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Quand le phragmite prend le dessus

Environnement
On retrouve principalement le phragmite commun, aussi connu sous le nom de roseau commun, dans les milieux humides et sur le bord des routes. Sa superficie a doublé depuis le début des années 2000. (photo: Comité ZIP Jacques-Cartier)
On retrouve principalement le phragmite commun, aussi connu sous le nom de roseau commun, dans les milieux humides et sur le bord des routes. Sa superficie a doublé depuis le début des années 2000. (photo: Comité ZIP Jacques-Cartier)

Selon les dernières observations du Comité ZIP Jacques-Cartier réalisées cet été, près de 60 % des plantes exotiques envahissantes ont augmenté depuis quatre ans, venant modifier petit à petit l’écosystème et particulièrement les milieux humides retrouvés sur le territoire.

La salicaire pourpre est une plante que l’on voit souvent dans la nature, mais saviez-vous qu’il s’agit d’une espèce exotique envahissante? (photo: Comité ZIP Jacques-Cartier)

La salicaire pourpre est une plante que l’on voit souvent dans la nature, mais saviez-vous qu’il s’agit d’une espèce exotique envahissante? (photo: Comité ZIP Jacques-Cartier)

Le suivi des espèces exotiques envahissantes, autrement dit des plantes non indigènes particulièrement invasives, est réalisé chaque année par le Comité ZIP Jacques-Cartier dans le cadre du Plan d’action Saint-Laurent 2011-2016 en collaboration avec le ministère de l’Environnement. Différents sites sont analysés par imageries satellites et une rotation des endroits observés a lieu tous les quatre ans. La majorité des sites étudiés entre le 28 juillet et le 1er août 2014 avait au moins trois espèces dominantes et près de la moitié d’entre elles étaient envahissantes. Les plantes les plus observées ont été le phragmite commun, présent sur 14 des 19 sites échantillonnés, ainsi que l’alpiste roseau et la salicaire commune.

« En prenant de plus en plus d’espace, les plantes envahissantes viennent remplacer nos plantes indigènes. Une espèce comme le phragmite commun présente dans nos marais vient modifier le milieu humide à cause de la formation de rhizomes et change ainsi l’habitat des couleuvres, des grenouilles et des poissons qui s’y trouvent. Dans les champs, le phragmite peut interférer dans l’alimentation des oiseaux migrateurs qui sont habitués à manger des plantes à graines », met en garde Valérie Aubin, chargé de projet au Comité ZIP Jacques-Cartier.

Comment s’en défaire?

Le suivi effectué d’année en année permet d’obtenir « un aperçu des changements que subissent les milieux humides sur le territoire de la ZIP Jacques-Cartier, permettant ainsi de mieux planifier les projets de protection, de réhabilitation et d’aménagement »,  explique Sylvie Bibeau, directrice du Comité ZIP Jacques-Cartier.

Cependant, on ne retrouve pas seulement les espèces exotiques envahissantes dans les milieux humides et dans les champs: elles peuvent aussi être présentes sur notre terrain. « Le principal problème est que ces espèces n’ont pas de prédateurs naturels ici. Ces plantes ne sont pas dangereuses pour la santé humaine, mais elles peuvent causer des dommages matériels en poussant à travers l’asphalte ou en déchirant les toiles des piscines », indique Valérie Aubin.

Mais, peu importe le milieu où on les retrouve, la meilleure manière de se débarrasser des espèces exotiques envahissantes demeure les méthodes mécaniques et physiques. « Il faut les couper et installer des géotextiles pour les empêcher de pousser à nouveau au besoin. Néanmoins, il est important de ne pas disposer de ces mauvaises herbes avec nos résidus verts lors des collectes l’automne, car la plupart de ces plantes peuvent se reproduire à partir d’un bout de tige. Il faut les mettre dans le sac à ordures », avise la biologiste.

Afin de mieux identifier les espèces exotiques envahissantes suivies dans le cadre du projet d’observation du Comité ZIP Jacques-Cartier et d’en savoir plus sur les différentes méthodes de contrôle, vous pouvez consulter des fiches téléchargeables en cliquant ici. Il est également possible de signaler la présence de ces espèces auprès du Comité ZIP Jacques-Cartier.

Les résultats des différents suivis seront comptabilisés dans l’application Sentinelle, un outil de détection des espèces exotiques envahissantes mis en place par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

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