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Le blogue de Ève Péclet : la sécurité maritime, un enjeu important

Économie, Élus
Photo: Badauds de Mercier-Est
Photo: Badauds de Mercier-Est

De tout temps, le majestueux fleuve Saint-Laurent a été une voie de communication importante. La mondialisation des marchés et l’augmentation des échanges internationaux de matières premières, de marchandises et de produits pétroliers et gaziers font en sorte que des matières à risque transitent sur ce cours d’eau. Les autorités fédérales sont-elles convenablement outillées pour prévenir et répondre à une catastrophe potentielle? Quelles seraient les mesures d’aide à la province, aux municipalités et aux populations touchées?

La catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic a montré des failles importantes du côté de Transports Canada, en ce qui touche à l’application de la réglementation. En sabrant le personnel d’inspection, en dérèglementant tous azimuts, en misant sur l’autoréglementation des entreprises et en coupant dans les budgets de recherche, le gouvernement conservateur a affaibli le potentiel de surveillance et d’intervention.

Quels seraient les impacts sur la vie marine et sur les communautés humaines riveraines advenant un accident maritime sur le fleuve ou dans son estuaire?

Dans les dernières décennies, les catastrophes pétrolières impliquant des navires de transport ou des plates-formes de forage ont démontré qu’entreprises et gouvernements étaient souvent pris au dépourvu et que les plans de contingence étaient inadéquats. Les jours et les jours passaient avant que des mesures de confinement, de récupération et de nettoyage efficaces ne soient mises en branle.

Disposons-nous des équipements d’intervention d’urgence en quantité suffisante? Où sont-ils entreposés? Y a-t-il des exercices d’alerte à une fréquence suffisante? Quels seraient les délais d’intervention? Les plans de coordination et de mesures d’urgence sont-ils à jour?

Forages à Cacouna : Le NPD a demandé une réunion d’urgence et le dévoilement des études scientifiques fédérales

Au cours des dernières semaines, l’équipe parlementaire du NPD a été active dans le dossier des forages exploratoires à Cacouna, dans le Bas-du-Fleuve.

Le NPD a demandé la tenue d’une réunion d’urgence du comité parlementaire sur Pêches et Océans pour faire la lumière sur les forages sous-marins que TransCanada s’apprête à effectuer dans le fragile écosystème au large de Cacouna, surtout qu’aucun spécialiste indépendant n’avait pu démontrer que les conditions associées à l’autorisation des travaux de forage garantissaient la sécurité des bélugas.

Comme malheureusement dans bien d’autres dossiers, la majorité conservatrice à Ottawa s’assure depuis des mois que les parlementaires ne puissent rencontrer les responsables de Pêches et Océans pour obtenir des réponses. Le gouvernement conservateur refuse systématiquement toutes les demandes de dévoiler les études à ce sujet.

L’Opposition officielle (NPD) a demandé à ce que les travaux au large du port de Cacouna soient arrêtés et qu’un moratoire soit instauré, en attendant que le gouvernement conservateur rende publics les avis scientifiques sur lesquels on s’est basé pour autoriser ces travaux.

Pendant l’épisode du projet de terminal méthanier à Cacouna, les travaux dans le fleuve étaient interdits durant la période qui pouvait affecter une espèce menacée, ce qui aurait protégé notamment les bélugas. Pourquoi est-ce différent cette fois-ci? Si le gouvernement n’a rien à cacher, qu’il nous laisse parler aux scientifiques et lire leurs avis!

Autre illogisme dans ce dossier, la ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a laissé au ministre des Ressources naturelles, Greg Rickford, le soin de répondre aux demandes du NPD de divulguer les avis scientifiques sur les forages au large de Cacouna, en plein cœur de l’habitat du béluga, une espèce menacée.

Doit-on rappeler au gouvernement conservateur que le mandat de la ministre de l’Environnement est de protéger les espèces menacées et la nature? Que ce soit le ministre des Ressources naturelles qui ait répondu à notre demande en dit long sur la façon dont le gouvernement conservateur gère les dossiers environnementaux. Pour eux, l’environnement est une simple ressource naturelle exploitable.

Plus les conservateurs s’entêtent à garder secrètes les études, plus on a l’impression qu’ils ont quelque chose à cacher. Un peu de transparence M. Harper!

Ève Péclet, Députée de La Pointe-de-l’Île, Porte-parole adjointe à la Justice pour l’Opposition officielle (NPD)

 

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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