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Fin de la quiétude sur certaines rues locales

Vie de quartier
Panneau boulevard Pierre-Bernard
Selon la réforme proposée par le maire Coderre, le boulevard Pierre-Bernard serait désormais considéré comme une rue artérielle et non locale. (photo: Stéphane Desjardins)

Denis Coderre souhaite transformer 38 % des rues locales en artères dans le cadre de sa réforme sur le financement des arrondissements, un choix vivement dénoncé par Projet Montréal.

Dans le quartier, seulement les rues Sherbrooke, Hochelaga et Notre-Dame sont artérielles en ce moment. Avec la réforme, les rues Honoré-Beaugrand, Saint-Donat au nord de Hochelaga, des Ormeaux, Pierre-Bernard, Souligny et de Bellerive deviendront artérielles elles aussi.

Changement de gestionnaire

La différence entre une rue locale et une rue artérielle repose essentiellement sur le nombre de voitures qui y circulent.

« Les rues artérielles sont vouées à la circulation, tandis que les rues locales sont plutôt désignées pour les secteurs résidentiels. Une autre différence entre ces deux types de rues concerne leur gestion. Actuellement, les rues artérielles sont gérées par la ville-centre et les arrondissements s’occupent de gérer les rues locales », explique la conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne-Lalonde.

Cet automne, les élus de l’arrondissement présentaient le bilan des dernières mesures d’apaisement de la circulation implantées sur le territoire pour l’année 2013-2014. On soulignait entre autres que 87 nouvelles infrastructures avaient été installées aux abords de plusieurs parcs et écoles de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve afin de rendre ces endroits plus sécuritaires. De ce nombre, 18 nouveaux dos d’âne avaient été aménagés dans Tétreaultville.

Or, ces mesures d’apaisement de la circulation peuvent être plus facilement mises en place par l’arrondissement sur ses rues locales. Pour les rues artérielles, il faut demander la permission à la ville-centre. « Nous sommes déjà près des citoyens pour gérer ces dossiers avec notre comité circulation. La ville-centre prétend faire cette réforme pour nous donner un peu de répit aux arrondissements, mais nous n’avons jamais rien demandé de tel », ajoute l’élue de Projet Montréal.

Incohérence et incompréhension

Laurence Lavigne-Lalonde comprend mal ce qui pousse le maire Coderre à passer cette réforme. « Nous avons posé des questions, mais les réponses obtenues étaient souvent contradictoires. D’un côté, on prétend nous rendre service avec ce transfert de gestion et de l’autre, on nous dit qu’il ne s’agit que d’une question de vocabulaire et que rien ne va changer vraiment par rapport à la situation actuelle. Leur argumentaire est loin d’être clair. »

Les critères, au nombre de 12, concernant les rues locales sélectionnées pour devenir artérielles manquent de logique également, selon Mme Lavigne-Lalonde. « Par exemple, on dit que les rues avec voies cyclables ou dans les zones industrielles feront désormais partie du réseau artériel. Mais pourquoi au juste? », se demande la conseillère.

« Encore une fois, l’administration Coderre utilise des paramètres déconnectés de la réalité pour prendre des décisions, ce qui donne lieu à de graves incohérences [.] Si Denis Coderre permet l’augmentation de la circulation dans les quartiers et empêche les arrondissements de sécuriser les rues locales, le bilan routier va s’alourdir », souligne Luc Ferrandez, dans un communiqué publié hier par l’Opposition officielle.

Inquiétude non fondée

De son côté, le maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ne croit pas que cette décision de changer certaines rues locales en rues artérielles soit une si mauvaise chose.

« J’ai beaucoup d’égards pour mes collègues de Projet Montréal, mais je pense que leur raisonnement est peu rigoureux. Cette réforme va permettre d’avoir plus d’argent pour l’entretien des rues et c’est la ville-centre qui va payer. Ce faisant, il est faux de penser que les élus et les fonctionnaires de la ville-centre sont moins sensibles aux mesures d’apaisement de la circulation et aux questions de sécurité », défend Réal Ménard.

« Bien sûr, nous devrons passer la ville-centre à l’avenir pour avoir la permission d’aller de l’avant avec certains projets. Sans connaitre les délais que cette étape supplémentaire pourrait entrainer, tout le monde est d’accord pour que le processus soit le plus efficace et le plus rapide possible », ajoute-t-il. 

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