoute. «Les deux bandits semblaient très nerveux au moment où ils se présentèrent à moi, et j’ai remarqué que les armes tremblait considérablement.» À une question de notre représentant, le Dr. Perreault répondit : «Au moment du vol de mon automobile par ces deux bandits, je ne savais rien de l’assassinat des deux constables à la succursale de la banque.»

Il est possible que les deux bandits recherchés soient sortis des limites de l’Île de Montréal.

Au cours de la soirée d’hier l’inspecteur Ernest Francoeur, directeur intérimaire de la Sûreté, nous déclarait que l’un des bandits recherchés avait pris la fuite dans une voiture de marque Cadillac, de modèle 1941, propriété de Donald Perreault, alors que l’autre était à pied au moment où il échappa à la police, rue Aird, et que Noël Cloutier était arrêté.

Dès que l’affaire fut rapportée à la Sûreté municipale, la police fit immédiatement fermer les ponts afin de rendre impossible la retraite des meurtriers.

Aux ponts

Nous apprenons toutefois, de source digne de foi, que les ponts n’auraient été avisés qu’environ 15 minutes après le meurtre, de sorte qu’il est possible qu’au moins un des deux fugitifs ait réussi à sortir de l’Île de Montréal. La Sûreté provinciale a toutefois reçu des autorités municipales des descriptions et des signalements des apaches et toutes les voitures de la police provinciale sont actuellement au guet à cause de cette possibilité d’évasion des limites de l’Île.

Quant à l’autre individu, qui réussit à prendre la fuite alors que Cloutier était arrêté, la police ignore totalement comment il a quitté les environs de la banque après avoir échappé aux policiers qui appréhendaient son présumé complice.

Signalement

Voici la description des deux bandits actuellement recherchés par plus de 200 limiers municipaux :

• Donald Perreault, 28 ans, 5 pieds 10¼ pouces, 175 livres, teint médium, cheveux bruns, yeux bleus;

• Douglas Perreault, 29 ans, 5 pieds 7½ pouces, 140 livres, teint foncé, cheveux bruns, yeux bruns.

La police a également révélé que les deux Perreault actuellement recherchés n’ont aucun lien de parenté, si ce n’est dans la voie du crime. On dit également dans les milieux policiers que les trois hommes dans cette affaire, soit Cloutier et les deux Perreault, ont des dossiers judiciaires et policiers, et sont actuellement sous cautionnement dans des procès actuellement en cours.

Un constable sans arme se voit dans l’impossibilité d’empêcher les deux meurtres

Si le constable Maurice Demonceau, qui se trouvait dans un petit restaurent en face de la succursale où deux policiers ont été abattus, hier, par des bandits qui venaient d’y commettre un vol à main armée, avait eu son revolver en poche, il est probable qu’il n’y aurait eu qu’une seule victime et que les meurtriers auraient tous été capturés.

Au moment de la tragédie, Demonceau, qui n’était alors pas en fonction, conversait avec le propriétaire de l’établissement, M. Albert Ritchot. Ce dernier vit arriver une voiture grise qui stoppa devant la banque et d’où descendirent deux individus masqué et que déguisaient encore davantage des verres fumés, tandis que le conducteur, le chapeau enfoncé jusqu’au nez, prenait soin de n’être pas identifié. Il en avertit aussitôt Demonceau, qui courut chez lui pour y chercher son revolver.

Il décampe

Avant le retour du constable, malheureusement, d’après Ritchot, une voiture de radio-police arrivait sur les lieux. Le conducteur du véhicule dans lequel les bandits avaient projeté, sitôt leur butin recueilli, de prendre la fuite, prit peur et se sauva avec sa voiture coupant toute issue à ses compagnons.

Les deux constables de radio-police, Nelson Paquin et Paul Émile Duranleau, n’eurent pas le temps d’intervenir et s’avancèrent vers la banque, d’où les deux bandits qui si trouvaient encore les virent venir.

Un témoin donne la chasse aux fugitifs

M. Lucien Deschamps, agent d’assurance, du 1400, rue Saint-Just, se trouvait dans le voisinage de la banque Canadienne Nationale lorsque furent tirés les fatals coups de pistolet. Il intervint alors et, pour donner la chasse à deux des trois desperados, sauta dans la camionnette d’un livreur no 15 du Pain Moderne dans la localité.

M. Deschamps chassant les fuyards, les vit courir vers l’ouest, sauter dans la voiture du Dr. Perreault, stationnée rue Notre-Dame angle De Boucherville, et filer vers l’ouest. Il les signala alors à la police qui venait à la rescousse des deux braves agents déjà abattus.

Les autorités policières croient que les trois bandits, provisoirement identifiés comme un certain Cloutier et les deux Perreault, étaient spécialiste dans les vols d’autos.

Voleurs d’autos

Opérant dans une auto de louage (drive yourself), ils auraient commis une quarantaine de vols d’autos à Montréal et plus d’une cinquantaine d’autres vols d’autos à la campagne, jusqu’à Portneuf, près de Québec. Leurs victimes préférées auraient été des touristes américains.

Hier soir, dans un hôtel de l’Est, les sergents Donat Beaupré, Henri Paquin et F. Beaudet, sous les ordres du sergent-détective Henry Bond, arrêtaient Léopold Barette et Rolland Ducharme, présumés complice de cette bande. On aurait retrouvé des marchandises volées en possession des suspects. Hier soir, la police retrouvait à Lanoraie, Verdun, à l’Île Perrot et jusqu’à Beauharnois, de l’argent volé à la banque de la Longue-Pointe.

Après la comparution aujourd’hui les deux suspects seront détenus au bureau des détectives, pour interrogatoire en rapport avec plusieurs vols d’autos commis en dehors de Montréal.

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