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2015 sera tributaire du prix du pétrole

Économie
Rendez-vous annuel de la CCEM
Les économistes présents lors du Rendez-vous annuel de la CCEM ont fait leurs prédictions quant aux tendances de l’économie pour 2015. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Les experts réunis lors du rendez-vous économique annuel de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) au Club de Golf Métropolitain Anjou, le 30 janvier dernier, sont unanimes : en 2015, l’économie québécoise et canadienne sera conditionnée par les fluctuations du prix du pétrole.

Selon François Dupuis, vice-président et économiste en chef pour le Mouvement Desjardins, 2015 sera encore une année difficile. La baise du prix du pétrole aura bien sûr des conséquences inégales d’un endroit à l’autre dans le monde selon si nous nous retrouvons dans un pays importateur ou exportateur d’or noir.

« Je crois que le prix du baril restera encore relativement stable pour les six prochains moins, mais cela reste à surveiller. Cela se traduit pratiquement comme une baisse de taxes pour les consommateurs américains. Si l’économie américaine est en reprise, ce sera bon pour le Canada également. Cependant, le climat de morosité qui règne ne sera pas dissipé partout. L’Europe risque d’être toujours en crise à cause de problèmes géopolitiques », laisse entendre François Dupuis.

Le Canada, un pays en collision

Sébastien Lavoie, économiste en chef adjoint, valeurs immobilières, à la Banque Laurentienne, a fait un parallèle avec la météo pour décrire la situation économique canadienne.

« La guerre des prix du pétrole a comme effet de provoquer de gros nuages noirs dans l’ouest, mais on voit toujours des rayons de soleil dans l’est du pays », mentionne-t-il. Contrairement à l’Alberta, qui est affectée par la chute du prix du baril de pétrole, le Québec sera avantagé par un dollar canadien plus faible et une économie américaine forte. Il ajoute : « Au final, le Canada subira un choc net négatif. On se rend compte que l’on consomme beaucoup plus de pétrole qu’on le croyait. Cependant, sa chute de prix ne pourra pas durer éternellement et le baril devrait atteindre à nouveau le seuil qui permet l’équilibre budgétaire. »

Un huard en dégringolade

En calculant la valeur moyenne du dollar canadien sur 24 mois, on se rend compte que sa dépréciation a atteint un taux historique, souligne pour sa part Stéfane Marion, économiste et stratège pour la Banque Nationale du Canada.

En date d’aujourd’hui (3 février), la Banque du Canada indiquait que le dollar canadien équivaut à 80 cents américains.

« L’année 2015 sera une bonne cuvée pour les exportations. Mais le Québec devra trouver un moyen pour faire remonter son PIB en raison de la réalité que vit présentement l’Alberta, à cause, encore une fois, du pétrole. Notre province touchera moins de péréquation », explique l’expert.

Autrement dit, les entreprises québécoises devront prendre le relai. «  Le Québec devra faire ce que doit! » lance Stéfane Marion aux 200 investisseurs présents dans la salle.

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