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De tabagie à animalerie: 50 ans d’affaires dans le quartier

Économie
Yvon et Mariette Lewis
Yvon et Mariette Lewis ont d’abord été propriétaires d’une tabagie pendant 25 ans et ensuite d’une boutique pour animaux qui est toujours située au 2350, rue des Ormeaux. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Rares sont les commerçants qui peuvent se vanter d’avoir pignon sur rue depuis 50 ans. Yvon et Mariette Lewis, propriétaires de l’animalerie située exactement sur le coin sud-est des rues Hochelaga et des Ormeaux, font partie de ces gens. Pas étonnant qu’ils parlent de leur métier comme d’une vocation.

« Certaines personnes qui ont grandi dans le quartier et qui repassent par ici sont parfois même étonnées de voir que nous sommes toujours là! » avoue M. Lewis.

Le couple a célébré leur 50e année de commerce le 2 février 2014, ce qui veut donc dire qu’ils pourront souligner plus exactement leur 51 ans dans le quartier d’ici deux semaines. « À cette date, nous pourrons compter aussi 51 ans et demi de mariage », souligne Yvon Lewis. Effectivement, à peine avaient-ils convolé en justes noces, Yvon et Mariette se lançaient dans cette aventure six mois plus tard. Encore aujourd’hui, ils ont beaucoup de plaisir à tenir leur boutique qui a évolué au fil du temps.

D’une tabagie à une animalerie

Tout a commencé lorsque les Lewis ont acheté la tabagie qui appartenait à Jacqueline Frigon, qui l’avait elle-même obtenu de son père à l’époque.

« On avait des livres, des revues et des articles pour fumeur et à cette époque, on habitait dans la partie arrière du magasin », raconte Mme Lewis.

« Le quartier n’est plus celui d’autrefois. Il fut un temps où Tétreaultville était bien nanti. L’arrivée du pont-tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine, du métro et des centres d’achat a fait en sorte qu’il était rendu trop facile d’aller ailleurs. En 1988, nous avons constaté qu’il n’y avait plus aucune animalerie dans le secteur. Nous avons donc fait un sondage auprès de la clientèle pour voir si ça marcherait. Nous nous sommes lancés », explique M. Lewis.

La clé du succès 

Avec le contexte vécu dans le quartier à l’époque et les annonces récentes de grandes chaînes de magasins qui fermeront prochainement leurs portes, comment expliquer autant de succès pour un petit commerçant de la rue Hochelaga?

« Nous ne sommes pas des gens d’affaires, nous sommes des gens de service. Elle est là la différence. Nous ne sommes pas riches, mais nous mangeons toujours trois fois par jour », avance M. Lewis.

« Nous avons une appartenance au quartier. Nous voulons encourager les gens à acheter local dans une ambiance agréable et chaleureuse. On finit par connaître tous nos clients, sans les connaître. Certains sont avec nous depuis 50 ans. C’est un vrai confessionnal ici », ajoute Mme Lewis.

Aujourd’hui, la boutique ne vend que de la nourriture et des accessoires pour animaux. Les Lewis ont déjà eu aussi des oiseaux, des poissons, des chats et des rongeurs, mais pour une question d’espace et d’entretien, ils ont préféré se départir de leurs petites bêtes il y a quelques années.

Et se départir, c’est vite dit, car Yvon et Mariette Lewis ont toujours veillé à ce que leurs animaux repartent entre de bonnes mains. « On ne faisait pas que vendre des animaux, on donnait de bons conseils à nos clients pour qu’ils s’occupent bien de leur nouveau compagnon », insiste M. Lewis.

La boutique du bonheur

Le couple, qui a déjà dépassé l’âge de la retraite depuis plusieurs années, ne compte pas le temps qui leur reste à tenir leur commerce.

« Nous allons continuer tant que le Bon Dieu nous donnera la santé et que nos clients voudront nous endurer! » lance à la blague Mme Lewis.

« Nous vivions au jour le jour. Nous ne prenons jamais de vacances outre les heures de fermeture du magasin. Nos trois enfants avaient d’ailleurs dû nous “kidnappé” le temps d’une journée afin de célébrer notre 40e anniversaire de mariage. Nous sommes heureux quand nous sommes à la boutique », souligne M. Lewis.

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