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L’importance de lutter contre la violence faite aux femmes

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(photo: Freedigitalphotos.net)
(photo: Freedigitalphotos.net)

Par Alexandra Vincent, travailleuse sociale à L’Escale pour Elle

C’est aujourd’hui que sera soulignée la 17e Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes par l’ONU. À l’Escale pour Elle, ce sera une journée comme les autres. Une journée comme quoi exactement?

Il faut dire que 17 ans après la création de cette journée contre la violence à l’égard des femmes et 19 ans après que le gouvernement du Québec se soit doté de la première Politique d’intervention en matière de violence conjugale, la lutte contre la violence conjugale passe d’abord, et encore, par sa reconnaissance.

Malheureusement, dans nos accompagnements auprès des victimes de violence conjugale dans les sphères juridiques, policières et psychosociales, nous remarquons que la parole des femmes est souvent mise en doute et que les divers acteurs concernés ne partagent pas la même définition de violence, surtout lorsqu’elle se vit après la séparation. Non plus lorsque les impacts de cette violence dont sont témoins les enfants sont invoqués.

La violence après la séparation

Nous observons que les femmes ayant recours aux services d’hébergement de l’Escale pour sortent d’une relation conjugale plus courte que dans les années où est née « la politique ». En 1996, le rapport d’activité de la ressource démontrait qu’un peu plus de la moitié des enfants hébergés étaient âgés entre 6 ans et 18 ans. Dans le plus récent rapport, les statistiques de la maison montrent une autre réalité : 57% des enfants hébergés étaient âgés de 6 ans et moins. Les motifs de demande sont restés les mêmes, soit en forte majorité le vécu de violence physique et psychologique.

Les chiffres démontrent bien la réalité : les femmes quittent plus tôt leur conjoint violent. Elles se retrouvent avec un enfant en bas âge, dans la volonté pour beaucoup d’entre elles de cesser l’exposition à la violence conjugale. La fin de la relation conjugale n’est pas la fin du « couple parental » et surtout pas de la violence. Ce type de violence est appelé violence post-séparation. En effet, selon le ministère de la Sécurité publique, autour de 85% des victimes de violence conjugale sont des femmes et pour plus de 40% des cas, ce sont des ex conjointes. Le constat se fait aussi que depuis plus de dix ans, le harcèlement criminel a considérablement augmenté et que les ex conjointes représentent 75% de ce crime. Par exemple, la femme peut recevoir un nombre exagéré de courriels de la part de son ex conjoint qui demande où elle est et où est l’enfant, se disant en droit de savoir. Cela peut aussi prendre la forme d’appels ou messages textes dont le contenu passe par des menaces d’agir sur le statut d’immigration de la femme visant à la renvoyer dans son pays ou encore de porter des accusations d’enlèvement d’enfant à des promesses de changer pour le mieux. L’ex conjoint peut également porter des actions de manière abusive en cour pour remettre en question des décisions de garde prises précédemment par un juge ou utiliser le cahier ou courriel de communication pour insulter la femme, par exemple dans son rôle de mère.

Enjeux actuels

La reconnaissance de cette violence est primordiale dans le travail auprès de ces femmes. La violence post-séparation est pourtant souvent incomprise voire ignorée par les différents acteurs concernés. C’est pourtant de cette reconnaissance de la violence post-séparation que découleront les stratégies de protection de la mère et donc des enfants. Et c’est en quoi consiste une bonne partie de la lutte contre la violence faite aux femmes dans nos pratiques quotidiennes en maison d’hébergement.

Pour de l’aide, de l’écoute et des références :

Téléphone SOS Violence Conjugale : 1 800-363-9010

Téléphone L’Escale pour Elle : (514) 493-4004

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