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Pas de permis pour un centre islamique, rue de Grosbois

Vie de quartier
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Les maires Denis Coderre et Réal Ménard, flanqués des conseillers Eric Alan Caldwell et Richard Celzi ont annoncé qu’ils n’émettraient pas un permis d’occupation au centre communautaire islamique Ashabeb, qui projetait de s’installer dans le quartier, comme le révélait en exclusivité le journal de Mercier-Est mardi dernier. (photo: Stéphane Desjardins)

Les maires Coderre et Ménard ont annoncé ce matin (31 janvier) qu’ils ne délivreront pas de permis d’occupation au centre communautaire islamique Ashabeb pour s’installer dans l’ancien local de l’Éco-quartier, angle de Grosbois et Pierre-Tétreault.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, et celui de l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, flanqués du conseiller de Tétreaultville, Richard Celzi, et de Hochelaga, Éric Alan Caldwell, ont tenu un point de presse à l’hôtel de ville de Montréal ce matin pour annoncer qu’ils n’émettraient pas un permis d’occupation à l’organisme qui pilote le projet de centre communautaire islamique Ashabeb, qui projetait de s’installer dans le quartier, comme le révélait en exclusivité le Journal de Mercier-Est mardi dernier. Rappelons que le controversé Imam Hamza Chaoui est rattaché à ce projet.

« Ce n’est pas une question de liberté d’expression, mais bien de sécurité publique », a affirmé le maire Coderre, qui dit avoir consulté cette semaine les leaders religieux, notamment musulmans, ainsi que les autorités provinciales et fédérales, et le directeur du Service de police de Montréal, Marc Parent.

« On a ici affaire à un agitateur social et à un agent de radicalisation, a affirmé le maire Coderre. Nous avons un agenda de vigilance, surtout dans le contexte des événements récents de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa. » M. Coderre a clairement fait la distinction entre ouverture et vigilance, et entre liberté d’expression et sécurité publique. « Il n’est pas question d’ostraciser la communauté musulmane, a repris le maire, qui a évoqué son ancien statut de ministre fédéral de l’Immigration. Nous sommes ici en présence d’un individu radicalisé. On a un message clair: on va protéger les gens, mais aussi les droits fondamentaux. Je suis conscient que la ligne est mince. » Le maire Coderre a dit qu’il se sentait pleinement en confiance de gagner sa cause si la Ville se faisait poursuivre autour d’une question de liberté d’expression. « Il faut protéger la population et nos jeunes contre l’extrémisme », a-t-il ajouté, évoquant la question de l’endoctrinement des « loups solitaires ».

Pas de permis d’occupation

Le centre Ashabeb a obtenu un permis de rénovation du local par l’arrondissement, mais n’a pas demandé de permis d’occupation. Le maire Ménard a affirmé qu’il ne répondrait tout simplement pas par l’affirmative à une telle demande. En fait, le conseil d’arrondissement va même se réunir d’urgence au cours de la fin de semaine pour déposer un avis de motion annonçant la révision de la réglementation d’urbanisme pour préciser les usages permis lorsqu’on parle de centre communautaire. « Et ça va exclure l’enseignement religieux », a précisé le maire Ménard. L’arrondissement envisage même d’amender la procédure de demande de certificat d’occupation pour que soit incluse une enquête de sécurité.

Ce dernier a révélé qu’il avait rencontré, avec M. Celzi, au cours de la semaine, les représentants du centre Ashabeb, qui voulaient préciser leurs intentions quant aux orientations du futur centre. Il a aussi précisé que le permis de rénovation du local, demandé au début de janvier et accordé le 27, concernait l’aménagement de salles de réunion pour un centre communautaire, ce qui est parfaitement toléré par une réglementation très précise. « Le fonctionnaire a appliqué le règlement à la lettre, a-t-il ajouté. Mais, un éventuel permis d’occupation ne permet pas les activités prévues par le centre. Même s’ils n’ont pas fait la demande d’un tel permis, j’ai demandé à la direction de l’urbanisme de ne pas l’émettre. On ne veut pas offrir une tribune à M. Chaoui. »

M. Ménard ne voit pas de contradiction entre un règlement de zonage qui interdit les activités de culte et les protections accordées par la Charte quant aux libertés d’expression et de religion.

Voir notre texte sur l’imam Hamza Chaoui.

Voir notre texte sur les réactions à la nouvelle.

Voir notre texte sur la diffusion d’un scoop qui a fait le tour du monde.

Réal Ménard, Denis Coderre centre islamique Hamza Chaoui pas de permis

(photo: Marie-Eve Cloutier)

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