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Valorisons la matière organique ailleurs que dans l’est

Environnement
Jean Lapointe, président du CEM-E, lors de la séance d'audition des opinions de l'OCPM concernant le projet d'implantation d’un centre de compostage dans le secteur Est. (photo: Marie-Eve Cloutier)
Jean Lapointe, président du CEM-E, lors de la séance d’audition des opinions de l’OCPM concernant le projet d’implantation d’un centre de compostage dans le secteur Est. (photo: Marie-Eve Cloutier)

L’implantation du centre de compostage dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ne respecte pas le principe d’équité territoriale adopté par le conseil d’agglomération de l’île de Montréal, a soutenu le Collectif en environnement de Mercier-Est (CEM-E) lors de la présentation de son mémoire devant l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) au Centre communautaire Roussin, mercredi soir.

Le terrain choisi pour le centre de compostage appartient à la Ville et est situé dans une zone industrielle, à l’intersection des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. (photo: www.ocpm.qc.ca)

Le terrain choisi pour le centre de compostage appartient à la Ville et est situé dans une zone industrielle, à l’intersection des boulevards Métropolitain et Saint-Jean-Baptiste dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. (photo: www.ocpm.qc.ca)

Le CEM-E est tout à fait pour la valorisation des matières organiques. Mais, en choisissant l’Est pour implanter un centre de compostage, on retrouverait trois installations sur les cinq prévues dans cette partie de l’île. En effet, Montréal entend implanter deux usines de biométhanisation, deux centres de compostage et un centre de prétraitement des déchets domestiques sur son territoire dans le cadre de sa stratégie globale de traitement des matières organiques afin de les détourner de l’enfouissement, pratique qui sera bannie en 2020 par le gouvernement du Québec.

On peut lire dans le mémoire déposé par le CEM-E que le Collectif « dénonce publiquement cette décision qui renforce la vocation de l’est de Montréal comme hôte privilégié d’installations génératrices de multiples nuisances : bruit, odeurs, camionnage ».

Concernant le camionnage, Jean Lapointe, président du CEM-E, a fait ses propres calculs. « Selon le projet, on compterait environ 9000 camions par année au centre de compostage, mais il semblerait que ce chiffre ne prend en compte que les allées seulement. Ce serait donc plutôt 18 000 camions par année, car il faut nécessairement aussi compter les retours », a-t-il fait valoir.

« De plus, nous demandons à ce que les camions aient un parcours dédié afin d’éviter leur passage sur les rues Sherbrooke et Notre-Dame qui sont déjà pleines de camions. Les citoyens du quartier Mercier-Est luttent depuis des décennies pour l’interdiction du camionnage sur ces artères », a-t-il ajouté.

Pourquoi pas un seul site? 

Non seulement le projet aurait dû tenir compte des allées et retours des camions au centre de compostage, mais les calculs auraient également pu prendre en considération la proximité avec le futur centre de biométhanisation qui sera situé dans l’ancienne carrière Demix, d’après Jean-Paul Dubreuil. « Les deux centres seront à 1,4 km de distance. Il faudrait donc revoir l’étude sur le camionnage pour le centre de compostage en tenant en compte l’impact global sur la circulation dans ce secteur. D’ailleurs, n’aurait-il pas été plus simple et plus économique de construire ces deux centres sur le même site? » a questionné M. Dubreuil.

Afin de diminuer l’impact du transport par camion, M. Dubreuil a demandé à la commission d’étudier la possibilité du transport par train. « Les cinq futurs sites sont tous près d’une ligne de train. Cette option pourrait sortir les camions des rues de Montréal et diminuer la pollution et les frais de transport », a-t-il soutenu.

Nicole Loubert, résidente de Mercier-Est, a pour sa part soutenu que le projet est loin d’être celui « structurant et novateur qu’on nous promet », présenté dans sa forme actuelle « Ce projet est non intégré avec le milieu, la sécurité publique est absente et l’on ne tient pas compte du pôle industriel que deviendra l’axe Saint-Jean-Baptiste », a mentionné Mme Loubert.

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