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Raccrocher grâce à la technique de scène

Économie
Deux jeunes en technique de scène chez Productions Jeun'Est
Productions Jeun’Est est en pleine période de recrutement pour sa formation en techniques de scène qui débutera en février. (photo: Productions Jeun’Est)

L’organisme Productions Jeun’Est, situé au 8075, rue Hochelaga, est en plein préparatif pour accueillir dès le mois prochain sa 19e cohorte de jeunes âgés de 18 à 35 ans vivant des difficultés sociales au sein de son école de formation en technique de scène.

« Productions Jeun’Est a été fondé en 1996, raconte Pier Colbert, cofondateur du projet. J’étais le président du conseil d’administration de la maison des jeunes MAGI de Mercier-Ouest depuis déjà 5 ans à l’époque et je travaillais pour le Cirque du Soleil. Je désirais faire de quoi de plus pour les jeunes qui n’aimaient pas l’école. En même temps, je trouvais qu’il manquait de techniciens de scène. »

Pier Colbert s’est alors entouré de collaborateurs pour mettre sur pied une école qui allait non seulement faire ressortir les talents des jeunes décrocheurs, mais qui allait aussi les aider à se trouver une place sur le marché du travail.

Formation intensive

En moyenne une cinquantaine de jeunes s’inscrivent à la formation chaque année (les intéressés ont jusqu’au 22 janvier prochain pour envoyer leur candidature). Le programme est axé sur les techniques d’éclairage et de sonorisation en plus d’apprendre comment travailler avec du matériel acrobatique et scénographique.

« Nous pouvons prendre 25 jeunes dans nos cours, car ils doivent répondre à certains critères. Il ne faut pas penser non plus qu’il s’agit d’un métier facile. On se permet de sélectionner des candidats qui ont les capacités de passer à travers la formation intensive de 10 mois », précise le président de Productions Jeun’Est. 

Au final, de 14 à 18 étudiants finissent par recevoir leur diplôme.  « Certains partent de loin. On leur ouvre une porte, mais ça demeure à eux de la franchir et ça prend de la volonté. Chaque année, on trouve des perles rares et des gens de talent. C’est notre récompense », affirme Pier Colbert. 

Débuts modestes

Au départ, Productions Jeun’Est n’avait pas beaucoup d’argent et même pas de bureau, mais beaucoup d’ambition.

« On voulait sortir les jeunes de la rue et leur prouver que c’était possible de gagner sa vie et de réussir. Nous avons travaillé très fort au début. Avec une subvention d’à peine 34 000 $, notre première formation avait aidé 15 jeunes et avait duré 3 mois. Aujourd’hui, nous pouvons aussi compter sur l’appui de nombreux partenaires, comme la TOHU qui nous prête leurs infrastructures pour faire de la formation et des stages », souligne Pier Colbert. 

Les responsables de l’école de formation ont également dû trouver des moyens pour rentabiliser leur projet. 

« Nous sommes une entreprise d’économie sociale, mais il faut aussi penser business et trouver des sources d’autofinancement. Certes, on bénéficie désormais d’une subvention d’Emploi-Québec de 300 000 $, mais on ne peut pas simplement compter là-dessus. C’est pour cette raison que nous avons aussi développé Prodigium, notre branche de services techniques et de gestions d’événements qui peut compter sur une banque de 300 techniciens », fait valoir M. Colbert. 

Un modèle à exporter

Après quelques années difficiles à encaisser des déficits, Productions Jeun’Est a finalement réussi à se sortir la tête de l’eau pour atteindre un chiffre d’affaires de 1,7 M$ cette année. « Une année exceptionnelle », souligne le président. 

De plus, Productions Jeun’Est cherche toujours à trouver de nouveaux contrats et de nouveaux partenaires, mais pas juste au Québec. 

« Je travaille depuis un an et demi avec un ancien collègue de travail du Cirque du Soleil afin d’exporter notre modèle d’affaires au Brésil pour faire la même chose que l’on fait ici, c’est-à-dire offrir une formation et du placement pour un emploi dans le domaine des techniques de la scène », s’enthousiasme Pier Colbert. 

 

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