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Haïti : la solidarité est toujours nécessaire

Élus
Drapeau Haïti
Image: Taesmileland de FreeDigitalPhotos.net

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre ravageur frappait Haïti. Plus de 220 000 morts, 310 000 blessés, 1,5 million de personnes déplacées, à quoi s’ajoute la destruction des habitations, des infrastructures publiques et des entreprises locales. En ce tragique anniversaire, le Canada doit réaffirmer sa solidarité envers la population haïtienne.

Les défis touchant à la reconstruction d’habitations, d’écoles, d’hôpitaux et au redémarrage économique sont immenses dans ce pays où 60 % de la population vit avec moins de 3 $ par jour. Le gouvernement canadien doit s’assurer que l’aide financière et technique donnée par notre pays est utilisée avec efficience et efficacité. Le Canada devrait être un chef de file en matière d’aide à Haïti, en mettant de l’avant une vision à long terme pour le développement durable, notamment en ce qui a trait aux institutions démocratiques.

Au cours des années suivant la catastrophe, plusieurs citoyens de La Pointe-de-l’Île d’origine haïtienne ont fait des demandes de parrainage pour favoriser la venue au Canada de membres de leur famille. Mais les délais administratifs s’étirent surtout qu’il est difficile de fournir les papiers demandés quand les archives étatiques et personnelles ont été détruites par le tremblement de terre et les incendies qui ont suivi. Les coupes massives de personnel dans la fonction publique fédérale, décrétées par le gouvernement Harper, n’ont fait que ralentir le traitement des dossiers.

Le 1er décembre dernier, le ministre fédéral de l’Immigration, Chris Alexander, a décrété que les conditions en Haïti s’étaient suffisamment améliorées pour lever le moratoire fédéral sur les renvois vers Haïti, affirmant « qu’il n’y a plus de risque généralisé pour l’ensemble de la population civile dans ce pays ». Le gouvernement donne six mois à toutes les personnes visées pour présenter une demande de résidence permanente pour raisons d’ordre humanitaire. Ces derniers pourront rester au pays en attendant la fin des procédures.

Étrangement, le ministère canadien des Affaires étrangères recommande toujours aux voyageurs canadiens de faire preuve d’une « grande prudence » quand ils se rendent en Haïti.   « La situation en matière de sécurité est dangereuse et très imprévisible », peut-on lire sur le site Internet. « On a signalé des meurtres, des enlèvements, des vols à main armée, des cambriolages et des détournements de voitures, même en plein jour. Les membres de la population haïtienne en général, peu importe leur niveau ou leur classe sociale, pourraient être victimes d’enlèvement. »

Il est pour le moins incohérent d’alerter les voyageurs face aux risques élevés de violence dans le pays, tout en déclarant que le moratoire sur les renvois peut être levé. Mais ce gouvernement n’en est pas sa première contradiction.

Quelque 3200 Haïtiens, vivant principalement dans la région montréalaise, ont jusqu’au 1er juin pour régulariser leur situation, sous peine d’expulsion. Des organismes de défense des réfugiés ont signifié leur inquiétude. Le moratoire sur les renvois vers Haïti était en vigueur depuis 2004 en raison de l’instabilité et de la violence dans ce pays, et s’est poursuivi à la suite du séisme.

Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), la Maison d’Haïti sont préoccupés par le sort de ceux qui devront retourner en Haïti. Ils se demandent aussi comment seront traités les dossiers des ressortissants.

« On trouve la levée du moratoire prématurée. Si on regarde les informations sur la situation en Haïti, on voit qu’il y a beaucoup d’insécurité », a déclaré Janet Dench, directrice du CCR.

À titre de députée néo-démocrate, je joins ma voix à tous les progressistes et je demande au gouvernement de mettre en œuvre ses projets de reconstruction en Haïti et de favoriser la réunification des familles.

Nous voulons des explications sur la levée du moratoire sur les renvois vers Haïti annoncée par le gouvernement conservateur le 1er décembre. Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration ne semble pas reconnaitre que sa décision met des vies en danger. Cette situation est inacceptable.

Le gouvernement conservateur fait continuellement de la petite politique sur le dos des réfugiés et d’immigrés en situation vulnérable. Les personnes qui ont tout perdu en Haïti et qui sont maintenant menacées de renvoi devraient être en mesure de déposer une demande de résidence permanente. Cependant, compte tenu des retards engendrés par les conservateurs, le délai de six mois ne suffit tout simplement pas.

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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