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Hold-up : deux policiers abattus par trois bandits, la suite

Histoire
Noël Cloutier, l'un des trois présumés meurtriers trouvés criminellement responsables, de la mort des agents Nelson Paquin et J-P Duranleau, paraît accepter ici, avec un sourire, le verdict que viennent de rendre les jurés. A peine retourné dans sa cellule, quelques instants plus tard, toutefois, Cloutier tentait de mettre fin à ses jours en se tranchant les artères du bras droit au moyen d'un tronçon de bouteille de liqueur. (BANQ, Coll. Robert Carrière)
Noël Cloutier, l’un des trois présumés meurtriers trouvés criminellement responsables, de la mort des agents Nelson Paquin et J-P Duranleau, paraît accepter ici, avec un sourire, le verdict que viennent de rendre les jurés. A peine retourné dans sa cellule, quelques instants plus tard, toutefois, Cloutier tentait de mettre fin à ses jours en se tranchant les artères du bras droit au moyen d’un tronçon de bouteille de liqueur. (BANQ, Coll. Robert Carrière)

L’affaire a fait beaucoup de bruit dans tout le pays. Un hold-up tourne au tragique, ce 24 septembre 1948. Et ça se passe dans la Longue-Pointe, angle Notre-Dame et Saint-Just. Les constables Nelson Paquin et Paul-Émile Duranleau sont tués au cours d’un vol armée. Un des «apaches», les malfaiteurs qui ont fait le coup, est capturé. J’ai recopié de longs extraits du journal La Patrie de l’époque que j’ai retrouvés aux Archives nationales du Québec. Cette série est publiée tout l’automne.

Le 15 octobre 1948

L’enquête du coroner sur la mort des agents Paquin et Duranleau

Frais rasés et portant des vêtements impeccables, Douglas et Donald Perreault, ainsi que Noël Cloutier, ont fait leur apparition en Cour du Recorder, servant pour la première fois de Cour du Coroner, à onze heures précise ce matin pour la réouverture de l’enquête du coroner sur les circonstances entourant la mort des constables N. Paquin et J-P Duranleau, tués au cours d’un vol à main armée le 23 septembre dernier.

Cloutier était le plus sérieux des trois ce matin, car, contrairement à mardi dernier, alors qu’ils revenaient de leur longue randonnée dans l’Ouest, Douglas et Donald Perreault semblaient confiants et regardaient la foule dans les yeux, froidement.

Tous trois sont debout. Donald et Douglas Perreault sont ensemble dans le banc des prisonniers, attachés chacun à un constable par des menottes. Douglas se tieint presque constamment la main sur la bouche, pendant que Donald se tenant droit, sourit à plusieurs reprises pendant les témoignages et prend surtout des notes, car il n’a pas de procureur.

La première note

La première note que Donald prit fut alors que le docteur Rosario Fontaine, témoignant, dit que la cinquième balle qui avait atteint le constable Paquin, la seule qui fut mortelle, fut nécessairement tirée alors que le policier gisait par terre et que le bandit était debout au-dessus de lui.

Ils ne se dérobent plus

Lors de leur sortie des cellules pour monter à l’étage supérieur de l’annexe de l’hôtel de ville, au-dessus de leurs cellules, où est située la Cour No 2 du Recorder, les trois bandits parvinrent passablement bien à éviter les photographes. Une fois rendus à la Cour, ils ne firent cependant plus de résistance et se laissèrent photographier sans chercher à se cacher le visage.

Cloutier séparé

Pendant que les deux Perreault se tenaient dans le banc des accusés, Noël Cloutier, qui n’a pas encore eu l’occasion de parler aux Perreault depuis le retour de ceux-ci, entrait le premier en Cour et on le fit placer derrière la barrière, de l’autre côté de la salle d’audience, face aux Perreault. Longtemps avant l’ouverture de l’enquête, des centaines de personnes attendaient dans la salle des pas perdus du tribunal, mais on ne laissa entrer dans la Cour que les parents et les autres personnes intéressées. La salle était cependant bondée.

L’enquête était sous la présidence du Coroner Richard L. Duckett et le jury était formé de MM. Donat Robitaille, Avila Dupras, Georges Gouin, Alfred Doutre, Henri Drouin et Henri Gouin.

Me John Bumbray, C.R., procureur senior de la Couronne, représentait le ministre public, pendant que Me Philippe Panneton, de Trois-Rivières, et Me Antoine Sénécal représentaient Noël Cloutier.

Douglas Perreault était représenté par Me Alexandre Chevalier et Donald Perreault n’était représenté par personne.

Le Dr. Rosario Fontaine, médecin légiste de la province, qui, avec le docteur Jean-Marie Roussel, pratiqua l’autopsie sur les cadavres des deux agents de police, fut le premier témoin entendu.

Le Dr. Fontaine déclara que la première balle qui atteignit le constable Nelson Paquin le frappa à la jambe gauche, brisant le gros os de la jambe. La seconde lui brisa le genou gauche, la troisième lui brisa le coude gauche. La quatrième entra au milieu du bras gauche et le blessa aussi à la main gauche.

La balle fatale

« Le cinquième projectile, la balle fatale, dit le Dr Fontaine, entra par le bas de la région lombaire pour ressortir par en avant. Ce qui indique que, nécessairement celui qui tira était debout pendant que la victime gisait par terre. »

« C’est là le seul projectile mortel qui avait coupé le rein droit et perforé le foie et le poumon droit, déterminant une hémorragie interne et mortelle. »

L’agent Paul Duranleau

Continuant son témoignage, le Dr Fontaine, dit que l’agent Duranleau fut atteint de trois balles. La première lui brisa le doigt du milieu de la main droite, la seconde entra par l’aisselle pour traverser le bras et l’épaule et entrer dans la poitrine. La troisième entra par le bas de l’aisselle et a également pénétré dans la poitrine après avoir traversé le bras gauche de la victime.

« Ces deux balles sortirent par la poitrine et traversèrent les poumons, coupant le gros vaisseau du cœur causant une hémorragie foudroyante. »

Le second témoin fut le gérant de la banque, M. Isidore Cadieux

La première fois

C’est la première fois dans les annales judiciaires de Montréal qu’une enquête du Coroner est tenue ailleurs qu’à la Cour du Coroner. Jamais la Cour du Recorder n’a servi dans un tel but.

Fortes précautions

Des précautions extraordinaires avaient été prises par la Sûreté municipale bien longtemps avant l’enquête. Une garde spéciale se tint constamment près des trois détenus, Donald et Douglas Perreault et Noël Cloutier.

Bien avant l’ouverture de l’enquête, de nombreux détectives se tenaient dans la salle d’audience de la Cour, qui peut contenir 200 personnes, et surveillaient attentivement tous ceux qui s’y trouvaient. Les portes de la Cour étaient fortement gardées et, dans les corridors conduisant de la rue à la Cour, se trouvaient également de nombreux policiers en uniforme et en civil.

Les recherches

Pendant que l’enquête du coroner était tenue, ce matin, les diverses escouades de policiers chargés de faire enquête dans cette cause sensationnelle, continuaient leur travail afin de compléter leur enquête et de réunir toute la preuve qu’ils ont contre les accusés.

On a annoncé qu’hier soir, deux autres témoins importants avaient été conduits à la Sûreté afin d’y être interrogés sur leurs activités avant, pendant et après le meurtre. Ceci porte à seize le nombre des personnes qui ont été détenues et interrogées. De ce nombre, dix, incluant les deux Perreault et Noël Cloutier, sont encore détenus dans les cellules.

Libérée

Hier soir, Hélène Perreault, sœur de Douglas, arrêtée comme témoin à Campbell’s Bay, à 65 milles au nord de Hull, mardi soir dernier, a été remise en liberté après avoir été interrogée. Son frère, Frank Perreault, de Vancouver, Robert Tremblay, 26 ans et Johny Young, 36 ans, qui, d’après la police, serait le chef de la bande, sont toujours détenus pour interrogatoire.

Muet

Le directeur adjoint Wilfrid Bourdon, chef de la police judiciaire, de même que l’inspecteur Ernest Francoeur, son adjoint, annoncent que Donald et Douglas Perreault n’ont fait aucune déclaration depuis leurs arrestation. De son côté, Noël Cloutier a fait une longue déclaration concernant le vol à main armée et le meurtre des agents Paquin et Duranleau.

Cependant, il n’a pas encore signé cette déclaration. Il aurait de plus exprimé le désir d’être témoin de la Couronne contre ses deux anciens compagnons lors de leur procès. Il en veut à ses compagnons pour l’avoir abandonné lors du meurtre.

Criminellement responsable

C’est là le verdict rendu hier par un jury, sous la présidence de Me Richard L. Duckett, coroner, à la suite d’une minutieuse enquête tenue sur ce drame, depuis la date ou il se produisit, soit le 23 septembre dernier.

Cloutier veut en finir

Quelques instant plus tard, les trois prévenus étaient reconduits dans leur cellule respective et peut après, Noël Cloutier demanda à l’un des agents assignés à sa garde de lui procurer une bouteille de liqueur (chose que l’on refuse rarement à des accusés de cette catégorie). La bouteille de liqueur fut apportée à Cloutier dans sa cellule, mais quelques instants plus tard l’agent constata qu’il se passait quelque chose d’insolite dans le coin ou se trouvait détenu Cloutier. C’est alors que, s’approchant de la porte de la cellule, il constata que le détenu, après avoir brisé la bouteille que l’on venait de lui apporter, tentait de se trancher les veines du coude droit au moyen du goulot qu’il s’administrait fortement sur le bras.

Les limiers ne furent pas lents à intervenir et le malheureux fut vite maîtrisé. On manda alors une ambulance de l’hôpital Saint-Luc, mais un interne de cette institution eut vite fait de réparer les dégâts après avoir pratiqué deux points de suture au bras blessé.

On nous apprend qu’au cours d’un nouvel examen des vêtements de l’accusé, on trouva 4 capsules blanches que les limiers ont soumises, peu après, à l’analyse. Il est inutile d’ajouter que depuis ce moment, Cloutier est gardé de beaucoup plus près encore qu’il ne l’avait été depuis son arrestation.

Les avocats déjà en lice

L’état de Cloutier ne lui permettant pas de suivre immédiatement les procédures telles qu’imposées la veille, par le procureur général de la province, l’hon. Maurice Duplessis. Il fut le seul à ne pas comparaître, dès hier après-midi, devant le juge Wilfrid Lazure, pour répondre à une accusation formelle de Meurtre. Son tour viendra le mardi 19 octobre prochain.

Scène aux comparutions

Me Alexandre Chevalier, défenseur de Douglas Perreault, n’a pas été tendre, hier, à l’endroit de Me John Bumbray, procureur de la Couronne. Il remercia ce dernier de ne l’avoir pas avisé que son client serait traduit si tôt devant le tribunal pour répondre à l’accusation grave portée contre lui.

Me Bumbray rétorqua aussitôt en disant que son confrère de la défense semblait faire peser sur lui un « oubli volontaire » de sa part et alors s’échangèrent entre les deux disciplines de Thémis, certaines remarques.

Et l’enceinte du tribunal fut bientôt désertée par tous les curieux qui l’avaient envahie pour être témoins de ces comparutions qui font présager un procès dramatique au possible, qui est fixé, comme nous le disons plus haut, au 16 novembre prochain, en Cour d’Assises, et que présidera l’hon. juge Wilfrid Lazure lui-même.

Le procureur général du Québec, l’hon Maurice Duplessis, a informé les autorités judiciaires de Montréal que la Couronne est « anxieuse » de procéder dans l’affaire des Perreault et Cloutier, accusés du meurtre des constables Paquin et Duranleau. Le procureur général a signé l’accord des procès expéditifs, à la demande du Maire de Montréal, M. Camillien Houde, et le procès des trois accusés aura lieu comme prévu aux Assises de novembre.

Le 18 octobre 1948

Précautions extraordinaires des agents gardant Cloutier

Des précautions extraordinaires ont été prises depuis la tentative de suicide de Cloutier dans sa cellule des quartiers généraux de la Sûreté municipale vendredi.

Cette tentative de suicide de Cloutier survint immédiatement après qu’il eut été tenu criminellement responsable, en compagnie de Douglas et Donald Perreault, de la mort des constables Paquin et Duranleau.

Depuis ce temps, deux policiers sont continuellement de garde afin de surveiller le jeune homme de 24 ans qui, le mois prochain, subira son procès en Cœur d’Assises, en compagnie de Douglas 27 ans, et de Donald Perreault 28 ans, pour le meurtre des deux policiers.

La cellule de Cloutier a été entièrement nettoyée et lavé par des gardes de la police, qui examinèrent minutieusement chaque pouce des murs et du plancher. Le matelas de son lit a été changés et on lui a enlevé ses couvertures.

En plus la cellule est éclairée par un puissant projecteur placé à l’extérieur et les deux policiers se tiennent constamment près de la porte grillée surveillant chaque mouvement du détenu.

Dans l’intervalle le capitaine détective William Fritzpatrick, chef de l’escouade des homicides annonce que huit hommes et une femme comparaîtront en Cour cette semaine sous une accusation de complicité après le fait dans cette affaire de meurtre. Les suspects détenus auraient, d’une manière ou d’une autre, aidé les deux Perreault après le meurtre des deux policiers et au cours de leur fuite à travers le Canada.

Ce nombre de présumés complices dans une cause de meurtre est un chiffre record dans les annales policières de la ville de Montréal. La sentence maximum qu’un juge peut imposer dans un tel cas de complicité est l’emprisonnement à vie. Les neuf suspect sont actuellement détenus dans des postes de police de la ville et aux quartiers généraux de la Sûreté. La police n’a pas voulu dévoiler les noms de ces détenus avant leur comparution aujourd’hui ou demain.

Le 19 octobre 1948

Non coupable clame Cloutier – Enlevez votre gomme

Noël Cloutier, impliqué dans le hold-up de la Banque Canadienne Nationale, au cours duquel deux agents de police de Montréal furent massacrés, a comparu, ce matin, aux Assises devant le juge Wilfrid Lazure, en vertu du « Preferred indictment » accordé il y a quelque temps par le Procureur général de la province.

Cloutier a été accusé d’avoir, tué les agents Duranleau et Paquin. Chaque meurtre est considéré comme un chef d’accusation différent.

D’une voix forte, Cloutier a plaidé « non coupable » à l’accusation portée contre lui. Au cours de sa comparution, il portait au bras droit, un pansement, dernier vestige de sa tentative ratée de suicide vendredi dernier. Le présumé mâchait de la gomme avec un sans-gêne stupéfiant. Cette insolence eut l’heur de déplaire au tribunal, qui servit à Cloutier une verte semonce. Le juge s’écria tout-à-coup : « Enlevez donc votre gomme, vous n’êtes pas dans une grange ici. »

Le procès a été fixé au 2 novembre prochain. Cloutier est représenté par Me Gérard Panneton, qui a demandé la permission de communiquer avec son client, permission qui lui aurait été refusée jusqu’ici.

Me John Bumbray, procureur de la Couronne, a nié que Me Panneton eût été empêché de voir son client. Il s’ensuivit un violent débat entre les deux avocats. Me Bumbray prétendit que Me Panneton avait fait demande de communiquer avec le prévenu à un moment ou il ne pouvait vraiment le voir. Il ajouta même que Me Panneton « ignorait sa procédure légale et qu’il était prêt à lui donner un cours de droit. »

Donald comparait

Donald Perreault a également comparu rapidement aux Assises alors que le capitaine détective Fitzpatrick, de l’escouade des homicides, a demandé au tribunal que Perreault soit retourné au quartier général de la police pour une période de trois jours sur un « verbal remand ». Le tribunal a acquiescé. Donald Perreault est défendu par Me Gérard Laganière.

Le 21 octobre 1948

4 prévenus comparaissent sous l’accusation d’avoir aidé la fuite de Donald et de Douglas Perreault

Quatre des neuf personnes encore détenus par la police de Montréal, à la suite de l’enquête sur l’assassinat des agents de polices Paquin et Duranleau, ont comparu, hier après-midi, devant le juge Gérald Almond, sous l’accusation de conspiration après le fait.

Les quatre prévenus, Louis Desrosiers, 36 ans, 1082, rue Victoria, Montréal-Sud ; Robert Tremblay, 26 ans, 8853, rue Lajeunesse ; Johnny Young, 36 ans, 3458 est, rue Sainte-Catherine ; Jean Bernard Dussault, 26 ans, 1237, rue De Bullion ; ont été traduits en justice sous quatre chefs d’accusations.

Tous quatre sont accusés d’avoir aidé, après le 23 septembre dernier, soit à Montréal ou ailleurs dans le pays, l’accusé Douglas Perreault à se soustraire illégalement aux recherches de la police. Ils ont aussi accusés d’avoir aidé illégalement, lui de même, aux recherches de la police. Deux des accusations sont pour meurtre de l’agent de police Nelson Paquin et les deux autres sont pour le meurtre de l’agent Paul-Émile Duranleau.

Me A. Chevalier, C.R., qui défend les accusés Desrosiers et Tremblay, a contesté la juridiction du tribunal dans cette cause, en raison du fait que les offenses dont sont accusés les prévenus auraient été commises en dehors du territoire sur lequel s’étend la juridiction du Québec. Me Lucien Béliveau, C.R., procureur de Johnny Young, a formulé la même objection que son confrère, et si leur objection est maintenue, les procès des quatre prévenus se dérouleront dans une autre province. Me Bumbray, C.R., procureur senior de la Couronne, n’a pas à s’objecter à une demande de cautionnement, car aucun des prévenus ne tente d’obtenir sa liberté provisoire.

Le juge Gérald Almond fixe au 28 octobre la date de l’enquête préliminaire des quatre accusés.

Mme Christine Perreault

Plus tôt dans la journée, Mme Christine Perreault, mère de l’accusé Douglas Perreault, l’un des présumés meurtriers des agents de police, s’est présentée devant le juge T-A Fontaine, pour fins de l’enquête préliminaire. Elle est accusée, également, de complicité après le fait, car elle aurait voyagé en compagnie de Douglas et Donald Perreault, jusqu’à Sheenboro, Québec, avant que les deux présumés meurtriers ne se rendent en Alberta.

Me Louis-Philippe Mercure, C.R avocat de la police, déclare ne pas être prêt à procéder, et suggère l’ajournement. Le juge T-A Fontaine ajourne l’enquête au 4 novembre.

Le 24 octobre 1948

Celui qui a envoyé de l’argent aux Perreault en Alberta a été appréhendé par la police

Il s’agit de Stanley Stuart, surnommé « Stanley Baxter ». L’identité du mystérieux Stanley Baxter, dont le nom paraissait au bas de l’envoi par télégramme de la somme de 145$ aux deux Perreault en Alberta, a été révélée, vendredi soir, par le capitaine détective William Fritzpatrick, chef de l’escouade des homicides de la Sûreté municipale.

On se souvient en effet qu’un individu, se servant de l’alias « Stanley Baxter » avait envoyer, le premier octobre dernier, de l’hôtel Taft, Place Jacques Cartier à Montréal, la somme de 145$ aux deux Perreault, alors qu’ils venaient d’être appréhendé par la GRC, à Medicine Hat, en Alberta, et condamnés à 145$ d’amende ou à 30 jours de prison.

Cet individu ainsi que deux compagnons ont en effet été mis sous arrestation, il y a quelques jours, par les limiers de l’escouade des homicides de la police locale. Il s’agit de trois marins. Le premier, Stanley Stuart, 26 ans, aucune adresse connue, aurait été identifié par son écriture, comme étant l’individu qui envoya l’argent aux deux Perreault en Alberta, au nom de Bernard Dussault, aux soins de la GRC de Medicine Hat. Ses deux compagnons sont Lloyd Simpson, 26 ans et Morris McMillan, 22 ans.

Tous trois comparaîtront en Correctionnelle sous deux accusations d’assaut grave et d’avoir tenté de nuire au cours de la justice. Les trois inculpés ont d’abord été arrêtés sous une accusation d’assaut grave à la suite d’une bagarre qui se produisait le mardi 12 octobre dernier, sur la Place Jacques Cartier, soit à quelques pas de l’hôtel Taft. Un des marin fut alors assailli et sérieusement blessé à coup de poings et de pieds et il dut être conduit à l’hôpital pour être pansé.

Plus tard, au cours de son enquête et de l’interrogatoire que dut subir Stuart, à la Sûreté municipale, la police apprit que ce dernier travaillait pour le compte de Bob Tremblay arrêté à Sherbrooke, également en rapport avec l’affaire Perreault. Stuart en effet, sans connaître l’identité réelle du destinataire de la somme de 145$, envoya l’argent par télégramme, le premier octobre dernier. Il recevait plus tard des menaces l’avertissant qu’il serait préférable pour lui de ne pas souffler mot à la police de la provenance et de l’envoi du fameux télégramme destiné à Bernard Dussault à Medicine Hat.

C’est alors qu’au cours de la soirée du 12 octobre dernier, alors que Stanley Stuart aurait été en compagnie de McMillan, de Simpson et d’un quatrième marin dont l’identité n’a pas encore été révélé par la police, les trois inculpés se seraient livrés à des voies de fait graves sur la personne de cet individu dans l’espoir sans doute de le faire taire. À la suite de cet assaut, les trois détenus étaient arrêtés par les limiers des homicides et conduits à la Sûreté ou toute l’affaire fut découverte.

Selon la parole du capitaine W. Fritzpatrick, en rapport avec l’envoi de la somme de 145$ aux Perreault à Medicine Hat, Bob Tremblay aurait été l’âme de l’affaire, alors que Stuart en aurait été l’instrument.

Ces trois nouvelles arrestations dans l’affaire Perreault portera donc à 11 le nombre des personnes arrêtés et traduites devant les tribunaux, lorsque les trois marins actuellement détenus dans les cellules de la Sûreté auront comparu en Correctionnelle au cours de la journée de Samedi.

Le 13 novembre 1948

Un cousin de Donald Perreault attente à ses jours dans sa cellule

Un cousin de Donald Perreault, arrêté sous accusation de fausse représentation après avoir émis un faux chèque, a tenté, tout comme le faisait il y a quinze jours Noël Cloutier, de se suicider dans la cellule où il était détenu aux quartiers généraux de la police municipale.

Le jeune homme, Roland Perreault, 28 ans, du 267 ouest, rue de la Gauchetière, fut arrêté par la police qui détenait un mandat contre lui. Il a un casier judiciaire. Perreault aurait tenté de se suicider en se taillant le poignet gauche à l’aide d’un morceau de verre, apparemment un fragment de bouteille brisée.

Il fut conduit immédiatement à l’hôpital Saint-Luc où les internes durent lui faire deux points de suture. Il fut ensuite reconduit à la police judiciaire et il est actuellement détenu en attendant sa comparution en Cour demain, sous une accusation de fausse représentation.

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