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Le squatter du parc Thomas-Chapais

Histoire
cabane squatter parc Thomas-Chapais
Cabane d’un squatter du parc Thomas-Chapais en 192. Recherche: Denis Clavet. (Coll. Robert Carrière – BANQ)

À ses débuts, le parc Thomas-Chapais abritait trois familles de squatters. Ils habitaient littéralement dans des cabanes de fortune, en bordure de l’espace vert. Ils ont été tolérés pendant un bon moment par les autorités municipales.

André Poirier squatter parc Thomas-Chapais

André Poirier a squatté le parc Thomas-Chapais de 1962 à 1976. (Coll. Robert Carrière, BANQ)

Des trois familles de squatters, un individu malcommode a été délogé par la Ville. On ne sait pas ce qui est advenu des autres, mais un citoyen très connu dans le voisinage, André Poirier, vivait dans une véritable maison, érigée à l’orée du bois à un endroit indéterminé. Le 24 juin 1962, le quotidien La Patrie publie un reportage sur le parc, ses squatters, dont M. Poirier, ainsi que sur un projet de terrain de camping érigé lui aussi dans le parc.

Le projet était piloté par le Service des parcs de Montréal et, surtout, par le conseiller municipal Paul-Émile Sauvageau. Présenté comme le premier terrain de camping urbain d’Amérique, celui-ci sera érigé dans un terrain oublié de la Ville, à l’extrême-est, tout près d’Anjou. Un terrain tellement oublié, dit La Patrie, qu’il s’y trouve un bois et que des citoyens y ont érigé des cabanes et s’y sont logés à demeure, sans être dérangés

« Ce secteur boisé est formé par le quadrilatère des rues de Grosbois, Desormeaux, Mousseau et Sentennes, dit le journal. Presque des rues totalement ignorées comme le bois lui-même. Ce n’est pas la Forêt Noire, ni celle de Sherwood où se cachaient les brigands de Robin Hood, ni celle de Fontainebleau, où folâtraient les rois de France et leurs meutes de courtisans. Non, mais c’est un beau bois de 30 arpents. De gros arbres y ont poussé librement et une jeune génération d’arbres sains et vigoureux est une promesse pour l’avenir de ce parc. »Un nom lui a été donné : le parc Thomas-Chapais. Depuis un an environ, des ouvriers s’occupent à nettoyer ce parc de toutes les broussailles et essences forestières indésirable, poursuit La Patrie. L’endroit est ou était plutôt tellement sauvage que des pauvres gens ont décidé, il y a cinq ans, de s’installer à l’orée de ce bois et d’y tenir feu et lieu. Et comme dans une histoire de fée, il y avait un méchant et deux bons. Le méchant a été chassé et les deux bons y ont été tolérés, à condition qu’ils n’endommagent pas les arbres. Le méchant n’était pas commode. Il se servait même du fusil, au tout début, pour éloigner les curieux. Enfin, depuis un an, la Ville a réussi à le déloger », ajoute La Patrie.

« L’une des deux familles de squatters qui reste encore sur les lieux possède un vieux chien, qui doit descendre des chiens des Iroquois du 15e siècle. Le chien me regardait; je l’ai flatté, car j’aime les animaux; il m’a mordu à la main droite comme un traître. Heureusement que sa vieillesse lui avait arrondi les dents. Ses crocs usés et sa mâchoire faible n’ont pas réussi à vaincre ma peau coriace. Tout ceci pour faire découvrir un endroit si lointain dans un site en pleine métropole », conclut le journaliste Hervé Lépine.

Grâce à mes recherches, j’ai appris que les squatters avaient finalement quitté les lieux en 1976!

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