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Payants, les chemins à barrière!

Histoire
Les barrières des chemins de la Longue-Pointe
Collection: Robert Carrière / BANQ

Il y a 150 ans, il fallait payer pour utiliser les chemins de Montréal.

En 1905 à la barrière de la Longue-Pointe, les recettes avaient été de 1738 $. C’était beaucoup d’argent à l’époque. Les barrières étaient les propriétés de gouvernement fédéral.

Voici ce que j’ai trouvé dans le quotidien La Patrie sur ce sujet, en décembre 1906.

barrières Longue-Pointe 1905

Carte de la Longue-Pointe avec les barrières disséminées sur son territoire. (Coll. Robert Carrière, BANQ, 1905)

La question de l’abolition du syndicat des chemins à barrières, qui a été soulevée à la dernière réunion du conseil du comté d’Hochelaga, n’est pas une question nouvelle. Semblable demande avait été faite au gouvernement il y a pas moins de 25 ans (1880). Et d’autres demandes analogues ont très fréquemment été réitérées depuis cette époque.

Qu’est-ce que ce Syndicat des Chemins à Barrières?

Il fut créé en 1840, par le gouvernement du Bas-Canada, à la prière instante des cultivateurs de l’île de Montréal, qui manquaient totalement de chemins pour venir vendre leurs denrées sur le marché de Montréal.

Le Syndicat sitôt fondé négocia un emprunt de 200 000 $. Avec cette somme, il implanta des chemins carrossables dans toute l’île. Depuis cette époque, les diverses paroisses disséminées dans toutes les directions et dans un rayon d’environ 12 à 15 milles de Montréal jouirent de bons chemins, sans avoir d’autre préoccupation ni d’autre responsabilité que de payer aux barrières établies sur différents endroits par le syndicat.

Tous les chemins, avant d’être définitivement localisés et construits d’une manière permanente, durent coûter, cela va de soi, des sommes considérables. Leur entretien, en toute saison, est aussi une charge assez forte. Le Syndicat eut beau faire, il ne parvint jamais à réaliser de quoi payer l’intérêt de son emprunt primitif, dont le gouvernement détenait les obligations.

En 1895, l’emprunt fut remboursé intégralement, le gouvernement abandonnant les intérêts accumulés, au moyen d’une nouvelle émission d’obligation. Le gouvernement fédéral est porteur de toute l’émission, soit 200 000 piastres, mais n’a touché l’intérêt que pour une année, depuis 1895.

Le Syndicat a fait savoir au ministre des Finances que, pour faire face aux intérêts de sa dette, il lui faudrait négliger l’entretien des chemins, et le gouvernement n’a pas insisté, nous dit-on.

La Commission actuelle se compose de MM. Paul Galibert, président, T. A. Trenholme, vice-président, et Rémi Gohier, nommés par le gouvernement fédéral. William Sinnanon et J.D. St -Pierre sont représentants du gouvernement local.

En sont exemptés

Les soldats et les officiers de Sa Majesté, en devoir, et toutes les autres personnes employées à son service; les voitures qui suivent un convoi funèbre et qui reviennent par la même barrière; les prêtres et les ministres dans l’exercice de leurs fonctions religieuses respectives seulement; les voitures transportant des personnes à l’église le dimanche et les fêtes d’obligation.

Par contre, les cultivateurs avec voitures légères ou de charge ne paient qu’une seule fois par jour; amenant des produits au marché, ils ont droit à un billet de retour dans les 48 heures en payant une seule barrière.

Les commissaires

Tous les deux ans, les commissaires peuvent être changés ou nommés de nouveau. Les principaux officiers de la commission sont MM. L. Henri Sénécal, secrétaire, J.E. Roy, comptable, et James Quinn, inspecteur.

Les municipalités qui veulent se soustraire à l’obligation de payer des droits de péage peuvent le faire en commuant cette obligation. Pour cela, ils achètent l’étendue de chemin compris dans leurs limites et doivent payer, à cette fin, au syndicat, l’intérêt à 6 pour cent sur 4000 piastres pour chaque mille de chemin, le Syndicat n’ayant pas le droit de faire une vente complète.

Le Syndicat a déjà vendu de cette façon environ 20 milles de chemin, réparti comme suit :

 

Villes Pieds courants ($)
Montréal 28 496,00
Saint-Louis 10 863,00
Maisonneuve 4 779,00
Outremont 8 087,00
Westmont 9 000,00
Sainte-Cunégonde 2 000,00

Saint-Henri

7 667,00

Saint-Paul

3 780,00

Verdun

16 083,00

Lachine 1 657,00
Côte Saint-Paul 4 474,00

 

Les recettes du syndicat, l’année dernière (1905), en dollars, ont été comme suit :

Ville Barrières Mutation et billets
Longue-Pointe

1 838,00

,00

Viauville

4 921,00

1 647,35

Saint-Laurent

7 881,00

597,92

Sainte-Catherine

,00 536,52
Côte-des-Neiges 3 461,00 26,46
Saint-Antoine 1 862,00 438,20
Saint-Luc 4 802,00 280,00
Lachine 1 669,00 316,32
Lachine (Upper) 368,00 1 111,44
Lachine (Lower) 942,00 1 011,49
Victoria ,00 877,49
Total ,00 6 942,18

Cela donne un revenu total de 43 725,18 $

 

Pendant l’année dernière également, les dépenses (en dollars) du Syndicat ont été comme suit :

Entretiens des chemins 26 626,41
Entretien des barrières 9 279,38
Administration 8 135,50

Le total excède donc légèrement les recettes.

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