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Mauvais bilan de santé pour la Pointe-de-l’Île

Santé
La part de la population atteinte d’au moins une maladie chronique est plus élevée à la Pointe-de-l’Île que dans le reste de Montréal. (photo: Enquête TOPO sur les maladies chroniques et leurs déterminants, 2012. )
La part de la population atteinte d’au moins une maladie chronique est plus élevée à la Pointe-de-l’Île que dans le reste de Montréal. (photo: Enquête TOPO sur les maladies chroniques et leurs déterminants, 2012. )

Sur le territoire du Centre de santé et de services sociaux de la Pointe-de-l’Île, 40 % des résidents sont atteints d’au moins une maladie chronique, comparativement à un Montréalais sur trois en moyenne d’après l’Enquête TOPO réalisée en 2012 dont les chiffres ont été révélés ce printemps.

L’hypertension est l’une des maladies chroniques à l’étude les plus répandues dans la Pointe-de-l’Île affectant 20 % de la population (versus 17 % pour tout le territoire montréalais). (photo: Ambro - Freedigitalphotos.net)

L’hypertension est l’une des maladies chroniques à l’étude les plus répandues dans la Pointe-de-l’Île affectant 20 % de la population (versus 17 % pour tout le territoire montréalais). (photo: Ambro – Freedigitalphotos.net)

« C’est grave », laisse entendre Claude Riendeau, directeur local de santé publique, des soins infirmiers et de l’enseignement au CSSS de la Pointe-de-l’Île en commentant les données de TOPO. « L’étude révèle que les personnes de la Pointe-de-l’Île ont les pires résultants pour les maladies chroniques en général. On ne produit pas des citoyens en santé », ajoute-t-il.

Avec ses 11 000 répondants (900 par CSSS), TOPO est une des plus grandes enquêtes sur la santé jamais réalisée à Montréal sur les personnes âgées de 15 ans et plus. L’enquête a permis d’obtenir des données sur la prévalence de certaines maladies chroniques (hypertension, asthme, maladies cardiaques, troubles de l’humeur, diabète, maladies pulmonaires et cancer) ainsi que leurs déterminants en fonction d’une vingtaine d’indicateurs. Les résultats permettront de mieux cerner les besoins de la population dans chaque CSSS et d’adapter en conséquence leurs activités de prévention et les services de santé offerts.

L’importance des saines habitudes de vie

Ce bilan peu reluisant de l’état de santé des habitants de la Pointe-de-l’Île est attribuable à des déterminants multiples, notamment les habitudes de vie. En effet, plus d’une personne sur trois sur le territoire du CSSS cumule au moins deux habitudes de vie associées à l’apparition de maladies chroniques, telles qu’un faible taux d’activité physique, la cigarette, la consommation de moins de cinq fruits et légumes par jours et une consommation excessive d’alcool.

Mais, le problème vient d’encore plus loin selon Claude Riendeau. « Les conditions sociales retrouvées dans l’Est y sont aussi pour quelque chose. Ici, les personnes sont généralement moins scolarisées et nous faisons donc face à un problème de littéracie en ce qui concerne les messages de santé publique. Le taux de chômage est également plus élevé dans la région et nous avons des poches de pauvreté un peu partout sur le territoire qui se retrouve enclavé par deux autoroutes où il est difficile de se déplacer sans voiture. En plus, il nous manque une centaine de médecins. Comment penser qu’une famille monoparentale avec un revenu de 29 000 $ par an puisse avoir les moyens d’aller acheter des fruits et des légumes pour ses enfants, alors que plusieurs secteurs sont considérés comme des déserts alimentaires dans la Pointe-de-l’Île? » demande le directeur.

Le CSSS pour mobiliser le réseau

Même si les résultats de l’Enquête TOPO sont alarmants, il faut cependant dire que le CSSS avait déjà une bonne idée de l’état actuel des choses. « L’étude est venue confirmer nos données », souligne Claude Riendeau.

C’est pour cette raison que le centre a déjà retroussé ses manches pour faire en sorte que le bilan de la santé des habitants de la Pointe-de-l’Île change, en partie grâce à l’embauche d’une dizaine de médecins au courant des prochaines semaines. « Nous avons adapté notre plan local de santé publique d’après les résultats de TOPO. Nous désirons intervenir auprès des industries, du réseau scolaire et des groupes communautaires. Les résultats de l’enquête vont nous servir de levier pour mobiliser les gens », affirme M. Riendeau.

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