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De prisons en prisons: allez-y!

Culture
«De prisons en prisons», du réalisateur Steve Patry., Station Vu
On est vite happé par le film «De prisons en prisons», du réalisateur Steve Patry.

Station Vu présente ce soir le film « De prisons en prisons » du réalisateur Steve Patry. On apprécie ce documentaire pour ce qu’il est : une incursion sans complaisance, fascinante, bouleversante, de la vie de gens ordinaires pris avec des problèmes de toxicomanie.

Le film suit les démarches et le parcours de trois toxicomanes qui tentent désespérément de « retrouver le droit chemin ». Parmi les centaines d’ex-détenus, qui font souvent l’aller-retour entre une vie pas normale et le système judiciaire et carcéral, nos trois personnages se débattent pour donner un semblant de normalité à leur existence. De rechute en rechute, de déception en désespoirs, de promesses non tenues envers eux-mêmes et leurs proches, ils livrent souvent le fond de leur pensée de manière assez crue sur leur propre existence et faiblesses.

Le réalisateur aurait pu tomber dans le voyeurisme, la complaisance, la facilité. Au contraire : on a droit à un portrait sans fard, sans détour, de gens dont l’équilibre fragile de leurs vies les précipite dans des moments de pur bonheur, mais aussi dans les abysses typiques de ceux qui consomment.

Le film commence avec Jean-François, revendeur de drogue de 32 ans, qui s’adapte mal à la vie ordinaire et qui veut malgré tout se trouver un emploi stable. Et qui bénéficie de l’appui inconditionnel de sa blonde. Julie-Chantale, crack-head dans la quarantaine, multiplie les thérapies, s’ennuie de sa plus vieille, une jeune femme qu’elle a dû abandonner parce qu’elle allait purger une peine de cinq ans à la prison Tanguay, et qui doit laisser aller sa plus jeune chez son père, qui la méprise. Yves, quinquagénaire tranquille qui dépend de ses parents pour mettre de l’ordre dans sa vie. Après une ultime rechute, ces derniers remettront en question les rapports avec ce père de trois enfants.

On est vite happé par ce film et ses protagonistes, dont les déboires et les bons coups ne cessent de nous brasser. On en vient, rapidement, à comprendre qu’une fois sortis de prison, ils doivent composer avec une autre, bien plus pernicieuse : leur prison intérieure. D’où le titre.

Le réalisateur sera sur place, ce soir, pour discuter de son film avec le public de Station Vu.

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